En marge de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU à New York, le président Félix Tshisekedi a présidé le side event DRC Digital National 2030. Devant un parterre d’investisseurs, il a détaillé sa vision d’une République démocratique du Congo (RDC) transformée en hub technologique africain, moteur de croissance et de création d’emplois.
Une ambition affichée : faire de la RDC un hub digital africain
Profitant de son séjour à New York, le président Félix Tshisekedi a mis en avant un projet phare de son mandat : DRC Digital National 2030. Cette initiative vise à positionner la RDC comme une puissance numérique régionale capable de rivaliser avec les économies émergentes.
« Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour affirmer une ambition claire et mesurée : faire de la République Démocratique du Congo une Nation digitale prospère et un hub technologique au cœur de l’Afrique d’ici 2030 », a déclaré le chef de l’État.
Selon lui, la transition digitale est « la clé pour libérer le potentiel de la RDC, créer des millions d’emplois et assurer une prospérité réellement partagée », grâce à une volonté politique affirmée.
Le numérique, levier de diversification économique
La RDC, traditionnellement dépendante de ses immenses ressources naturelles (coltan, cobalt, cuivre, or), cherche à diversifier son économie et réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières. Le numérique apparaît comme une voie stratégique.
En misant sur les nouvelles technologies, le pays entend :
développer l’économie numérique et l’e-gouvernement,
stimuler la création de startups locales,
attirer les investisseurs étrangers dans le digital,
connecter les zones rurales aux réseaux modernes,
et renforcer l’inclusion financière via les solutions mobiles.
Cette ambition répond également aux besoins pressants d’une population jeune – près de 70 % des Congolais ont moins de 25 ans – en quête d’emplois et d’opportunités.
Un projet à l’épreuve des défis structurels
Si l’objectif séduit les investisseurs, sa concrétisation se heurtera à plusieurs défis :
Infrastructures limitées : le taux de pénétration d’internet reste inférieur à 30 % et l’accès à l’électricité demeure un problème majeur.
Instabilité politique et sécuritaire : les conflits persistants dans l’Est fragilisent l’attractivité du pays.
Formation et capital humain : la réussite du projet nécessitera des investissements massifs dans l’éducation, la recherche et la formation technique.
Toutefois, la position géostratégique de la RDC, au centre du continent et riche en minerais essentiels à l’économie numérique mondiale (cobalt, lithium), lui confère un avantage compétitif majeur.
Un signal fort envoyé aux investisseurs
En organisant cet événement en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Tshisekedi a voulu rassurer les investisseurs internationaux sur sa détermination à moderniser la RDC. Le side event a rassemblé un panel d’hommes d’affaires venus de différents horizons, preuve de l’intérêt croissant pour le potentiel congolais.
Le défi est désormais de traduire cette ambition en actions concrètes, avec des réformes structurelles, des partenariats public-privé solides et une gouvernance transparente.
Vers une RDC numérique en 2030 ?
Avec DRC Digital National 2030, Félix Tshisekedi tente de projeter une image d’un Congo tourné vers l’avenir, innovant et attractif. L’initiative s’inscrit dans une dynamique continentale, à l’heure où plusieurs pays africains – du Rwanda au Kenya – investissent massivement dans la transformation digitale.
La réussite de ce pari dépendra de la capacité du gouvernement congolais à mobiliser les ressources, sécuriser les investissements et surtout répondre aux attentes d’une jeunesse qui voit dans le numérique un vecteur d’émancipation.





















