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Présidentielle en RDC: Dr. K. Ndukuma (Ramazani)-Félix Tshisékédi-Martin Fayulu


Un scrutin présidentiel se tient en RDC dimanche 23 décembre. RFI reçoit ce matin, dans l’ordre, le docteur Kodjo Ndukuma, l’un des porte-parole du candidat de la majorité présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary ; puis Félix Tshisékédi, opposant, président de l’UDPS ; et enfin Martin Fayulu, opposant, candidat de la coalition Lamuka. Trois poids lourds qui dévoilent leur programme. Le docteur Kodjo Ndukuma défend le bilan de Joseph Kabila et de 17 ans de pouvoir et affirme « nous avons un programme, un projet, un rêve à partager avec les Congolais », soulignant la division de l’opposition. Félix Tshisékédi assure lui que l’opposition n’est pas divisée… « C’est ridicule » affirme-t-il et le candidat de l’UDPS développe son programme politique. De même que Martin Fayulu qui ne cache ses ambitions : « je serai le président de tous les Congolais ». Deux maîtres-mots : la paix et la sécurité, sinon il n’y aura pas de développement possible.

Le docteur Kodjo Ndukuma défend le bilan de Joseph Kabila et de 17 ans de pouvoir. Il affirme « nous avons un programme, un projet, un rêve à partager avec les Congolais » et souligne la division de l’opposition.

Docteur Kodjo Ndukuma : Nous, nous consolidons les acquis. Il y a plusieurs acquis : la réunification du pays, la réunification du commandement de l’armée, la réunification des zones monétaires, la pacification de l’ensemble du pays, sauf quelques poches où il y a de l’insécurité, 23 000 km de routes, 500 000 emplois créés, c’est déjà ce qui est positif et on va travailler sur les faiblesses pour la fois prochaine. Mais là où quand même il y a à redire, c’est que les personnes qui sont dans Lamuka [la coalition qui soutient Martin Fayulu] aujourd’hui, il y a deux ans seulement, elles étaient avec nous. Elles sont parties de chez nous, la majorité présidentielle, sur la base d’une erreur, laissant penser que le président de la République, Joseph Kabila, se présenterait pour un troisième mandat. Elles ont voulu s’agripper à monsieur Etienne Tshisekedi pour pouvoir se blanchir et revenir, évité le vote sanction de la population. Donc, nous, en 17 ans de pouvoir, nous disons que nous avons encore un programme, un projet. Nous avons encore des espoirs et un rêve à partager avec le peuple congolais et nous nous soumettons au suffrage de ce peuple. Quoi de plus démocratique ?

Mais justement, Kodjo Ndukuma, maintenant que la coalition Lamuka et son candidat Martin Fayulu appellent à voter avec cette machine à voter sous certaines conditions, est-ce que ça ne va pas mobiliser encore plus l’opposition et vous faire perdre des voix à vous ?

Mais déjà, l’opposition depuis Genève, le fameux dimanche 11 novembre, est partie en ordre dispersé. Cela veut dire que ceux qui ne rassemblent pas avec monsieur Fayulu dispersent contre monsieur Fayulu. Alors que, nous, au FCC [Front commun pour le Congo], nous allons gagner non pas parce que l’équipe en face de nous est divisée ou qu’elle est faible, mais parce que nous avons fait l’économie de nos forces. Maintenant, les gens parlent d’un vote régional, on le sent plutôt dans le camp de l’opposition, ils appellent à un vote régional, un vote selon l’appartenance ethnique des différents leaders de l’opposition. Mais, nous, nous avons battu campagne avec le candidat Emmanuel Ramazani sur l’ensemble du pays et vous avez pu vous rendre compte, nous l’avons fait avec succès.


Félix Tshisekedi affirme d’emblée que l’opposition n’est pas divisée. « C’est ridicule » affirme-t-il et le candidat de l’UDPS développe son programme politique.

