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LA RDC LANCE LA FEUILLE DE ROUTE POUR PROMOUVOIR LE CHANGEMENT

La feuille de route nationale de l’appel à l’action pour la protection contre les violences sexuelles basées sur le genre (VBG) a été lancée le mardi 5 mars à Kinshasa au cours d’une cérémonie qui a réuni tous les acteurs humanitaires en RDC. Cette initiative, qui rassemble plusieurs partenaires au niveau mondial, vise à rendre plus actives et consistantes, les actions de protection et de lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre en situation d’urgence humanitaire. Plus particulièrement l’appel à l’action encourage la prise de conscience par l’engagement, la prévention, les mécanismes d’alerte ainsi que la réponse face aux violences. Le but principal de l’appel à l’action est d’entrainer un changement systémique et favoriser la responsabilisation dans le domaine humanitaire afin que chaque effort humanitaire intègre les politiques, les méthodes et les mécanismes nécessaires pour atténuer les risques des violences basées sur le genre. En particulier les violences faites aux femmes, dès le déclenchement d’une crise jusqu’à sa fin, de manière à garantir la sécurité et la qualité des services aux survivants.

Trois objectifs pour la RDC En République Démocratique du Congo, l’appel à l’action entreprend de mettre en place les services et les programmes spécialisés qui soient accessibles à toute personne touchée par toute forme de violence axée, et disponibles dès le début d’une urgence. Intégrer et mettre en œuvre des mesures pour réduire et atténuer les risques des violences à tous les niveaux et dans tous les secteurs de l’action humanitaire dès les premiers stades des situations d’urgence et pendant tout le cycle du programme. Et enfin, intégrer l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles dans les actions humanitaires. Pour réaliser ces objectifs, la RDC retient six domaines prioritaires d’intervention pendant deux ans. Il s’agit entre autres, du renforcement des politiques et normes institutionnelles de lutte contre les VBG et pour l’égalité des sexes, du renforcement de la coordination VBG par un leadership engagé.

