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Processus électoral : 5 choses à savoir sur la campagne électorale

La campagne pour les élections du 23 décembre s’ouvre aujourd’hui en République démocratique du Congo, selon le calendrier officiel. Il s’agit d’un triple scrutin : présidentiel, législatif et provincial. L’élection présidentielle retient une attention particulière. Joseph Kabila doit céder son poste après 18 ans au pouvoir. Le pays n’a jamais connu de transition pacifique depuis son accession à l’indépendance en 1960.

1. Joseph Kabila, pas candidat

La Constitution interdisait à Joseph Kabila (47 ans) de se présenter pour briguer un troisième quinquennat. Joseph Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 à la suite de l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila. Il a été élu en 2006 et réélu dans la contestation en 2011. Le dernier mandat de Joseph Kabila s’est achevé en 2016 mais les élections ont été reportées deux fois et il est toujours en place, jusqu’au scrutin finalement programmé dans un peu plus d’un mois.

2. Un dauphin désigné

Le candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary, lors du dépôt de sa candidature à la Ceni. (© Junior Kannah/AFP)

Joseph Kabila a désigné Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat de sa majorité (FCC, Front commun pour le Congo). Ce choix a surpris car Emmanuel Shadary ne disposait pas, au départ, d’une énorme popularité. Mais il bénéficie de la machine du pouvoir pour mener campagne. Il a été ministre de l’Intérieur entre 2016 et 2018.

Considéré comme un des responsables de la répression menée lors de manifestations anti Kabila, l’ex-ministre fait partie des personnalités congolaises sanctionnées par l’Union européenne pour violations des droits de l’Homme.

En présentant son programme pour l’élection présidentielle, Emmanuel Shadary a salué le bilan du président Joseph Kabila : “Je suis persuadé que la refondation de l’Etat congolais, amorcée par le président de la République, et qui balise le chemin de notre marche vers un Congo émergent, restera la source d’inspiration de tout mon engagement politique”.

3. L’opposition divisée

Les leaders de l’opposition congolaise à Genève

Dans le cadre d’une présidentielle à un tour, l’opposition affirmait vouloir un candidat commun face au dauphin de Joseph Kabila. La donne s’est compliquée depuis que Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se sont retirés d’un accord désignant l’outsider Martin Fayulu comme candidat de l’opposition.

Martin Fayulu, 62 ans, est un ancien cadre du secteur pétrolier formé en France et aux États-Unis, qui s’est mobilisé contre un troisième mandat du président Kabila et contre la “machine à voter”. Si cet homme totalise 30 ans d’expérience en politique et jouit d’une solide popularité dans la capitale Kinshasa, son parti ne dispose pourtant que d’un seul siège au sein de l’Assemblée.

Au total, la commission électorale a retenu 21 candidatures pour la présidentielle, excluant l’ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba et l’opposant en exil Moise Katumbi.

4. Les élections, un défi

Réception d’équipements d’appui à la logistique électorale par la Ceni. (© MEDIA CONGO PRESS)

Les défis pour la tenue d’élections crédibles sont immenses dans ce pays de 2,3 millions km2, dépourvus d’infrastructures. Au niveau logistique, le pays ne veut pas faire appel à l’aide internationale.

Sur le plan politique, la présidence congolaise est accusée d’avoir une mainmise sur les institutions chargées d’assurer la transparence du processus électoral, selon une étude publiée par le Groupe d’Étude sur le Congo (Université de New York).

D’autre part, les polémiques subsistent sur la “machine à voter” et la validité du fichier électoral. Les machines à voter à écran tactile qui permettront aux électeurs de choisir les candidats et d’imprimer les bulletins de vote sont considérées comme des instruments de fraude par l’opposition. Le fichier électoral comprend, lui, plusieurs millions d’inscrits sans empreintes digitales, selon un rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie fin mai.

5. Un pays où les libertés ne sont pas garanties

Au début du mois, l’ONG britannique Freedom from Torture accusait les autorités congolaises “d’encourager tacitement et activement” la torture contre les militants engagés en politique, lançant un appel à la vigilance en vue des élections.

La très influente église catholique congolaise a pour sa part appelé les autorités à “garantir et faire valoir la liberté de manifester et la liberté de mouvement de tous les candidats, tous les témoins des partis politiques, tous les observateurs électoraux, tous les agents électoraux, tous les journalistes, etc”.

Selon un document de la conférence épiscopale nationale, les incidents survenus lors des manifestations organisées dans le pays entre avril et octobre 2018, ont fait cinq morts dont 4 par balle, 91 blessés dont 7 par balle et 362 interpellations.

Compte tenu de la situation, certains observateurs se demandent si les élections auront bien lieu, si les résultats seront crédibles et si la transition du pouvoir pourra se faire dans un climat relativement apaisé. Les premiers résultats provisoires sont attendus deux jours après la tenue du scrutin.


RTBF
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