Arrivé à Kinshasa pour commémorer le cinquantenaire du légendaire « Combat du Siècle » entre Mohamed Ali et George Foreman, Mike Tyson a été reçu ce dimanche par le président Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union Africaine. L’ancienne gloire de la boxe mondiale a salué « l’accueil chaleureux » du peuple congolais et promis de revenir prochainement, malgré la déception des fans qui espéraient le voir s’entraîner au stade Tata Raphaël.
Une légende du ring honorée par la République
L’émotion était palpable ce week-end à Kinshasa. Cinquante ans après l’affrontement historique de 1974 entre Mohamed Ali et George Foreman, la capitale congolaise a accueilli une autre icône de la boxe : Mike Tyson.
L’ancien champion du monde des poids lourds, invité d’honneur des festivités commémoratives, a été reçu à la Cité de l’Union Africaine par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
« J’ai été bien accueilli et reçu avec beaucoup d’enthousiasme par le Président de la République », a confié Tyson, visiblement touché. « C’est une très belle expérience », a-t-il ajouté, évoquant des discussions cordiales autour de la vie et de projets futurs avec le chef de l’État.
Mike Tyson à Kinshasa : entre hommage et nostalgie
Pour les Congolais, la visite de Mike Tyson n’était pas qu’un simple passage médiatique — elle incarnait la continuité d’un héritage sportif et culturel né sur le sol zaïrois il y a un demi-siècle. Le 30 octobre 1974, le monde entier avait les yeux rivés sur Kinshasa pour assister au duel épique entre Mohamed Ali et George Foreman, organisé par le régime du maréchal Mobutu Sese Seko au stade du 20 Mai (actuel Tata Raphaël).
C’est donc dans ce même lieu chargé d’histoire que Tyson était attendu dimanche pour une séance d’entraînement symbolique. Mais après avoir salué la foule par un « Mbote na bino » — un bonjour en lingala, la langue nationale — le boxeur a rapidement quitté les lieux, laissant ses fans sur leur faim.
La déception fut grande dans le public, majoritairement composé de jeunes Kinois, fascinés depuis l’enfance par les exploits du « Kid Dynamite » sur les rings.
Des racines congolaises évoquées
Lors de sa conférence de presse la veille, Mike Tyson avait confié être ému de retrouver la terre de ses ancêtres originaires de la RDC. Une déclaration qui a touché de nombreux Congolais, fiers de voir cette légende mondiale revendiquer un lien symbolique avec le pays.
Le président de la Fédération Congolaise de Boxe (FCB), Ferdinand Ilunga Luyoyo, a précisé que Tyson avait un emploi du temps chargé, mais qu’il avait promis de revenir à Kinshasa.
« Ce n’est qu’un au revoir », a-t-il rassuré, sous les applaudissements d’un public encore ébloui.
Une marche symbolique au cœur de Matonge
Moment fort de son court séjour : la marche de Mike Tyson aux côtés de boxeurs congolais, depuis le rond-point Victoire jusqu’au stade Tata Raphaël. Cette procession, à travers le quartier populaire de Matonge, haut lieu culturel de Kinshasa, a pris des allures de pèlerinage.
Entouré de figures de la boxe africaine comme Ilunga Makabu et Estelle Mossely, l’ancien champion américain a voulu saluer la jeunesse sportive congolaise et lui transmettre un message de courage et de persévérance.
Héritage du « Combat du Siècle » : une mémoire vivante
L’événement du 30 octobre 1974 reste une page d’or de l’histoire sportive mondiale. Ce duel, organisé sous le slogan « Rumble in the Jungle », avait fait du Zaïre une vitrine internationale. Mohamed Ali, donné perdant, y avait reconquis son titre face à Foreman dans un combat mythique resté gravé dans la mémoire collective.
Cinquante ans plus tard, le passage de Mike Tyson à Kinshasa ravive cette mémoire et relie les générations : celle d’Ali, du courage et de la fierté noire, à celle de Tyson, symbole de puissance et de résilience.
Une promesse de retour et un avenir à bâtir
Avant de quitter Kinshasa, Mike Tyson a assuré qu’il reviendrait « dans les jours à venir » pour explorer de nouveaux projets, sans en dévoiler les détails. Certains observateurs évoquent déjà la possibilité d’un partenariat sportif ou d’un programme de formation pour jeunes boxeurs congolais.
Quoi qu’il en soit, cette visite, courte mais symbolique, restera un moment fort pour la RDC — un pont entre le passé glorieux du « Combat du Siècle » et les ambitions sportives d’une nouvelle génération.




















