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RDC : Ce que Joseph Kabila a écrit aux présidents d’autres pays concernant le deal avec Félix Tshisekedi

Au moment que le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi poursuit ses consultations, Joseph Kabila mène depuis plusieurs semaines une offensive diplomatique. Il a adressé une lettre à plusieurs chefs d’Etats et de gouvernements, dont Jeune Afrique a pu consulter.

L’ancien Président congolais a initié une intense campagne auprès de plusieurs représentations diplomatiques en RDC, chez les parrains de l’accord de la coalition qui le lie à Tshisekedi, mais aussi auprès de la Monusco.

Joseph Kabila a remis en personne une lettre aux ambassadeurs de l’Afrique du Sud, du Kenya et de l’Égypte, adressée aux présidents de ces trois garants de l’accord de la coalition, ainsi qu’à Leila Zerrougui, cheffe de la Monusco, qui devait transmettre le courrier au Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Dans une lettre qu’il a transmise à différentes chancelleries à Kinshasa dès le 22 octobre dernier, et dont Jeune Afrique a obtenu copie, Joseph Kabila détaille tout d’abord l’accord qui avait été convenu au départ avec le Président congolais.

Rappelant que sa plateforme politique a remporté une large majorité à l’issue des dernières élections législatives et qu’en vertu de ces résultats « le FCC pouvait, aux termes de la Constitution du pays, opter pour la cohabitation et diriger seul l’action gouvernementale », Kabila assure avoir opté pour une coalition avec le Cap pour le changement, afin, écrit-il, « de préserver la paix chèrement acquise, de consolider la démocratie et d’éviter l’instabilité politique ».

« Nous assistons depuis plusieurs mois à des développements susceptibles de déboucher sur une crise institutionnelle grave, similaire à celle qu’a connue notre pays en 1960 », souligne également Joseph Kabila dans sa lettre.

L’ancien Président évoque ensuite les termes de l’accord qui lie le FCC et le Cach. Il cite notamment l’obligation de mener des « concertations permanentes entre les deux parties à la coalition avant toute décision importante », « l’institution d’un comité de suivi de l’accord de coalition », « la représentation des deux parties à la coalition dans les institutions politiques du pays sur base de leur poids politique issu des élections législatives », ou encore le refus de « l’utilisation des prérogatives du Président de la République ou de la majorité au Parlement, pour faire obstruction aux réformes contenues dans le programme commun du gouvernement ».

Kabila assure enfin que l’une des clauses prévoit « l’engagement à gouverner durablement ensemble en se soutenant réciproquement, tour à tour, le Cach s’engageant ainsi à apporter son soutien au FCC à l’élection présidentielle prochaine ».

Toujours dans son courrier, l’ancien président dit aussi regretter « un abandon progressif de l’esprit et des objectifs de l’accord de la coalition », et dénonce « une tendance [de la part de Tshisekedi] de plus en plus prononcée à vouloir gouverner le pays, non pas sur base de la Constitution et des lois de la République, mais plutôt sur base de sa seule volonté ainsi érigée en norme suprême de l’État ».

Critiquant la « transformation du cabinet du Président de la République en un gouvernement parallèle », Kabila accuse Tshisekedi de vouloir « écarter » le FCC du « jeu politique ».

« Mon intention, à ce stade, est d’informer [sur] cette déplorable situation », dit-il, priant ses interlocuteurs « de prendre action dans le sens [qu’ils jugeront] approprié en vue de nous aider à parvenir à un fonctionnement des institutions conforme à la Constitution et à l’accord de la coalition. Ce qui éviterait à notre pays la perspective d’une instabilité aux conséquences incalculables. »

La riposte de Tshisekedi
Félix Tshisekedi a riposté dès le début du mois de novembre avec l’envoi d’une première délégation conduite par son ambassadeur itinérant André Wameso et par son conseiller privé Fortunat Biselele, qui se sont notamment rendus au Rwanda et en Égypte, où ils ont rencontré Paul Kagame et Abdel Fattah al-Sissi.

P.K

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