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Rupture ou radicalisation ? Kabila n’a pas droit à l’erreur!

Réussira-t-il le pari de calmer les esprits ? Va-t-il foncer avec les élections avec la machine à voter, le fichier électoral en l’état ou la CENI non redynamisée ? Comment éteindre le feu, dans cette histoire de troisième mandat ou du choix d’un Dauphin ? Comment parler sans blesser, ni créer une nouvelle psychose dans un microcosme politique particulièrement tendu alors que le dépôt des candidatures à la présidentielle et à la Députation Nationale est fixé au 25 juillet, soit dans plus ou moins six jours à compter au bout de doigts ? Difficile d’être Kabila, ni de l’imiter. Mais, son destin est ainsi fait. Car, c’est lui le Garant de la Nation et de la stabilité institutionnelle. C’est aussi lui, le premier des congolais qui, en principe, doit tout faire pour assurer la paix sociale et sécuriser tout le monde. Pour ce faire, il lui faut s’élever, se placer au-dessus de la mêlée, comme le disait si bien en son temps, l’aigle de Kawele, transcender les clivages politiques et emprunter des postures susceptibles de le faire entrer dans l’histoire d’hommes d’Etat courageux, déterminé et engagé au service du bien-être collectif à la hauteur d’un pays aux dimensions continentales qu’est la RD. Congo.


Ni un simple exercice traditionnel, ni un terrain d’expérimentation de son latin. Le discours attendu a tout, sauf un saut de plus dans le vide. De lui dépend étroitement l’avenir d’un pays et le destin de tout un peuple. D’où, des appels se multiplient dans le Congo profond, pour exiger des mots pour panser les plaies de la méfiance politique qui, d’un coup, s’est emparé du processus électoral, tel qu’il a été lancé, le 23 juin dernier par la CENI, sous la férule de Nangaa dit Corneille, de son petit nom de chrétien protestant.

Mais, en quoi est-ce que le Président Kabila, peut-il s’ingérer dans l’organisation des élections alors que la CENI est indépendante ? La réponse est facile, répond-on, du côté du CLC où on le renvoie à l’application de l’Accord de la Saint Sylvestre qui, faut-il le rappeler, recommandait la tenue des élections crédibles, ouvertes, transparentes et apaisées.

Cet Accord-là auquel tout le monde s’accroche, dorénavant, prescrivait la décrispation totale de la situation politique, la redynamisation de la CENI et du CSAC. Chose qui, à ce jour, n’a pas été faite.

Puis, il y avait également un volet important lié, par exemple, au consensus autour de questions qui suscitent tant de passions et qui font beaucoup d’encre et de salive, telles que la machine à voter dont l’usage controversé n’aurait été sous-tendu par aucun texte de loi, ni par l’Accord de la Saint Sylvestre, lui-même.


D’autres questions à placer dans un florilège de cas à traiter demandent, à tout le moins, des réponses claires de la part du Président Kabila. L’équivoque, s’il faut l’appeler ainsi, autour de l’épineuse polémique sur l’éventualité, pour lui, de briguer un énième mandat alors qu’il détient grâce à l’Accord, était arrivé à son terme, depuis le 20 décembre 2016.

Il y a, en outre, le volet relatif à l’accompagnement de la communauté internationale, eu égard à la complexité d’opérations ainsi qu’au coût subséquent.

Que perdrait-on en restant figé dans les premières positions alors que le Congo, avec ses pénuries et crises récurrentes, aurait besoin d’une assistance accrue pour atteindre les coins et recoins de l’ensemble de son territoire national ?

Globalement, Kabila a du pain sur la planche. Tel, un funambule, il doit marcher sur le fil du rasoir, pour tirer son épingle du jeu. Entre les surprises et le fétichisme idolâtre en politique, il ferait mieux de tourner sa langue plusieurs fois, avant de trancher, un à un, les points qu’il aurait, lui-même, choisis d’aborder.



Libre, donc, à lui, d’arrondir les angles et de gérer au mieux la situation, s’il peut bien réserver des surprises à gogo à l’ensemble du peuple congolais.

Doit-on considérer que l’espoir est ainsi permis ? Mais, pourquoi pas ? On le jugera, certainement, à la parole. Surtout que le temps de le faire aux actes semble être conjugué au passé, pour ceux qui s’opposent à son système de gestion.

LPM


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