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Parlement Européen : Violente Dispute Entre Paul Nsapu Et Louis Michel Sur La Situation En RDC

Vifs échanges entre Paul Nsapu, défenseur des droits de l’Homme, et Louis Michel, eurodéputé belge, au Parlement européen à Bruxelles (Belgique), jeudi 22 novembre 2018, où s’est tenu une conférence en marge de la rencontre des parlementaires de l’Union européenne (UE) et des représentants des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour de cette réunion figurait la situation en République Démocratique du Congo (RDC), notamment le processus électoral en cours. C’est à ce moment-là qu’une dispute s’engage entre Paul Nsapu et Louis Michel, modérateur de la rencontre.

L’homme politique belge a profité de l’occasion pour inviter Rémy Ngoy Lumbu, Commissaire congolais à la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples et rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l’Homme, l’un des hommes liges de Néhémie Mwilanya, directeur du cabinet de Joseph Kabila.

Cette curieuse présence congolaise, dont la signification prête à confusion a, dès l’abord, irrité les soldats des Droits de l’Homme qui l’ont reconnu sans peine.

« SHADARY EST L’HOMME QU’IL FAUT »

Le tableau élogieux dressé par Louis Michel sur la situation en RDC pendant cette période électorale est surréaliste, comme si on rêvait. Selon lui, tout va pour le mieux. En d’autres termes, Joseph Kabila a démontré au monde qu’en RDC aussi, on peut accéder au pouvoir par la voie des urnes et non par des voies anti-démocratiques. Il mérite bien des égards de la part de la communauté internationale.

Le père de l’actuel Premier ministre belge (Charles Michel) ne s’est pas privé de son arrogance habituelle en faveur de la kabilie, dont il loue l’excellence dans l’organisation des prochaines élections. D’après l’eurodéputé, la machine à voter et le fichier électoral corrompu décriés par l’opposition et la société civile, ne nuisent aucunement à la bonne gestion de ces scrutins.

Et il a poussé l’outrecuidance jusqu’à affirmer, sans vergogne, que Shadary, le dauphin de son poulain, Joseph Kabila, dont il avait réussi à imposer à la tête de l’ancienne colonie belge en 2001 et 2006, est « l’homme qu’il faut » pour relever les défis considérables auxquels est confronté le pays.

Pour Louis Michel, les sanctions ciblées de l’Union européenne (UE) à l’encontre de certains hauts responsables congolais pour « entrave au processus électoral » ou pour de « graves violations de droits de l’Homme » sont  « inutiles car n’ayant aucun impact ». Et d’ajouter: « Il y a des gens dans cette liste qui ne méritent pas d’être sanctionnés ».

Sans ambages, il plaide – c’est un secret de polichinelle – pour la levée des mesures (interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE, gel des avoirs et interdiction de mettre des fonds et ressources économiques à la disposition des personnes listées), qui lui semblent « sans importance et totalement inefficaces », visant notamment Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), son favori à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018.

Bien que la situation des droits de l’Homme en RDC demeure l’une des plus dramatiques au monde, Louis Michel n’en a cure!

« INSUPPORTABLE PLAIDOYER »

Certes, les inepties, les mensonges et les faux arguments exprimés par Louis Michel au sujet de la situation en RDC ne pouvaient qu’interpeller Paul Nsapu, en sa qualité de secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et président de la Ligue des Electeurs (LE), mais surtout en tant que citoyen Congolais. Car, ces propos méritent d’être dénoncés et combattus. Avec force et vigueur, Il prit la parole. Ce, au grand dam de l’eurodéputé qui a tenté de lui clore le bec.

« Je ne peux accepter que ce Monsieur tienne ce genre de propos sur la situation actuelle en RDC. Son plaidoyer en faveur du régime de Kabila est insupportable ! Je parle au nom de toutes les victimes du régime en RDC, notamment les experts de l’ONU, Michael Sharp et Zaïda Catalan, assassinés dans le Kasaï en 2017. Qui était le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ? C’est Emmanuel Ramazani Shadary que vous êtes en train de vanter les qualités devant vos pairs. Aujourd’hui, il est cité dans ce procès pour avoir orchestré ces tueries. Nous avons des preuves de sa responsabilité et celle de son chef, Joseph Kabila, dans ce double meurtre. Et vous plaidez pour que l’UE lève les sanctions à l’encontre de ceux qui ont commis des crimes abominables ? Soyons sérieux, cher Monsieur ».

Avec la verve oratoire qu’on lui connait, il ajoute à l’intention des parlementaires européens et participants à cette rencontre :

« Le pays est mort à cause de ce Monsieur qui avait présenté Joseph Kabila comme l’espoir du Congo. Où en sommes-nous aujourd’hui ? C’est un Monsieur qui va tout le temps à Kinshasa, en catimini, et a promis aux responsables congolais qu’il se battrait pour obtenir auprès de l’UE la levée des sanctions qui pèsent sur eux. Il faut que cela se sache, il faut que les Congolais le sachent ».

Ne pouvant admettre la contradiction apportée à son plaidoyer, Louis Michel n’a eu de choix que de recourir au service de gestion de la sécurité du Parlement européen pour faire expulser Paul Nsapu de la salle de conférence.

Robert Kongo, correspondant en France

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