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Ni transition, ni report des élections 2018. Machine à voter : un feu rouge, deux gros pièges !

Au pire des cas, s’il était possible d’abandonner la machine à voter aujourd’hui, quel pourrait être le sort des élections ? Certainement qu’on en serait à parler de deux choses. D’abord, le piège du report des élections 2018. Puis, celui tendancieux de la transition pour essayer, une fois de plus, de dépecer la République dans le cadre du partage des postes des responsabilités. Devant les nouveaux clivages politiques constitués du Front Congo pour le Congo, une excroissance de l’ex-Majorité élargie aux nouveaux adhérents et, de l’Opposition plus que jamais divisée, une telle perspective ne rassure guère, quant à la fin du glissement. Car, au bout de compte, d’autres peaux de banane peuvent être jetées sur le chemin de ce processus, même s’il était sacrifié aujourd’hui pour une raison ou pour une autre. D’où, la nécessité, pour les acteurs politiques majeurs, de tirer leur épingle du jeu, en misant sur des solutions relevant de l’équilibre minimum au niveau des rapports des forces.
Le temps file chaque jour à une vitesse de la lune. Le calendrier serre et coince tout le monde. Hier, la CENI a réceptionné tout un tas de matériels roulants et volants de la part des autorités gouvernementales. Elle avait déjà lancé une série de cascades de formation des formateurs en vue de prendre en compte la matérialisation du processus électoral à date échue. Donc, Nangaa et les siens qui, finalement, n’entendent point céder au moindre chantage, n’ont plus, eux-mêmes, assez de temps pour tergiverser. Ils sont tellement acculés et tiraillés entre, d’une part, les commandes des machines à voter dont la production à vaste échelle en Corée du Sud nécessite de redoubler d’ardeur, des kits électoraux en provenance de la Chine et des sources d’énergie –groupes électrogènes et autres panneaux solaires- devant venir de l’Inde, et d’autre, les exigences politiques, techniques, administratives, juridiques et autres permettant, logiquement, d’organiser un processus électoral aussi bien crédible que fiable.
A moins de deux moins d’ici le 23 décembre 2018, la Centrale éléctorale, à l’allure où vont les choses, se montre tellement préoccupée qu’elle n’a même pas de marges de manœuvres pour examiner les réponses à donner à l’Opposition dont les cadres et militants ont été dans les rues de Kinshasa ainsi que dans certaines provinces du pays, le vendredi 26 octobre dernier.
Dans un tel contexte, focaliser les débats autour de la machine à voter ou simplement, du fichier électoral, ne serait-il pas la meilleure façon de taper à côté de la plaque ? Si, la vraie bataille est et demeure l’alternance démocratique, comment ne pas poser les vraies prémisses et en tirer les conclusions, dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard ?
A l’analyse, l’affaire de la machine à voter devient quelque peu rébarbative, s’il faut, par exemple, mesurer les deux gros pièges qu’elle entraîne, à savoir, le report des élections ou la transition à l’effet de glissement sans fin.
Voilà pourquoi, de plus en plus, des voix s’élèvent pour reposer le problème autrement. Au lieu de son abandon pur et simple qui conduirait, ipso facto, au report des élections ou, à tout le moins, à la formule 1 plus quelques têtes d’affiche de l’Opposition dont le nombre risque même de dépasser celui de 4 comme ce fut autrefois, il y a bien moyen d’exiger toutes les garanties techniques ainsi que la transparence.
Bien plus, il y a également la possibilité d’exiger la caution internationale en termes d’appel aux experts internationaux pour l’observation du processus électoral tant en amont et qu’en aval. Quoique son utilisation ait été d’une haute facture politique et financière par le fait qu’un consensus n’aurait pas été requis au niveau des parties prenantes, il va de soi que maintenant que le temps fait défaut, les acteurs lèvent l’option de changer leur fusil d’épaules. Si, au Front Commun pour le Congo, les choses tournent encore bien pour autant qu’une aucune pression sérieuse n’a été exercée dans le sens de contrer ses calculs sur le terrain des élections, demain ou après demain, si l’Opposition arrivait à entrer dans le même jeu en posant des conditions devant faire de la machine à voter, une simple imprimante sans fonctionnalité liée notamment, à la transmission des données, ni à la communication avec un serveur central, le processus s’en trouverait sauvé. Puisque dans ce cas, le feu rouge serait décanté, en même temps que les deux pièges inadmissibles auraient été déjoués.
LPM


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