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Vital Kamerhe : « L’UNC reste ouverte à d’autres discussions pour aller aux élections avec d’autres partis »

e président de l’UNC, Vital Kamerhe, et candidat à la présidentielle du 23 décembre retire sa signature de l’accord de Genève, désignant Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition. Il souligne que son désengagement est motivé par le respect des principes et de la volonté des militants de son parti, qui ont rejeté cette décision. Le président de l’UNC parle de cet accord et de la suite du processus électoral à Radio Okapi. Interview.

Radio Okapi : L’opinion nationale et internationale a appris dimanche soir que vous aviez signé une convention, désignant Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition. Curieusement, 24 heures après, vous faites volte-face. Comment justifiez-vous cela ?

Vital Kamerhe : Pendant les discussions, ma seule exigence était que nous soyons guidés par l’objectivité pour trouver la personne capable de soulever les masses et de nous permettre finalement d’accomplir nos objectifs qui étaient simples : écarter la machine à voter, faire nettoyer le fichier électoral par la CENI pour que nous ayons les élections libres, transparentes et crédibles et permettre ainsi au peuple congolais de s’acquitter de son devoir citoyen dans la quiétude, avec l’assurance de voter le président de la République de leur choix, sans tricherie et sans crainte que leurs voix soient volées. Mais à l’annonce du nom du candidat commun que nous avons choisi et que nous avons nous-mêmes félicité, nous avons eu le retour de la flamme de la population, en colère, déçue. Et vous qui êtes à Kinshasa, vous n’avez pas vu des clameurs, des sifflets de joie comme à l’époque où on avait élu le président Etienne Tshisekedi premier ministre à la Conférence nationale souveraine (CNS).

Et c’est à cause du manque de clameur ou de la colère de la population que vous avez décidé de retirer votre signature ?

La direction politique nationale du parti qui représente le congrès en session réunit ce jour m’a intimé l’ordre de retirer ma signature de cet accord qui risque de faire voler le parti en éclats. Et comme je suis un leader du parti, et c’est la base qui porte le leader, de peur d’être auto-flagellé et auto-exclu, je donc pris en âme et conscience la décision de répondre à la volonté de ma base, puisque finalement nous sommes au service de ce peuple.

En allant à Genève, n’était-il pas sage d’avoir le quitus de votre base que d’aller signer et faire volte-face après ?

La demande de mon parti était très claire : soyez unis. L’unité de l’opposition était acceptée par la base, le candidat commun était accepté par la base, et la base avait attiré notre attention sur le fait que nous devons ramener le nom de la personne qui va, réellement aux yeux de l’opinion, même s’il y aurait quelques déceptions gérables au sein de l’une ou l’autre partie, mais la personne devrait faire l’unanimité au sein de la population. Et la même base, qui nous avait mandaté, nous a demandé de retirer notre signature. Cela ne veut pas dire que l’UNC n’est plus ouverte à d’autres discussions pour aller aux élections avec d’autres partis.

Peut-on conclure que quand vous apposiez votre signature, ce n’était pas en âme et conscience, et que vous l’aviez fait pour paraitre ?

Non. C’était en âme et conscience. Je l’avais dit, j’ai félicité le candidat. Mais la population s’est soulevée et est en colère. Devant une situation comme ça, si vous être un leader porté par la population, vous faites quoi ? Vous abandonnez la population au profit d’un accord signé à 7 ou vous allez du côté de la population ? Pour moi le choix est simple.

Vous allez du côté de la population, l’UDPS dit qu’elle va du côté de la population. Pouvons-nous comprendre que l’UNC et l’UDPS vont s’allier ?

Je pense que nous regardons dans la même direction. Nous sommes soucieux de voir cette population sortir de cette peur qu’elle vit au quotidien. Nous avons discuté avec tout le monde, y compris l’UDPS. Il n’est pas impossible qu’on poursuive nos discussions.

Avec ce désengagement, vous et Félix TShisekedi, ne vous sentez-vous pas fragilisés devant vos partenaires nationaux et internationaux ?

Nous avions signé un accord élaboré à Pretoria (Afrique du Sud) qui fixait le profil pour le choix du candidat commun. Cet accord a été mis de côté pour le choix du candidat commun pour procéder au vote. C’est une grande première. Il y a eu des discussions avant. Le vote n’existe pas dans les négociations. Tout se fait par consensus. Toutes les parties doivent se retrouver pour adopter un point. Mais on se réveille un matin et on nous impose par certains de nos amis le vote.

Et vous avez accepté ?

Si c’est la volonté de tout le monde, sauf celle de M. Vital Kamerhe, en tant que démocrate j’ai accepté mais je savais où est-ce que ça nous amenait. J’ai dit aux amis : c’est une question de poids politique, de rayonnement politique. Comment expliquer que l’UNC et l’UDPS soient les dernières de la classe parmi les 7 ? Est-ce que c’est compréhensible ? Nous ne cessions de soulever cette question, en disant que nous sommes là, mais nous devons être en phase avec la base. Nous craignons qu’avec l’attitude de nos amis, que nous soyons en porte-à-faux avec la base. Puisque nous somme démocrates, nous avions accepté. Ils ont fait le Saint Thomas et ils se sont rendus compte que nous n’avions pas tort.

Propos recueillis par Billy Ivan Lutumba.

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