Félix Tshisekedi : C’est totalement ridicule, ce qu’il dit. Je crois que cette division est plutôt, j’allais dire, bénéfique, parce qu’elle leur prive totalement de voix. On a pu le constater d’ailleurs lors de nos déplacements respectifs, l’engouement est plutôt en faveur de l’opposition. Nous avons constaté, Vital Kamerhe et moi, l’engouement de la population. Le rejet du candidat de la continuité, ou du camp de la continuité, est tellement total. Il n’y a pas photo.

Le camp de Ramazani Shadary dit que vous n’auriez aucun programme, vous voudriez juste prendre la place de Kabila et de son candidat désigné. Justement si vous êtes élu, qu’elles seraient vos premières mesures, quelles sont les urgences absolues ?

L’urgence absolue, l’urgence des urgences, pour moi, c’est de ramener la paix et la sécurité à travers toute l’étendue du territoire national. Et d’ailleurs, Vital Kamerhe et moi, s’il est Premier ministre, si nous avons la majorité au Parlement, nous allons aller nous installer à l’Est. Nous choisirons la ville dans laquelle nous nous installerons jusqu’au moment où la paix sera définitive. Ce n’est pas que l’on va oublier les autres problèmes, mais c’est d’abord ça l’essentiel. On ne peut pas espérer développer un pays quand on a, comme ça, des poches de violences et d’instabilité partout. Donc ça, c’est vraiment la priorité des priorités. Ensuite, nous réconcilierons les Congolais, nous allons faire un recensement et une identification de la population, parce qu’il faut savoir à combien de Congolais nous sommes, quels sont ainsi les besoins des uns et des autres et ainsi pouvoir faire une politique adéquate. Evidemment, l’autre tâche sera de lutter contre les anti-valeurs qui ont gangréné notre économie, notre nation en général, tels la corruption, l’impunité, la mauvaise gouvernance et tout ça.

L’argument du camp de Ramazani Shadary de dire que vous n’avez pas de programme, donc c’est fallacieux ?

Il est totalement fallacieux.


Martin Fayulu ne cache pas ses ambitions : « je serai le président de tous les Congolais ». Deux maîtres-mots : la paix et la sécurité, sinon il n’y aura pas de développement possible.

Martin Fayulu : Moi, je vais être le président qui protège les Congolais, qui fait régner la paix et la sécurité au Congo. Trois mesures décisives. D’abord, il faut la sécurité. Le camp militaire Kokolo qui est à Kinshasa doit déménager de Kinshasa à Beni. Donc, je vais créer au sein de l’armée congolaise une force spéciale d’intervention militaire d’élite. Cette force, comme je l’ai dit, va s’installer au nouveau camp militaire de Beni. Nous allons mettre en place aussi l’urgence diplomatique pour réclamer, toutes affaires cessantes, une réunion spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies pour poser notamment deux questions. Pourquoi on tue les Congolais au nez et à la barbe des casques bleus ? Deuxième question, pourquoi dans l’indifférence mondiale, la RDC est le seul pays au monde à être victime des rebelles étrangers qui ne feront jamais la rébellion dans leur pays ? Nous disons, que les axes prioritaires de notre programme sont : un : état de droit et sécurité, deux : investissement et valorisation du capital humain, trois : diversification de l’économie et amélioration du climat des affaires, quatre : aménagement du territoire, cinq : environnement et changement climatique. Mais dans le premier axe, c’est-à-dire l’état de droit et sécurité, nous pensons bien investir dans l’intégration régionale. L’intégration régionale veut dire que nous devons être en paix et nous devons être en harmonie avec tous nos neuf voisins. La RDC offre la désolation. Donc l’intégration régionale, c’est parmi une de nos priorités.

La RDC est un pays riche, mais pauvre…

Tout à fait. L’homme doit être au centre. Nous allons mettre les moyens pour que cet homme-là puisse demain être un homme, une femme de valeur. Nous allons mettre en place cette règle gagnant-gagnant, win-win. Venez au Congo, vous voulez investir, il faut que vous gagniez, mais il faut que les enfants du Congo gagnent.

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