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PROCES DES AUTEURS PRESUMES DU DETOURNEMENT DES FONDS DU TRESOR PUBLIC; LA NOTE DU 25 JANVIER 2019 DU CABINET FATSHI DÉDOUANE L’ÉQUIPE TSHIBALA

L’actualité politique en RD Congo reste principalement dominée par le procès des auteurs du détournement présumé des fonds du trésor public, décaissés pour financer le programme d’urgence des 100 premiers jours du Président Félix Tshisekedi, officiellement lancé le 2 mars 2019.
A l’audience d’ouverture du procès, lundi 11 mai devant les juges du Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), le prévenu Vital Kamerhe n’a pas porté de muselières. Aussi, a-t-il clairement déclaré qu’il n’était pas le seul superviseur des travaux dudit Programme, citant ainsi certains membres de l’ancien gouvernement dans l’équipe de supervision. Parmi les ministres honoraires cités, figurent notamment, l’ancien argentier congolais et son collègue du Budget.
Problème, la note du 25 janvier 2019 signée par Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Président de la république, faisait des ministres en place de simples exécutants en leur demandant de suspendre toutes les liquidations des dépenses publiques autres que celles liées aux charges du personnel. Dès lors, cette circulaire du cabinet du Chef de l’Etat, prise le lendemain de l’investiture de Félix Tshisekedi au sommet de l’Etat, avait force de décision conservatoire. Objectif : “éviter de saigner les finances publiques des dépenses abusives et complaisantes “. De même que des nominations et/ou des embauches de positionnement dans l’administration publique tout comme dans les entreprises de l’État avaient été suspendues.
Depuis, une large part des dépenses des services étatiques ont été faites sur instruction du chef de l’État lui-même, en procédure d’urgence pour la plupart. Le Gouvernement Tshibala ayant été ” émasculé ” par la décision sus-évoquée, toutes les sorties des fonds portaient, par conséquent, la signature du directeur de cabinet, sans doute sur instruction du Chef de l’État.
Déjà à l’époque, la note du cabinet de Félix Tshisekedi demandant à l’équipe Tshibala, de n’effectuer aucune sortie de fonds du Trésor, sauf pour des dépenses directement liées aux différentes charges du personnel, avait suscité des réactions critiques de plusieurs observateurs. Tout recoupement fait, ces analystes avaient fustigé le fait que l’institution Président de la république se soit rendue responsable de la gestion quotidienne du pays, alors que cette prérogative est constitutionnellement dévolue au Gouvernement.
Ainsi, de janvier à août 2019, la RD Congo a été géré pendant sept mois, par le Président de la république entant qu’institution. L’équipe Tshibala, à l’époque en mode ” expédition des affaires courantes “, ayant été complètement dessaisie par la note susvisée. Moralité, le Programme d’urgence des 100 premiers jours de Félix Tshisekedi, initiative de l’institution Président de la république, a été exécuté par cette dernière, en l’absence d’un nouveau gouvernement devant remplacer l’équipe sortante de Bruno Tshibala.
SIMPLES EXECUTANTS
Question de bon sens. Si déjà, le Premier ministre d’alors avait été dépouillé de son pouvoir de plein exercice, à combien plus forte raison les membres de son Gouvernement ? A priori, tous avaient été réduits au rôle de simples exécutants. Pour ne pas dire des acteurs secondaires.
Voici quelques semaines. Interrogé par les médias, au sujet de son implication et celle de certains membres de son équipe dans l’exécution des travaux du Programme d’urgence des 100 premiers jours de Félix Tshisekedi, Le Premier ministre honoraire Bruno Tshibala avait clamé son innocence. ” Nous n’avons rien à voir avec le dossier des 100 jours. Après la prise de fonction du nouveau pouvoir, nous étions devenus des spectateurs. Nous ne sommes intéressés ni de près ni de loin à cette saga…”, déclarait Bruno Tshibala, à haute et intelligible voix au média en ligne Actualité CD.
Cet argument de Bruno Tshibala a également été soutenu par un membre de son équipe, cité à l’étape pré- juridictionnelle de l’affaire. A savoir Justin Bitakwira, alors ministre du Développement rural. Auditionné respectivement mardi 14 et mercredi 15 avril au Parquet général de Matete au sujet de la société SOMIBO sarl qui avait gagné le marché de livraison de 900 maisons préfabriquées, ” l’homme-proverbe ” avait déclaré n’avoir participé à quelque niveau que ce soit, aux opérations financières autour de ce projet.
” (…) Donc pour moi, ni de loin ni de près moi ou le Gouvernement Tshibala, n’avons été sollicités ou intéressés par la suite de ce dossier. C’est moi qui ai signé un contrat avec SAMIBO SARL de 900 maisons pour l’équivalent de 26 millions de dollars américains et la Présidence de la république [par le biais de Vital Kamerhe] a sollicité une rallonge de 600 maisons et le montant a été doublé de 26 millions à 57 millions de dollars américains. Le bureau de passation des marchés publics m’a écrit pour me dire qu’il s’agit d’un nouveau projet et non du projet initial que moi j’ai engagé “, expliquait Justin Bitakwira, à ses interrogateurs, lors de son audition au Parquet général de Kinshasa Matete à la 4ème rue Limete.
Tout bien considéré, des observateurs, sans aucune prétention de se substituer aux inspecteurs judiciaires, déduisent que la note du 25 janvier 2019 du cabinet du Chef de l’Etat, dédouane les membres de l’équipe Tshibala, quant à leur implication (supposée ?), dans la gestion des fonds de l’Etat sortis aux fins de financer les travaux de l’ambitieux Programme d’urgence des 100 premiers jours de Félix Tshisekedi. Grevisse KABREL

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