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July 7, 2020
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La RDC célèbre ses 60 ans d’indépendance, soixante ans de continuité sans rupture

L’arrivée de Felix Tshisekedi au pouvoir avait suscité beaucoup d’émotions au sein d’une population qui attendait le changement depuis bien longtemps. Rares étaient les scènes de liesse, mais elles étaient justifiées d’autant plus que le camp du Front Commun pour le Congo (FCC, kabiliste) était donné favori pour des raisons évidentes. Très peu sont les observateurs qui avaient projeté la victoire d’une frange de l’opposition compte tenu du fait que le candidat du FCC bénéficiait du soutien de Joseph Kabila, qui non seulement avait disposé les moyens de l’Etat pour la campagne électorale de son dauphin, mais ne cachait pas non plus son intention de maintenir le statu quo. L’annonce de Félix Tshisekedi comme vainqueur avait donc surpris.

Malheureusement, il ne fallut pas attendre longtemps pour se rendre compte que le nouveau pouvoir n’était pas du tout l’exception tant souhaitée. En effet, l’actuel locataire du Palais de la Nation ne s’est point démarqué de la majorité de ses prédécesseurs. Comme eux, il est hanté par le même problème: Son pouvoir souffre d’illégitimité. La crise de légitimité est justifiée par le fait que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a toujours pas affiché les résultats dans le détail tel qu’exigé par la loi. Bien des sources crédibles, telle que l’Eglise catholique du Congo, ont soutenu que l’élection présidentielle n’ était  remportée par Félix Tshisekedi. Cette opinion est davantage renforcée par l’attitude hautaine des cadres du FCC qui ne cessent d’humilier leur allié, Félix Tshisekedi.  

En démocratie, le seul détenteur du pouvoir, c’est le peuple. En tant que souverain primaire, c’est à lui qu’incombe la responsabilité de conférer la légitimité à ses gouvernants. Dans le cas contraire, le pays qui se dit démocratique va droit vers le chaos. Oui, le chaos, c’est justement ce qui se vit actuellement au pays de Lumumba. Environ 16 mois aux affaires, le nouveau pouvoir a fini par dévoiler sa vraie nature. Le peuple peine à savoir qui de Tshisekedi et Kabila dirige le pays. En effet, Joseph Kabila n’a pas laissé libre champ à son successeur à cause des accords dont le peuple ignore toujours le contenu. Cet état des choses encourage l’insubordination de certains ministres et chefs d’institutions à l’ égard de celui qu’ils avaient pourtant présenté au monde comme vainqueur des scrutins de 2018.  

Pendant que les membres de la coalition FCC-CACH s’entredéchirent, l’intégrité territoriale de la RDC n’a jamais été aussi menacée. Sur le plan social, la population attend toujours que le “Peuple d’Abord” se concrétise par des actes. Que dire de l’incohérence dans la gestion de l’actuelle crise sanitaire ayant poussé le Dr. Mukwege et la Cenco à démissioner? Devant cette nième déception, le peuple congolais n’a pas d’autre choix que de mettre fin au système qui pérennise sa misère et freine le développement de son pays.

Force est de constater que, depuis son accession à l’indépendance, la RDC continue à être gérée plus ou moins de la même manière. Ce qui justifie la stagnation dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs décennies. L’histoire nous enseigne que ne se sont succédés jusque-là, à la tête de ce grand pays, que des leaders préalablement choisis, mais faibles sur le plan interne parce que ne disposant pas d’une large assise populaire. Tous ceux qui ont dérogé à la règle n’ont connu qu’un règne éphémère. Pour pérenniser leur pouvoir, Mobutu comme les deux Kabila comptaient sur l’appui extérieur et la répression.

Si les prédécesseurs de Félix Tshisekedi se sont illustrés dans l’oppression en vue de résoudre les problèmes liés à la légitimité, il lui sera difficile de leur emboîter le pas dans ce domaine. Félix Tshisekedi est le fruit de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Un parti vieux d’environ quarante ans, devenu au fil des ans incontournable grâce à sa lutte sans relâche pour l’avènement d’un État de droit. Il est selon le professeur Ndaywel, “le produit d’une mémoire glorieuse, mais il est aussi celui des élections de 2018 mal déroulées”. Si l’actuel pouvoir décidait de réprimer et de s’imposer par la force, il se mettrait à dos la majorité des Congolais, qui ne pourrait tolérer la violence d’un pouvoir qui n’a été accepté que parce qu’il représentait le moindre mal; les congolais étaient prêts à tout accepter pourvu que ce ne soit plus Joseph Kabila. Les forces vives de la nation doivent rester mobilisées, car la coalition qui gouverne le pays porte les germes de sa propre destruction.

Félix Tshisekedi qui peine toujours à établir un véritable rapport de force est pris en sandwich entre le FCC et le peuple. Le FCC veut tout avoir et le peuple n’accepte pas une continuité de l’ancien régime. Après soixante ans d’indépendance, le Congo devrait déjà se mettre sur les pas du développement. Pour ce faire, il est impérieux de rompre avec le cycle d’élections trompe-l’œil. Le mal doit être attaqué à la racine. C’est seulement après que pourra arriver l’exceptionnalisme. Ce pouvoir d’exception n’est plus loin. Lui seul va devoir poser les bases solides pour un Congo grand, beau et fort, tel que rêvé par le très distingué fils du Congo, Patrice Emery Lumumba.

Par Milambu Kiyoyo, politologue, le 30 juin 2020

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