A cela s’ajoutent la mobilisation des ressources pour une réponse globale, le renforcement de la mise en œuvre, la qualité des actions de prévention et de prise en charge des VBG dans les initiatives d’aide humanitaire et de développement. En RDC, l’appel à l’action a été introduit dans l’agenda humanitaire par l’UNFPA et la Suède depuis 2017 pour ensuite prendre une forme propre d’initiative nationale fédérant les acteurs de lutte contre les Violences Basées sur le Genre. Dès lors, un élan humanitaire, une initiative globale, holistique et fédératrice a été développée afin d’appuyer, entre autres la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre en RDC. Appel à la solidarité La feuille de route nationale de l’appel à la protection contre les VBG en RDC a été lancée par la Ministre du Genre, Enfant et Famille. Pour Mme Chantal Safou, l’appel à l’action est une initiative de solidarité et de partage aussi, un devoir pour construire ensemble une société plus juste, plus douce et plus humaine. La Ministre invite toute la Communauté nationale à accompagner la mise en œuvre de cette feuille de route. “Je réalise combien nous avons encore à innover, à aller vite et à maintenir une action engagée, pour que l’accompagnement dont nous bénéficions des partenaires, soit effectivement au service des filles et des femmes, victimes aujourd’hui mais véritables héroïnes de demain”, a-t-elle déclaré. Les violences sexistes constituent un frein à l’épanouissement non seulement des filles et des femmes mais aussi à celui de toute une société. Pour la Ministre du genre, l’opérationnalisation de la feuille de route et un meilleur suivi des actions réalisées constituent les prochaines étapes auxquelles elle invite tout le monde à consacrer une attention particulière et des énergies de plus en plus renouvelées. Au nom du gouvernement congolais, la Ministre a salué le leadership du Bureau des affaires humanitaires de l’union européenne ECHO, qui a conduit l’initiative depuis son lancement au niveau mondial et a appuyé l’élaboration de la feuille de route pour la RDC. Occasion également d’encourager le nouveau leadership que le Canada va assurer sur l’appel à l’action ainsi que l’UNFPA et la Suède pour avoir été les pionniers de cette initiative depuis 2017. La société civile CONTRE l’impunité des auteurs des VBG La société civile congolaise à travers le comité national femme et développement (CONAFED), a apporté sa contribution importante à l’élaboration de la feuille de route nationale de l’appel à l’action pour la protection contre les VBG en RDC. La structure reste, par ailleurs, engagée à appuyer l’atteinte des objectifs assignés par la RDC pour les deux ans de l’initiative afin de mettre fin à l’impunité des auteurs, de décourager les mauvaises pratiques telles que l’arrangement à l’amiable. Aussi, à poursuivre la sensibilisation de la communauté à dénoncer les cas de violence sous toutes leurs formes. Non aux VBG en situation humanitaire Le lancement de la feuille de route nationale réunit plus de 77 acteurs au niveau national. Ces acteurs se sont engagés avec leurs outils et leur plus-value pour matérialiser cette initiative sur terrain. Pour l’UNFPA, la conjonction des forces autour de l’appel à l’action donnera plus d’impact sur le quotidien des femmes et des filles en situation humanitaire. Pour le Représentant de UNFPA, la RDC est un contexte idéal pour concrétiser cette initiative compte tenu de son expérience, d’une société civile forte, des champions et championnes et d’un engagement fort du gouvernement. “Nous avons en RDC des expériences à partager avec le monde. C’est donc naturel que nous soyons parmi les tout premiers pays à faire une appropriation nationale et un lancement national”, a soutenu Dr Sennen Hounton. Promouvoir le changement Le Canada prend au lancement de la feuille de route nationale de l’appel à la protection contre les violences basées sur le genre, les rênes de cette initiative jusqu’à 2020 en RDC et au niveau global, vu sa politique féministe avec l’engagement pour l’égalité du genre et la masculinité positive. Son ambassadeur en RDC s’est dit heureux de reprendre le flambeau de “l’appel à l’action”. Comme chef de file, Nicolas Simard a indiqué que son pays va, notamment continuer à promouvoir le changement, fournir les services complets aux victimes. “Nous avons l’obligation d’agir ensemble”, a renchérit le diplomate canadien. Il a, ensuite, souligné l’engagement de l’UNFPA et du gouvernement qui cadre avec les nouvelles priorités définies qui visent la promotion de l’égalité du genre comme gage de paix. Nicolas Simard a déploré le fait que les risques de violences sexuelles et sexistes augmentent de manière expansive. Selon lui, la majorité des victimes sont des filles et des femmes, et les garçons ne sont pas exemptés. Le canada a dénoncé qu’à ce jour il n’y pas d’impunité moins encore de réparation à l’endroit des victimes. Pour sa part, le représentant du Bureau des affaires humanitaire de l’Union européenne a salué le lancement de “l’appel à l’action” en RDC. Cela témoigne de la volonté de tous les acteurs à travailler ensemble pour faire progresser la lutte contre les VBG. L’UE reconnait les efforts des autorités de la RDC et du Canada qui font de la lutte contre les VBG, une priorité politique. “Nous sommes disposé à vous soutenir et nous restons engagée pour travailler en étroite collaboration”, a affirmé Thomas Dehermann-Roy. Il a rappelé que plusieurs activités ont été organisées dans le cadre de “l’appel à l’action” où 500 personnes ont été touchées. Cette initiative a conduit à des résultats sur terrain. Prise en charge des victimes et survivantes Bien avant le lancement de la feuille de route de “l’appel à l’action” à la protection pour les VBG, un panel d’experts de la société civile, du gouvernement, des organisations internationales sur les enjeux de la mise en œuvre de cette initiative par rapport à la prévention des violences, a eu lieu.. Tous ont reconnu l’ampleur des VBG dans la société et ont souligné la nécessité de prévenir ces violences et de réduire les risques. Il faut que le fonds de réparation soit une réalité. Pour cela, la collaboration avec le ministère de la Justice est très souhaitée. Pendant ce temps, la prise en charge des victimes est très importante pour les bailleurs de fonds qui estiment qu’il faille travailler sur l’accès aux soins de qualité et se focaliser sur le traumatisme lié aux conflits. Malgré les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux qui existent, les défis demeurent énormes. Cette feuille de route est appuyée par l’UNFPA et ECHO. Mathy Musau


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