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Synode. Mgr F. Ambongo : « Le plus important c’est d’abord et surtout changer le regard que l’on porte sur les jeunes »

Le vice-président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, CENCO, Mgr Fridolin Ambongo, figure parmi les pères synodaux actuellement à Rome. L’archevêque coadjuteur de Kinshasa évoque la particularité des problèmes des jeunes Africains  et estime que « le plus important c’est d’abord et surtout changer le regard que l’on porte sur les jeunes ».

Le vice-président de la CENCO interviewé par vaticannews.va relève une ‘ambiance bon enfant’ lors des travaux de la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Mgr Fridolin Ambongo ne dissocie pas le synode sur les jeunes de celui de la famille car « traiter de la question de la jeunesse c’est aussi parler de la famille qui est composée du père, de la mère et des enfants. Parler des jeunes implique d’évoquer la famille », a souligné l’archevêque coadjuteur de Kinshasa.

“ Les jeunes africains veulent vivre dignement ”

A en croire Mgr Ambongo, le plus grand problème de la jeunesse africaine est tout d’abord la question de la survie. « Les jeunes Africains veulent vivre et ils veulent vivre dignement. » Le prélat indique que beaucoup de jeunes en Afrique « évoluent dans un environnement sociopolitique tel qu’ils ne voient plus leurs avenirs. »  Cette situation entraine les jeunes dans une incertitude. « Il y a des jeunes qui sont tentés d’aller ailleurs pour chercher un mieux-vivre». Ainsi, le vice-président de la CENCO explique le foisonnement des mouvements citoyens sur le continent par une prise de conscience de la part des jeunes. « Les  jeunes ont pris conscience d’être victimes d’un système sociopolitique qui bouche leurs horizons. Ainsi, ceux qui en ont vraiment conscience sont prêts à manifester pour mettre fin à ce système qui les avilit et se donner de nouvelles perspectives d’avenir. », a-t-il précisé

La spécificité des problèmes des jeunes en Afrique

L’Eglise en Afrique est essentiellement jeune. « Quand vous entrez dans l’église vous êtes impressionné par la jeunesse de ceux qui participent aux célébrations », affirme Mgr Fridolin Ambongo. Si les jeunes en Occident suivent d’autres idéaux, les jeunes en Afrique sont confrontés à des problèmes liés à leurs conditions de vies. L’archevêque coadjuteur de Kinshasa pense que ces problèmes ont aussi un impact sur la rectitude de la foi des jeunes. Il invite à comprendre l’égarement de certains jeunes qui vont dans des sectes, les « nouvelles Eglises » qui leur promettent un salut immédiat. Les jeunes, comme tout être humain, note le vice-président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, ne veulent pas mourir. « La première réaction des jeunes devant ces défis, c’est la survie, chercher comment survivre dans cet environnement. » Malheureusement, a-t-il déploré, il y en a qui recourent à des méthodes et à des voies peu recommandables.  L’archevêque coadjuteur évoque à titre d’exemple les  jeunes africains qui bravent aussi bien les dangers du désert que celui de la mer, pour arriver en Europe. Mgr Ambongo fait aussi mention des trafics d’êtres humains, notamment des jeunes filles.

Pas seulement les cadres, mais aussi une conversion de mentalité

« Changer de mentalité et changer de regard nous permettra d’identifier de nouvelles méthodes pastorales, catéchétiques, pour mieux accompagner les jeunes. », préconise l’archevêque coadjuteur de Kinshasa. En outre, Mgr Ambongo lance « la XVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur les jeunes, nous a permis de centrer notre pastorale autour des jeunes ». Même s’il existe, en RDC, plusieurs structures en matière d’accompagnement des jeunes, il estime qu’il faut aller plus loin. « Le Synode  nous l’a montré », a-t-il relevé avant d’ajouter qu’« il ne suffit pas de créer des cadres. Le plus important c’est d’abord et surtout changer le regard que l’on porte sur les jeunes. L’archevêque coadjuteur de Kinshasa évoque enfin le « continent numérique », auquel on ne peut plus échapper de nos jours. « Les jeunes sont accros à ces moyens de communication. Je crois que nous ne devons plus faire l’économie de l’utilisation de ce nouveau moyen de communication. Parce que c’est là que nous pouvons vraiment atteindre les jeunes », a-t-il soutenu.


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