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NÉHÉMIE MWILANYA : ” IL Y A MANIFESTEMENT UNE ÉQUIPE QUI N’A PAS ENVIE DE JOUER “

Devant le Conseil de sécurité à Kinshasa, le dircab du Raïs déclare que ceux qui cherchent des prétextes pour ne pas aller aux élections sont convaincus que le rouleau compresseur du FCC ne leur laisse aucune chance.

Les jours passent vite. Et même très vite. Et, chaque jour qui passe, approche de plus en plus les Congolais de l’horizon décembre 2018. Plus d’un analyste parle d’un moment crucial de l’histoire politique du pays. Cependant, en interne, les parties prenantes au processus électoral en cours, ne parlent pas le même langage selon que l’on soit de la coalition au pouvoir ou de l’Opposition.

Côté du Front commun pour le Congo (FCC), toutes les batteries sont mises en marche pour la bataille électorale du 23 décembre prochain, l’Opposition quant à elle, aligne des préalables à sa participation au scrutin. Parmi ces conditions, l’Opposition exige le rejet de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral conformément aux recommandations de l’OIF. En d’autres termes, les 6.644.132 soit 16,6% d’électeurs enregistrés sans empreintes et qu’il faille à tout prix élaguer du Fichier électoral. A cela, l’Opposition ajoute l’application des mesures de décrispation politique prévues dans l’accord de la Saint Sylvestre 2016. Ce, pour garantir le caractère inclusif du processus électoral.
Dans une métaphore, le directeur de cabinet du Président Joseph Kabila, Néhémie Mwilanya, compare le scrutin du 23 décembre prochain à un match de football. A un peu moins de trois mois du coup d’envoi, le directeur de cabinet du Raïs constate qu’il y a manifestement une équipe qui n’a pas envie de jouer. C’est donc en ces termes qu’il s’est exprimé le dimanche dernier, au cours d’un entretien au Palais de la nation, avec la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a clôturé le même dimanche, sa mission de trois jours à Kinshasa.
Devant ses interlocuteurs, Néhémie Mwilanya Wilondja n’a pas cherché une rhétorique particulière pour exposer la détermination du FCC d’aller aux élections. “Nous avons exprimé à la délégation du Conseil de sécurité, l’envie du FCC de jouer, c’est-à-dire d’aller aux élections, parce que le FCC c’est une plate-forme électorale. Ca signifie que nous avons connu tout un processus de préparation aux élections”, a-t-il fait savoir. Ce, avant d’ajouter que sa famille politique estime avoir suffisamment dialogué en RDC, et trouvé des consensus sur des questions essentielles qui permettraient l’organisation des élections.

UN FAUX ” PROCES ” SUR FOND DE PREJUGES
Pour motiver son rejet de la machine à voter, l’Opposition n’a eu de cesse de dire que l’usage de cet outil informatique n’est pas prévu dans l’arsenal juridique congolais. En l’occurrence, la loi électorale n°06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, telle que modifiée par la loi n° 11/003 du 25 juin 2011 du 12 février 2015 et la loi n°17/013 du 25 décembre 2017. Aussi, l’Opposition estime-t-elle que pour un processus électoral apaisé, le recours à cette imprimante devrait faire l’objet d’un consensus national entre la Ceni et les acteurs politiques.
Tout en concédant à l’opposition son argumentaire, Néhémie Mwilanya précise cependant, que la machine à voter, quoi que n’étant pas prévue dans la loi électorale, est une modalité de vote et c’est à la CENI de choisir ses modalités de scrutin. Ce, conformément à l’accord inclusif dans son chapitre IV. Pour lui, le Front Commun pour le Congo est prêt à aller aux élections le 23 décembre 2018.
Sans trop vouloir en rajouter à la polémique ambiante autour de la machine à voter, Me Néhémie Mwilanya s’en remet à l’ordre institutionnel accepté par tous. En ce qui concerne la recherche de consensus sur cette imprimante, exigé par l’Opposition soutenue par certains lobbys étrangers, le dircab de Joseph Kabila rappelle qu’il s’agit-là d’une question technique. “Nous avons la CENI qui est le pouvoir organisateur des élections. Ce pouvoir, il le tire de la constitution, et nous devons faire confiance en la CENI, parce que toutes les parties prenantes aux différents dialogues : Cité de l’Union africaine, Centre Interdiocésain, ont accepté le rôle constitutionnel de la CENI. Et donc, nous n’avons pas d’avis particuliers à donner vis-à-vis de la machine à voter”, laisse-t-il entendre à ses hôtes.
Que l’Opposition récuse la machine à voter, le camp adverse estime, cependant, que cette dernière devrait dire exactement ce qu’elle reproche à cette imprimante. “Nous constatons que depuis qu’on parle d’elle, on ne nous dit pas toujours exactement qu’est-ce qu’on reproche à cette machine à voter et nous commençons à nous convaincre de l’idée qu’il y a manifestement une équipe qui n’a pas envie de jouer. Mais nous si”, tranche Néhémie Mwilanya.

LE FCC N’A PAS DE PREALABLES
Réagissant aux préalables posés par l’Opposition, pour des élections apaisées, crédibles et inclusives, Néhémie Mwilanya réitère à ses interlocuteurs, la détermination du FCC d’aller au scrutin du 23 décembre prochain. Ce, sans trop exiger la moindre condition. Le FCC n’a donc aucun préalable et s’incline devant la feuille de route de la Centrale électorale, déclinée depuis le 5 novembre 2017. “Je vous ai dit qu’il (ndlr : le FCC) a envie de jouer, et donc, ce n’est pas de ce côté-ci qu’il faut chercher des préalables. Cherchez-les du côté de ceux qui trouvent des raisons, des prétextes de ne pas aller aux élections. Parce que naturellement, ils sont convaincus que le rouleau compresseur du FCC ne leur laisse aucune chance”, renchérit-il avec beaucoup d’optimisme.
Pour conclure, le FCC a demandé au Conseil de sécurité, dans le respect de la souveraineté de la RDC, “de prendre en compte tous les sacrifices consentis par le Président de la République, pour stabiliser le pays, le démocratiser et lui offrir l’occasion d’aller vers les troisièmes élections libres et véritablement pluralistes. Puis, finalement, pour lui permettre de poursuivre son élan de reconstruction, de modernisation.”
Grevisse KABREL


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