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LA BANQUE CENTRALE DU CONGO S’ENGAGE À PÉRENNISER LA STABILITÉ DU TAUX DE CHANGE EN 2020

La Banque Centrale du Congo (BCC) entend pérenniser “la stabilité actuelle du taux de change” en 2020. C’est du moins ce que révèle le communiqué annuel sur la politique monétaire, publié le vendredi 10 janvier dernier par l’Autorité monétaire.Ce communiqué a été rendu public à l’issue de la dernière réunion ordinaire du Comité politique monétaire pour l’exercice 2019.

Tenue le 10 janvier sous la présidence du Gouverneur de la BCC, M. Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, cette réunion a permis de fixer les orientations de l’année 2020, mais aussi de passer en revue les principaux faits économiques et financiers en 2019 sur l’échiquier national et international. Ci-dessous l’intégralité du communiqué.

FDABANQUE CENTRALE DU CONGO COMITE DE POLITIQUE MONETAIREKinshasa, République Démocratique du CongoCOMMUNIQUE ANNUEL SUR LA POLITIQUE MONETAIRE

Le Comité de Politique Monétaire a tenu, ce vendredi 10 janvier 2020, sa dernière réunion ordinaire pour l’exercice 2019, sous la Présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.A cette occasion, le Comité a passé en revue les principaux faits économiques et financiers aux plans extérieur et intérieur ayant marqué la conduite de la politique monétaire au cours de l’année 2019 avant de s’appesantir sur les orientations ad hoc pour l’année 2020.

* Au plan extérieur

L’année 2019 a été marquée par un ralentissement de l’activité économique mondiale avec un taux de croissance établi à 3,0 % contre 3,6 % enregistré en 2018, soit un creux jamais atteint depuis la crise financière internationale de 2008. Cette contraction est consécutive non seulement, aux facteurs conjoncturels dont notamment l’augmentation des obstacles aux échanges commerciaux et les tensions géopolitiques, mais également, à des facteurs structurels tels que la faiblesse de la productivité et le vieillissement de la population, particulièrement dans les économies avancées.Dans les pays émergents et en développement, la croissance a enregistré une baisse de 0,5 point par rapport à 2018, se situant à 3,9 %. Cette situation est la conséquence du recul de l’activité économique dans toutes les grandes régions, à l’exception des pays émergents et en développement d’Europe. En Afrique subsaharienne, la croissance se maintiendrait à 3,2 % en 2019, en sus de faibles résultats que devraient continuer à enregistrer les trois principales économies de la région.S’agissant des cours des matières premières exportées par la RDC, ils ont globalement affiché des baisses, d’une année à l’autre, avec une contraction importante du cours de cobalt de plus de 47,2 % en 2019, en raison globalement de la baisse de l’activité dans les industries manufacturières en Chine, grand consommateur des produits miniers congolais.

* Au plan intérieur

En 2019, il s’est observé un fléchissement de l’activité économique, attesté par un taux de croissance de 4,6 % revenant de 5,8 % en 2018. Bien que moins dynamique par rapport à l’année précédente, cette croissance reste supérieure à la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne, estimée à 3,2 % par le FMI. Ce résultat est attesté par l’évolution du solde brut d’opinions des Chefs d’entreprises, lequel a connu un recul par rapport à l’année précédente, en raison principalement de la faiblesse de la demande intérieure.S’agissant du marché des biens et services, il a été noté une évolution erratique des prix intérieurs, avec un pic d’inflation mensuel de 0,59 % en décembre, en hausse de 0,19 point par rapport au mois précédent. En dépit de cette évolution, le rythme de croissance de l’IPC en 2019 a confirmé la poursuite de la désinflation. Ainsi, de 7,2 % en 2018, le taux d’inflation s’est établi à 4,58 % en 2019; niveau largement en deçà de l’objectif de moyen terme de 7,0%.

Au plan des finances publiques, l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est soldée par un déficit annuel de CDF 564,8 milliards en 2019 plus important que celui de 203,2 milliards, enregistré l’année précédente. En effet, les recettes publiques se sont établies à CDF 7.008,2 milliards en 2019 contre 7.086,6 milliards et les dépenses à CDF 7.573,0 milliards venant de 7.289,8 milliards en 2018.Pour ce qui est du secteur extérieur, la stabilité observée sur le marché des changes au cours des dix premiers mois a connu quelques turbulences à partir de fin novembre 2019. Ainsi, d’une faible dépréciation moyenne mensuelle de 0,02 % enregistrée au cours de cette période, la monnaie nationale a affiché une dépréciation mensuelle de 0,57 % et 0,54 % en novembre et décembre, portant le taux de dépréciation cumulé fin période à 2,23 % à l’interbancaire. Le même trend observé sur le marché parallèle explique le taux de dépréciation cumulé de 2,94 %.

En effet, les taux indicatif et parallèle se sont fixés à 1.672,9 CDF/USD et CDF 1725,6 contre respectivement CDF 1.635,6 et CF 1.675,0 à fin décembre 2018.Quant aux réserves internationales, elles ont connu une augmentation, passant de USD 660,03 millions à fin 2018 à USD 1,03 milliard à fin 2019, soit à 5,0 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres. Cette hausse fait notamment suite à l’encaissement d’une Facilité de Crédit Rapide (FCR) de USD 368 millions, dans le cadre du Programme de référence encours avec le FMI.S’agissant de la conduite de la politique monétaire en 2019, elle est restée prudente. L’Institut d’Emission a veillé, comme à l’accoutumée, au contrôle des agrégats monétaires au regard de leurs niveaux programmés afin de préserver la stabilité du cadre macroéconomique.Dans ce contexte, le taux d’intérêt a été ramené de 14,0 % à 9,0 % et l’encours global a été porté à CDF 55,0 milliards à fin décembre 2019 contre 42,5 milliards auparavant, soit une ponction annuelle de CDF 12,5 milliards. Quant à la réserve obligatoire, elle a permis de ponctionner CDF 225,0 milliards bien que ses coefficients aient été maintenus à leur niveau de 2018, à savoir 13,0 % et 12,0 % pour les dépôts en devises à vue et à terme ainsi que 2,0 % et 0,0 % pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme.Cependant, eu égard aux ambitions du Gouvernement d’accéder à un programme formel avec le FMI, appuyé par la Facilité Elargie de Crédit, la Banque Centrale entend maintenir en 2020, son objectif de taux d’inflation de moyen terme à 7,0 %.Pour ce faire, elle entend pérenniser la stabilité actuelle du taux de change. Par ailleurs, le dispositif de fourniture de liquidité à l’économie sera amélioré via le refinancement accordé par voie d’adjudications et par la mise en oeuvre des maturités relativement longues.Les coefficients de la réserve obligatoire devraient globalement rester à leurs 3 niveaux actuels et le bon de la Banque Centrale du Congo sera utilisé pour le réglage fin de la liquidité, à la faveur de la réintroduction dans l’économie nationale, de l’émission des valeurs de l’Etat.Enfin, le Comité de Politique Monétaire exhorte le Gouvernement à poursuivre et à densifier la mise en œuvre de réformes structurelles sous-tendant le Programme avec le FMI appuyé par la Facilité Elargie de Crédit.Fait à Kinshasa, le 10 janvier 2020

Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO Président

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