Kinshasa, 18 mars 2026 – Coup de théâtre au sommet de la chambre haute du Parlement congolais. Modeste Bahati Lukwebo a officiellement annoncé sa démission de son poste de deuxième vice-président du Sénat, quelques heures seulement après la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner une pétition initiée contre lui par plusieurs sénateurs.
Une démission stratégique dans un climat sous tension
Dans sa lettre de démission, Modeste Bahati Lukwebo affirme avoir pris cette décision « dans un souci de préserver la sérénité au sein du Sénat », rejetant toute reconnaissance d’incompétence dans l’exercice de ses fonctions.
« Je me suis toujours acquitté de mes charges correctement et en temps réel », a-t-il tenu à préciser.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par une fronde interne au sein même de l’Union sacrée de la nation, la plateforme présidentielle dont il est pourtant un membre influent.
Une polémique née d’une déclaration controversée
L’origine de cette crise remonte au 4 mars 2026, lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa. À cette occasion, l’autorité morale de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) avait déclaré :
« Le pays n’a pas un problème de textes, il a un problème d’hommes. »
Une phrase qui a rapidement suscité une vague de réactions au sein de la classe politique, certains y voyant une critique indirecte du leadership en place, notamment celui du président Félix Tshisekedi.
Accusations politiques et pétition parlementaire
Dans la foulée, une pétition a été lancée par le sénateur Dany Kabongo, reprochant initialement à Bahati Lukwebo un manque de respect envers le chef de l’État.
Malgré une tentative d’apaisement — incluant des excuses publiques et une réaffirmation de sa loyauté à la majorité présidentielle — la contestation ne s’est pas essoufflée.
Le 16 mars 2026, jour de la rentrée parlementaire, la pétition est officiellement déposée. Cette fois, les griefs évoluent : les signataires évoquent désormais des « incompétences » dans la gestion de ses fonctions.
Des accusations fermement rejetées par l’intéressé, qui dénonce un « complot politique » orchestré en interne.
Une commission spéciale et une pression accrue
La création d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition a constitué un tournant décisif. Face à une pression politique croissante et à un isolement progressif, Bahati Lukwebo a finalement choisi de se retirer avant l’issue des travaux.
Cette décision permet d’éviter une crise institutionnelle ouverte au sein du Sénat, mais elle souligne également les fractures persistantes au sein de la majorité au pouvoir.
Quelles conséquences pour le Sénat ?
La démission de Modeste Bahati Lukwebo ouvre désormais la voie à l’élection d’un nouveau deuxième vice-président du Sénat, conformément aux procédures parlementaires.
Au-delà du simple remplacement, cet épisode pourrait redéfinir les équilibres politiques internes, notamment au sein de l’Union sacrée, où les tensions semblent loin d’être apaisées.
Analyse : un révélateur des luttes internes
Cette affaire met en lumière les dynamiques complexes du pouvoir en République démocratique du Congo, où rivalités politiques, loyautés fluctuantes et stratégies d’influence cohabitent au sommet de l’État.
La rapidité avec laquelle la situation a évolué — d’une simple déclaration controversée à une démission forcée — illustre la fragilité des équilibres politiques actuels.




















