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Muzito, Fatshi, Kamerhe, Fayulu Au Front Contre Le FCC

L’opposition a pris la mesure de l’urgence de consolider ses rangs pour faire échec au plan de la majorité au pouvoir à garder la mainmise sur l’appareil de l’Etat au terme des élections du 23 décembre 2018. Plus que jamais unie, l’opposition se déploie désormais sur deux fronts. Le premier s’organise de l’intérieur avec des acteurs clés tels que Félix Tshisekedi, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Vital Kamerhe, Freddy Matungulu et bien d’autres. Le deuxième est piloté de l’extérieur par le tandem Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba. Un seul objectif : contrer le FCC du président Joseph Kabila.

Par Le Potentiel

Contre le Front kabiliste, organisé dans la cadre du Front commun pour le Congo (FCC), l’opposition aligne deux ailes qui travaillent en synergie depuis le communiqué conjoint signé à Bruxelles et un autre à Kinshasa. Les deux ailes sont composées des mêmes personnalités qui agissent désormais tant au pays que hors des frontières nationales face aux difficultés pour certains parmi eux de fouler le sol congolais par la volonté du gouvernement.

Sur place en RDC, le corps à corps avec le FCC du président Kabila sera l’œuvre d’Adolphe Muzito, Félix Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu et le prof Matungulu. De l’extérieur du pays, deux ténors agissent sur le front diplomatique mais aussi au pays avec leur influence auprès de leurs partisans respectifs. En effet, l’influence de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, débarqués de la course à la présidentielle en toute illégalité, n’est plus à démontrer. Ils agissent à partir de l’extérieur pour conforter l’action de ceux qui avaient tenu avec triomphe le meeting de samedi sur le boulevard Triomphal.

Il faut noter que ce front est constitué des acteurs déterminés dans leur combat contre le régime Kabila. L’UDPS Fatshi, l’Ecidé Fayulu, l’Unc Vital Kamerhe et le Congo na biso Matungulu reposent leurs actions sur le socle commun constitué du MLC de Jean-Pierre Bemba couplé à la plateforme Ensemble pour la nation de Moïse Katumbi. Ce bloc qui a des ramifications à travers le pays, est quasiment à l’antichambre de la victoire électorale. Il suffit de mettre hors d’état de nuire les outils de la fraude: la machine à voter, les dix millions d’électeurs sans empreintes digitales, … et l’Opposition sera au pouvoir.

Muzito gagne des galons

Le meeting de l’opposition Place Triomphal a eu un goût tout particulier à l’endroit d’Adolphe Muzito. L’homme n’était pas simplement là pour partager la parole avec les autres majors de l’opposition mais aussi et surtout pour se soumettre à un test devant la foule. Un test d’admission comme opposant à part entière.

L’ancien Premier ministre PALU est parti de loin, de très loin alors. Lorsqu’il quitte l’Hôtel du gouvernement fin 2011, son image a subi un coup de ternissure. Des accusations d’enrichissement personnel sur fond d’une vidéo « made in Gecoco Mulumba » attribuées à tort ou à raison à Muzito et les siens sont venues lui prendre ce qui lui restait de crédibilité.



Personne à l’époque ne pariait un sou sur sa tête quant à un éventuel rebondissement. C’était mal connaître un homme qui se définit lui-même comme un «descendant» depuis qu’il a commencé tout jeune ses classes politiques aux côtés d’Antoine Gizenga Funji. De ce pire moment de son parcours politique, Muzito allait en tirer le meilleur, transformer l’instant pour en faire le point de départ pour une nouvelle carrière.

Quand un technocrate avéré de son rang cherche à repartir, il ne peut mettre en avant qu’un seul atout, à savoir son cerveau. Muzito y puise abondamment pour inonder les colonnes des tabloïds de Kinshasa par ce qu’il nomme «tribunes».

En fait de tribunes, il s’agit des analyses profondes avec propositions concrètes à la résolution des questions fondamentales liées au développement de la RD-Congo. Tout y passe, économie, finances publiques et autres.

Auparavant, il avait pris soin de faire son mea culpa, de dire à ceux qui lui reprochent de ne l’avoir pas fait pendant qu’il était aux affaires qu’il comprenait leur position et leur demandait en même temps l’indulgence pour mieux faire grâce à l’expérience accumulée au sein du gouvernement. Les tribunes font très vite mouche, surtout qu’elles sont caustiques à l’égard du régime. Elles marquent par là même la distance que Muzito décide de prendre vis-à-vis de Joseph Kabila. S’ensuit une initiative encore plus percutante, les «universités populaires».

Les tribunes pour les intellos, les «univpop» pour le lumpen proletaria dans le but de promouvoir la participation citoyenne. Muzito n’a pas encore triomphé dans sa démarche qu’il commence à subir des contrecoups de la part de ses détracteurs, recensés en grand nombre dans les rangs du Palu, à l’instigation du pouvoir. Il est suspendu par son ancien parti, une première la fois. La sanction a duré trois ans. De quoi détruire toute une carrière.

De go, son entourage s’en inquiète vivement et le pousse à prendre sa liberté. Difficile, très difficile même pour un Muzito de penser un seul instant s’éloigner de Gizenga à qui il doit une considération à la limite de la révérence.

Heureusement que la base est acquise à sa cause. C’est elle qui aura pesé et influencé sa réhabilitation quelques mois plus tard.

La base a-t-elle compris le message que Muzito tente de faire passer à la hiérarchie du Palu, à savoir que le pouvoir a noyauté le PALU et que le moment venu il le fera disparaître des radars de l’opinion de son fief inexpugnable de l’ex-province du Bandundu? Celle-ci a réagi comme si c’était en connaissance de cause.

Réhabilité, Muzito obtient même une promotion avec les charges électorales du parti en mains à la veille des élections du 23 décembre 2018.

En face, ses adversaires ne désarment pas pressentant en lui le candidat naturel du Palu à la présidentielle au moment où Kabila cherche à soumettre tous à son dauphin à lui. Les premières initiatives de Muzito allant dans le sens de parvenir à un programme commun de gouvernement avec les forces de l’opposition prêteront prétexte à ses «ennemis» pour le suspendre une seconde fois. Cette fois-ci, c’est juste à la veille du scrutin. Pour lui enlever toute possibilité de concourir quoi. L’instinct du politique-né se réveille alors en lui.

Pas pour commettre un parricide contre son géniteur Gizenga mais pour se dire s’il n’avait pas un grand destin, les autres ne s’acharneraient pas sur lui à ce point. Le voilà candidat sous son propre label

«Le Nouvel Elan».

Candidat disqualifié pour des raisons injustifiées comme celui du PALU, Antoine Gizenga, un peu à la manière d’une leçon assimilée trop tard au niveau de la direction du parti gizengiste. A partir de ce moment, Muzito s’attable publiquement avec les autres leaders de l’opposition. Il assiste à toutes les messes. A Bruxelles comme à Pretoria. Mais la troupe gizengiste nombreuse à avoir rallié sa cause reste sur sa soif. Elle a hâte d’aller avec les autres dans l’opposition. Elle s’est mobilisée massivement Place Triomphal et a exulté au regard du triomphe que la foule a réservé à Muzito lorsqu’il a pris la parole. Désormais, il faudra compter avec Adolphe Muzito, de son petit nom Shed, dans l’opposition.


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