Kinshasa, 28 septembre 2025 – Le ministère de la Justice a annoncé la suspension, pour une durée de cinq semaines, de la délivrance des permis de culte, des certificats de nationalité et des documents de personnalité juridique. Une décision prise à la suite de révélations sur des pratiques de corruption et de trafic de documents sensibles au sein de l’administration.
Une mesure exceptionnelle pour assainir le système
Dans un communiqué diffusé ce dimanche, le ministère de la Justice a précisé que cette suspension vise à « restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et assurer un service de qualité ». Guillaume Ngefa, ministre de la Justice, a confirmé qu’un audit et une enquête approfondie seront menés pour identifier les responsabilités et mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts.
« Il ne s’agit pas d’une sanction temporaire, mais d’un processus de réforme structurelle pour garantir l’intégrité de l’État », a déclaré le ministre.
Des pratiques de corruption dénoncées de longue date
Cette suspension intervient dans un contexte où la délivrance de documents officiels est régulièrement pointée du doigt. Des ONG, des avocats et des associations de la société civile dénoncent depuis plusieurs années des fraudes et surfacturations dans l’obtention des certificats de nationalité ou des autorisations de culte.
Certains usagers affirment avoir dû recourir à des réseaux parallèles pour obtenir ces documents en raison de lenteurs administratives, un système qui alimente la corruption et fragilise la confiance du public envers l’État.
Un enjeu politique, juridique et social
Les permis de culte concernent directement les Églises et confessions religieuses, qui jouent un rôle central dans la société congolaise, tant sur le plan spirituel que social. Leur suspension pourrait affecter la régularisation des nouvelles communautés religieuses en attente d’agrément.
De même, les certificats de nationalité sont des documents essentiels pour les démarches administratives, judiciaires et électorales. Dans un pays où les questions de citoyenneté ont souvent alimenté les tensions politiques et identitaires, leur gestion transparente est cruciale pour la stabilité.
Vers une réforme en profondeur ?
L’annonce du ministre Guillaume Ngefa s’inscrit dans une volonté plus large de moralisation de la vie publique en RDC, régulièrement critiquée pour la faiblesse de ses institutions et la persistance de réseaux informels. Reste à savoir si cette suspension temporaire se traduira par des réformes durables, capables de mettre fin à des pratiques qui minent la confiance des citoyens dans l’État.




















