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Le Nobel de la paix pour Denis Mukwege, gynécologue congolais, et Nadia Murad, militante yézidie

« Leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre » ont été récompensés par ce prix.
Le prix Nobel de la paix a été attribué, vendredi, au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yézidie Nadia Murad, ex-esclave de l’organisation Etat islamique (EI), « pour leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ». L’un gynécologue, l’autre victime devenue porte-parole d’une cause, ils incarnent une cause planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz de marée planétaire #metoo déclenché il y a un an jour pour jour par des révélations de presse sur le comportement du producteur américain Harvey Weinstein.




« Denis Mukwege est quelqu’un qui a dédié toute sa vie à la défense des victimes des violences sexuelles perpétrées en temps de guerre. Sa colauréate Nadia Murad est le témoin qui relate les abus perpétrés à son encontre et d’autres », a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

« La guerre sur le corps des femmes »

 Denis Mukwege est connu pour sa pratique de la chirurgie réparatrice auprès des femmes victimes de viol de guerre en République démocratique du Congo.

L’hôpital de Panzi conçu pour permettre aux femmes d’accoucher en sécurité qu’il a créé 1999 devient rapidement une clinique du viol à mesure que le Kivu sombre dans l’horreur de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) et de ses viols de masse. Cette « guerre sur le corps des femmes », comme l’appelle le médecin, continue encore aujourd’hui. « En 2015, on avait observé une diminution sensible des violences sexuelles. Malheureusement, depuis fin 2016-2017, il y a une augmentation », confiait-il à l’AFP en mars.



Déjà récompensé en Europe, aux Etats-Unis et en Asie pour son action, ce colosse débordant d’énergie à la voix grave et douce a lancé en 2014 un mouvement féministe masculin, V-Men Congo. Depuis 2015, alors que la RDC s’enfonce dans une crise politique émaillée de violences, L’Homme qui répare les femmes, comme le décrit un documentaire sur son combat a dénoncé à plusieurs reprises « le climat d’oppression […] et de rétrécissement de l’espace des libertés fondamentales » dans son pays.

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