congosynthese

Le plus long pont du monde : 55 kilomètres de béton et d’acier

L’ouvrage pourra survivre un siècle, résistant aux typhons les plus violents de la mer de Chine, affirment ses concepteurs. Vingt fois plus long que le mythique pont du Golden Gate, ce serpent de béton et d’acier ressemble à une réplique chinoise à la baie de San Francisco, en arrimant fermement Hong Kong au continent. Et comme en Californie, il s’agit d’accoucher d’une Silicon Valley capable de dessiner l’avenir technologique de la seconde économie mondiale.

Le président Xi Jinping a inauguré mardi le plus long pont du monde, reliant l’ancienne colonie britannique ainsi que Macao à la province du Guangdong, survolant les eaux grises du delta des Perles, intégrant ces îles dans une conurbation de 75 millions d’habitants. Il s’agit de l’ouvrage de tous les superlatifs, avec une succession de viaducs à six voies sur 55 kilomètres, capable de résister à des vents de plus de 300 kilomètres-heure, ponctué d’un tunnel sous-marin pour laisser passer les navires de haute mer.

Après une décennie de travaux, employant 50 000 ouvriers, dont plusieurs sont morts à l’ouvrage, et de nombreux retards, le pont chiffré à près de 20 milliards de dollars va enfin ouvrir à la circulation. Mais le numéro un chinois s’est bien gardé de le franchir, pour ne pas attiser les critiques à Hong Kong, où ce projet pharaonique est perçu par beaucoup comme une nouvelle mise au pas de Pékin, grignotant son autonomie.

Déclin
Derrière les prouesses techniques, et les objectifs économiques affichés, le pont a une forte symbolique politique. Après l’inauguration d’une ligne de chemin de fer à haute vitesse la reliant à Shenzhen et Canton le mois dernier, l’île s’intègre un peu plus dans l’écosystème de la Chine rouge, perdant peu à peu son exceptionnalité. Longtemps la porte d’entrée du marché chinois pour les groupes internationaux, Hong Kong avait su affermir sa position de « hub » financier de rang mondial, après le départ des Britanniques et la rétrocession à la Chine, en 1997. Cette situation privilégiée est désormais en déclin, avec la montée en puissance économique continentale, destinant l’ancienne possession de la couronne britannique aux seconds rôles.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 1993, l’économie de Hong Kong pesait à elle seule plus du quart du PIB chinois. En 2017, elle ne représente plus que 3 %. Pire, la ville de 7 millions d’habitants a manqué le virage des nouvelles technologies, alors que les start-up bourgeonnent à Shenzhen, Hangzhou ou Pékin, et voient le secteur de la finance perdre de sa superbe.

Mise sous tutelle
Ce déclin économique relatif se double d’une mise au pas politique implacable depuis la « mobilisation des parapluies », ces manifestations étudiantes réclamant une ouverture démocratique, en 2014. Le Parti communiste a répliqué d’une main de fer multipliant les coups de canif dans le contrat passé avec les Britanniques, garantissant en théorie « un pays, deux systèmes » jusqu’en 2047. L’interdiction d’un Parti prônant l’indépendance comme l’expulsion d’un journaliste du Financial Times ces dernières semaines illustrent la mise au pas de l’île, où le spectre d’une nouvelle « loi de sécurité nationale », encadrant un peu plus les liberté plane. Ces restrictions font suite aux arrestations de libraires critiques du régime et autres « criminels » réclamés par Pékin, bafouant l’indépendance judiciaire de l’île.

Le pont vient rappeler de façon hautement symbolique à la population la mise sous tutelle inexorable de ce rocher transformé en comptoir commercial stratégique par les Britanniques, suite à la « guerre de l’Opium » en 1842, et qui revient dans le giron de l’empire du Milieu aujourd’hui. L’ouvrage l’arrime à la province du Guangdong, locomotive industrielle, qui produit 12 % du PIB chinois, et fer de lance technologique, siège de mastodontes tels Huawei, ou Tencent. Aux yeux de Pékin, la plaque tournante de l’Asie semble destinée à devenir une banlieue huppée de Shenzhen.


Autres titres

Présidentielle : des candidats sollicitent un report !

Deo

Elections en RDC: Martin Fayulu, le candidat de Lamuka, présente son programme

Deo

UN PROJET D’ACCORD ENTRE FÉLIX TSHISEKEDI ET VITAL KAMERHE

Deo

Laisser un commentaire

* By using this form you agree with the storage and handling of your data by this website.

En continuant votre navigation sur ce site, vous en acceptez les conditions générales d'utilisation, et notamment notre politique de gestion des cookies. J'accepte Lire Plus