Un sentiment d’abandon
Monseigneur Sikuli a exprimé son désarroi face à la situation sécuritaire dans sa région : « Je reviens de Kinshasa, je n’ai pas eu l’impression qu’ils se préoccupent beaucoup d’ici, on ne sait même pas ce qui se passe ici. … Nous avons l’impression d’être abandonnés », a-t-il déclaré. Il rappelle que les Congolais de l’Est ont droit à la sécurité : « Nous sommes des citoyens congolais, nous avons droit à être sécurisés, les personnes et leurs biens. »
L’attaque meurtrière à Biambwe
L’appel de l’évêque intervient quelques jours après une tragédie sanglante dans la nuit du 15 novembre, où au moins 29 personnes ont été tuées lors d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) contre le centre de santé de Biambwe, à environ 42 km de Butembo.
Selon des sources locales, les assaillants ont ciblé des patients, incendié des bâtiments et pillé des médicaments.
Une condamnation ferme
Dans un communiqué publié le 16 novembre, l’évêque a qualifié l’attaque de « massacre », dénonçant la mort de civils, y compris des patients. Il a dénoncé l’inaction de l’État congolais : « Combien de morts faudra-t-il encore pour que notre État assume sa responsabilité en protégeant efficacement sa population et ses biens ? »
Crise humanitaire et retrait des soeurs
Suite à l’attaque, les Sœurs de la congrégation des Petites Sœurs de la Présentation de Notre-Dame ont temporairement quitté le centre de santé de Biambwe, évoquant l’insécurité grandissante. Selon elles, les bâtiments ont été gravement endommagés, l’équipement détruit, et la reprise des activités ne sera possible que si la sécurité est restaurée.
Appel à un dialogue inclusif
Au-delà de l’appel à la sécurité, Monseigneur Sikuli plaide pour un dialogue politique élargi. En septembre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, il a insisté sur la nécessité d’inclure tous les acteurs, même ceux considérés comme adversaires, dans un processus de réconciliation. Il estime que l’inclusion est essentielle pour bâtir une paix durable dans la région.
Un message d’espoir
Malgré la gravité de la situation, l’évêque reste porteur d’espérance. Lors de ses 25 ans d’épiscopat en 2023, il déclarait : « Le rêve d’une paix durable dans l’Est de la RDC va se réaliser, en dépit du temps que ça prendra. » Dans son dernier discours, il réaffirme que l’Église est aux côtés des populations meurtries et qu’elle continuera à porter la voix des plus vulnérables.
Enjeux cruciaux
-
Responsabilité de l’État : Mgr Sikuli met en cause le gouvernement pour son manque de protection envers les civils.
-
Inclusion politique : Il appelle à un processus de paix inclusif, dépassant les divisions.
-
Conséquences humanitaires : L’attaque de Biambwe ne touche pas seulement les victimes immédiates, mais provoque déplacements, peur et traumatisme.
-
Rôle de l’Église : Par son positionnement, l’Église catholique affirme sa mission de médiation et de soutien moral dans un contexte de violence prolongée.
L’appel de Monseigneur Sikuli Paluku est à la fois un cri de douleur et un souffle d’espérance : douleur face aux massacres répétées, espérance portée par sa foi en une réconciliation possible. Mais derrière ces mots se cache une exigence claire : que l’État congolais prenne enfin ses responsabilités pour garantir la vie et la dignité de ses citoyens.
