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Pourquoi ce flou autour du mandat d’arrêt contre Jean-Pierre Bemba pour “haute trahison” ?

Le 13 février 2007, le chef d’état-major, le lieutenant général Kisempia Sungilanga donne l’ordre à la garde rapprochée, le Détachement de protection personnelle, DDP, du sénateur Jean-Pierre Bemba, d’incorporer les FARDC au plus tard mi-mars 2007. Chose que le président du MLC refuse, brandissant l’accord signé entre les deux tours de la présidentielle, qui garantissait au perdant du second tour de la présidentielle, la sécurité physique et la protection des biens matériels.

Le 21 mars 2007, l’opposition se transforme en affrontement entre la DDP de l’ancien vice-président, désormais Sénateur à vie, et la police; ensuite les FARDC; puis la garde présidentielle de Joseph Kabila.

Le procureur général de la République Tshimanga Mukeba lance vendredi 23 mars 2007, un mandat d’arrêt contre le sénateur Jean-Pierre Bemba pour avoir “causé des graves infractions en organisant une milice et en ordonnant des pillages”. Ces faits selon le procureur, “équivalent à de la haute trahison et nous le poursuivrons où qu’il soit”, selon ses propos rapportés par un article du journal Le Monde du 23 mars 2007.

Depuis sa sortie de prison, un mystère, assimilable à un tabou, entoure ce dossier judiciaire «pesant» sur le président du MLC Jean-Pierre Bemba, qui n’est plus très différent d’une jeune femme à la poitrine genereuse que les hommes ne cessent de courtiser. Ces hommes, politiques de l’opposition qui militent pour le maintenir dans leur rang tout en redoutant un bouleversement de leadership qui se dessinait autour de Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi depuis la disparition d’Étienne Tshisekedi.

Mais aussi, ceux de la Majorité présidentielle qui ne cessent de “se réjouir” du retour d’un compatriote avec qui “on peut bâtir le Congo ensemble”. Des gestes en ce sens sont même posés.

“Je vous saurais gré de bien vouloir demander à l’Honorable sénateur (Jean-Pierre Bemba) de dépêcher son agent protocole pour retirer un formulaire de demande de passeport diplomatique auprès de notre ambassade à Bruxelles dont le Chef de Maison a déjà été instruit à ce sujet”, répond le Vice-premier ministre, ministre des affaires étrangères, Leonard She Okitundu au président du Sénat Léon Kengo Wa Dondo pour autoriser le renouvellement du passeport diplomatique de Jean-Pierre Bemba.

Les déclarations positives se sont multipliées mais la question de savoir : ” Existe-t-il oui ou non, un mandat d’arrêt pour haute trahison contre Jean-Pierre Bemba” est restée sans réponse. Le ministre de la justice Alexis Thambwe Mwamba s’est limité à apporter un démenti sur un supposé appel à témoins dans ce dossier, qui serait lancé par l’actuel procureur général de la République d’après des indiscrétions rapportées sur les réseaux sociaux. Tout en parlant, il a entretenu un silence absolu sur l’état actuel du dossier judiciaire de l’ancien vice-président congolais en RDC, après les affrontements de mars 2007.

Son collègue aux affaires étrangères Leonard She Okitundu, a déclaré sur un ton de rejet, ne pas être informé d’“un mandat d’arrêt pour haute trahison” qui pèserait sur Jean-Pierre Bemba. Selon le ministre des affaires étrangères, “ce n’est pas le gouvernement qui l’a chassé de la République démocratiques du Congo. Il est parti de sa propre volonté”, a-t-il déclaré au cours de l’émission Internationales de TV5 Monde.

Pourtant, c’est après plusieurs négociations entre le pouvoir en place représenté par le président de l’Assemblée nationales de l’époque, Vital Kamerhe, l’ambassadeur portugais en RDC de l’époque Alfredo Duarte Costa, l’ambassadeur sud-africain, Sisa Ngombane, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, William Lacy Swing entre autre autre, que Jean-Pierre Bemba a accepté de quitter la RDC pour le Portugal.

Au cours d’une interview accordée à RFI en marge de sa rencontre avec le président Emmanuel Macron à Paris notamment sur la RDC, le président angolais João Lourenço, premier vice-président de l’Assemblée nationale angolaise à l’époque, a reconnu que son pays avait envoyé des soldats en RDC en mars 2007 pour soutenir Joseph Kabila dans l’affrontement qui l’opposait à son challenger Jean-Pierre Bemba. C’est donc de force que le leader du MLC a quitté la RDC en 2007.

Faire comme si de rien n’était sur cette affaire pour mettre l’opinion à l’aise, met mal à l’aise. Des hypothèses : c’est peut-être parce que le président du MLC vient de sortir de 10 ans de détention que le pouvoir de Kinshasa évite de l’acculer encore avec un dossier judiciaire; ou les autorités congolaises gèlent ce dossier pour l’utiliser comme moyen de pression sur le sénateur, dans la supposée collaboration lui proposée comme le dit la rumeur qui court, afin d’exhumer ce dossier plus tard si la réponse du leader du MLC était négative. Mais il y a bel et bien eu un mandat d’arrêt pour haute trahison contre Jean-Pierre Bemba depuis mars 2007 et en quittant la RDC, ses relations avec le pouvoir de Joseph Kabila étaient aux rouges.


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