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La Belgique et l’Angola pour des élections inclusives en RDC

e Vice-premier ministre et ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders, vient de boucler une mini-tournée en Afrique qui l’a conduit notamment en Afrique du Sud et en Angola. Comme on pouvait le deviner, le dossier congolais s’est invité au menu de ses échanges avec ses interlocuteurs sud-africains et angolais.

S’agissant particulièrement de l’étape de Luanda, le processus
électoral en cours en République Démocratique du Congo a même été
consigné dans le communiqué conjoint ayant sanctionné sa visite
officielle. On peut y lire noir sur blanc que la Belgique et l’Angola
sont particulièrement préoccupées par les zones d’ombre qui
enveloppent ce processus électoral, à cause singulièrement de la non
application intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, notamment en
ses points relatifs à la décrispation politique et à l’inclusivité du
processus électoral.
Cela sous-entend que pour obtenir des élections réellement libres,
démocratiques et transparentes, Bruxelles et Luanda souhaitent que le
pouvoir en place à Kinshasa se fasse violence pour accorder la liberté
aux prisonniers politiques et d’opinions et autoriser ceux en exil de
rentrer au pays, afin que ceux qui désirent concourir pour la
présidentielle ou la députation nationale et provinciale puissent
exprimer leurs ambitions politiques à travers le dépôt de leurs
candidatures.


L’autre vœu ardent des autorités belges et angolaises est que tous
ceux qui remplissent les conditions d’éligibilité, toutes tendances
confondues, participent au processus électoral. Autrement dit, les
exclusions qui frappent certains, surtout au sein de l’Opposition,
sont très mal vues à Bruxelles comme à Luanda.
Le souci majeur de la Belgique et de l’Angola est que le processus
électoral congolais connaisse un atterrissage en douceur et que le
peuple congolais ait la latitude de désigner, à travers les urnes, en
toute transparence, les futurs animateurs de ses institutions. Comme
déjà souligné maintes fois par plusieurs Etats et organisations tant
internationales qu’africaines, les « autres » redoutent le chaos en
RDC, avec des effets collatéraux en Afrique Centrale et au-delà, dans
l’hypothèse de la non tenue d’élections ou de l’organisation
d’élections non inclusives et transparentes.
Pendant que les hommes au pouvoir à Kinshasa sont tentés de banaliser
les « exclusions » et les « frustrations » liées au processus
électoral et susceptibles de mettre le feu à la « maison commune » des
Congolais, les partenaires immédiats et lointains de la RDC voient les
choses autrement.
Kimp

COMMUNIQUE CONJOINT A L’OCCASION DE LA VISITE OFFICIELLE EN ANGOLA DE
SON EXCELLENCE DIDIER REYNDERS, VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DES
AFFAIRES ETRANGERES DU ROYAUME DE BELGIQUE
A l’invitation de Son Excellence Manuel Domingos Augusto, Ministre
des Relations extérieures de la République d’Angola, Son Excellence
Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires
étrangères du Royaume de Belgique, a effectué une visite officielle en
République d’Angola les 10 et 11 septembre 2018. Cette visite vient
concrétiser la volonté de la Belgique et de l’Angola de renforcer leur
partenariat stratégique dans tous les domaines et d’entretenir une
concertation étroite sur les enjeux de sécurité régionale.
Durant sa visite, Son Excellence Didier Reynders, Vice-Premier
Ministre et Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique, a
été reçu en audience par Son Excellence João Manuel Gonçalves
Lourenço, Président de la République d’Angola.
Les deux Ministres ont exprimé leur satisfaction quant au
développement des relations bilatérales, surtout depuis la récente
visite de Son Excellence João Manuel Gonçalves Lourenço, Président de
la République d’Angola en Belgique, marquées par une amitié
traditionnelle basée sur le respect mutuel.


À cet égard, ils ont décidé de continuer à renforcer les relations
entre les deux pays, notamment en approfondissant le dialogue
politique et en resserrant la coopération dans des domaines tels que
l’agronomie, la santé, l’éducation, l’économie, la justice, la
défense, les mines et les transports dans le cadre de partenariats
réciproques.
Témoignant de la volonté des deux pays d’approfondir les relations
économiques, une conférence sur le diamant a été organisée au cours de
la visite belge, par l’Ambassade du Royaume de Belgique à Luanda et le
Antwerp World Diamond Centre (AWDC), en présence également de Son
Excellence, Diamantino Azevedo, Ministre des Ressources minières et du
pétrole de la République d’Angola.
Lors de leur rencontre, les deux ministres ont signé un mémorandum
d’entente sur la tenue d’une commission mixte, au courant de l’année
2019, entre les responsables ayant les Affaires étrangères dans leurs
attributions. Cela démontre la volonté des deux pays de renforcer
significativement les relations sur le plan politique, multilatéral et
régional.
Les deux ministres ont exprimé leur soutien à la résolution des
problèmes et des conflits qui continuent d’affecter de nombreux pays
et peuples du continent africain, ayant analysé la situation en
République démocratique du Congo (RDC), au Burundi et dans le golfe de
Guinée. Ils sont convenus de se concerter régulièrement sur ces
questions, également en vue de la participation belge au Conseil de
sécurité des Nations Unies en 2019 et 2020.


En ce qui concerne la situation en RDC en particulier, ils ont
réitéré l’importance d’un processus véritablement inclusif qui puisse
aboutir à des élections crédibles, libres et transparentes le 23
décembre 2018, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre et au
calendrier électoral approuvé à cette fin, facteurs indispensables
pour arriver à un résultat accepté par toutes les parties et à une
stabilisation durable en RDC.
Enfin, les deux ministres sont convenus de continuer à travailler sur
des questions internationales d’intérêt commun, telles que la réforme
des Nations Unies, le renforcement du système multilatéral, la lutte
contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
ainsi que la poursuite des objectifs de développement durable (ODD)
dans le cadre d’un nouveau partenariat mondial visant à réduire
l’extrême pauvreté, en particulier en Afrique. La Belgique a informé
l’Angola de son intention de demander le statut d’Etat observateur
auprès de la Communauté des pays de langue portugaise.
Fait à Luanda, le 11 septembre 2018

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