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La Commission électorale congolaise sous le feu des critiques

6 candidatures à la présidentielle en RDC sur 25 ont été invalidées vendredi par la CENI, la Commission électorale nationale indépendante. Et depuis, les critiques pleuvent. Les recalés, bien sûr, et une partie de la presse congolaise et au-delà.
Ainsi pour Le Potentiel à Kinshasa « la RDC se dirige dangereusement vers une crise électorale certaine. Plus de doute, les élections du 23 décembre vont déboucher sur un chaos encore plus redoutable que celles de 2011. »

Et le quotidien kinois de dénoncer une CENI aux ordres du pouvoir : « la majorité présidentielle a été la première à dire que Jean-Pierre Bemba devait être invalidé pour sa condamnation à la CPI dans l’affaire de subornation de témoins. La CENI vient d’exécuter parfaitement cette injonction, en invalidant la candidature du président du MLC. De même, le ministre de la Justice a transmis, le 15 août, une liste des personnalités à invalider pour une détention supposée de la double nationalité. La CENI s’est servie de cette liste, de manière sélective, pour écarter tous les candidats qui ne sont pas en odeur de sainteté avec la majorité. Qu’est-ce à dire ?, s’interroge Le Potentiel. Les élections de décembre sont définitivement compromises. La CENI a bradé sa neutralité et son indépendance. »

Même sentiment pour le site d’information Cas-Info : « pour Joseph Kabila, l’appareil institutionnel se présente comme cette vaste structure dans laquelle les acteurs sont manipulés à sa guise. Il peut ainsi, par sa simple volonté, décider d’y admettre Jean Pierre Bemba, là où Moïse Katumbi est exclu. Puis, attendre le tour suivant pour en exclure à son tour l’ancien vice-président de la république. Tandis que, Muzito et Gizenga, deux leaders du Bandundu, se voient renvoyés dos à dos en dehors de la course présidentielle. Histoire de jeter un peu plus le trouble au sein de leur électorat ? »

En tout cas, constate Le Nouvel Observateur, toujours à Kinshasa, « le sort de Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, et autres, sont actuellement entre les mains de la Cour constitutionnelle. Celle-ci est appelée à jouer clairement son rôle d’arbitre neutre, qui va rendre son verdict sur ce contentieux, sans la moindre pression extérieure. Car il y va de l’avenir même du processus en cours, estime le quotidien congolais. Il est un fait qu’avec l’absence de Moïse Katumbi, empêché de venir présenter sa candidature début août, avec l’invalidation de Jean-Pierre Bemba, deuxième lors de l’élection présidentielle de 2006, le processus électoral entre dans une phase d’incertitude[…]. Le souhait des Congolais est que les élections de décembre soient vraiment des élections démocratiques, transparentes, inclusives et apaisées. Car, conclut Le Nouvel Observateur, l’histoire nous enseigne que la politique d’exclusion a toujours été l’une des causes des conflits et guerres à répétition qu’a connus la République démocratique du Congo depuis son accession à l’indépendance. »

En effet, attention aux retours des violences, prévient pour sa part Afrikarabia : « en verrouillant ainsi le scrutin, Joseph Kabila risque d’enflammer de nouveau le pays. L’opposition, l’Eglise catholique et la société civile ont prévenu que sans scrutin équitable, avec la participation de tous les opposants, la RDC pourrait s’enfoncer de nouveau dans le chaos. Le mouvement prodémocratie Lucha appelle à une mobilisation le 3 septembre et le CLC, le Comité laïc de coordination, pour le 19 septembre. Depuis le début de la crise politique, fin 2016, rappelle Afrikarabia, les manifestations de l’opposition ont été systématiquement réprimées dans le sang, faisant plusieurs centaines de morts. »

Enfin, dans la presse ouest-africaine, haro sur Joseph Kabila

Pour Wakat Séra, « l’homme qui a joué avec les nerfs de tout son monde, adversaires comme zélateurs, a fini par faire croire aux uns et aux autres qu’il pouvait être sensible aux effluves de la démocratie, surtout de l’alternance. Que nenni ! »

« Après la férule du mobutisme, les frasques de Kabila père, le pays va-t-il tanguer encore longtemps sous les dérives dictatoriales de Kabila fils ? », s’interroge L’Observateur Paalga à Ouaga.

Enfin, « le coup de génie de Kabila », s’exclame Ledjely en Guinée. « S’ingéniant à présenter sa non-candidature aux futures élections présidentielles comme la Grande victoire, il en a profité pour déblayer le terrain pour son poulain, Emmanuel Ramazani Shadary. […] Du grand art. »


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