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Kinshasa: Des us et coutumes un frein pour la dénonciation des violences domestiques par des survivantes

kinshasa

La violence domestique en RDC en général et particulièrement à Kinshasa est comptée en nombre depuis un certain temps. Sept femmes sur dix subissent des violences domestiques sous silence. Les Us et coutumes favorisent parfois le silence des victimes face à cette forme des violences basées sur le genre, selon les témoignages des victimes.

Aya, 36 ans et mère de 4 enfants vient de passer 20 ans dans un mariage difficile avec son conjoint. Victime des violences physiques, ou psychologiques, elle accepté d’endurer juste pour garantir un toit à ses enfants.

« J’ai été engrossée à l’âge de 16 ans alors que j’étais encore adolescente. Obligée de vivre avec mon mari par ma famille, je viens de passer vingt (20) ans jour pour jour dans la souffrance avec mes enfants.
Pour que mes enfants étudient et mangent, je suis obligée de coucher avec leur père même si je n’en ai pas envie », explique-t-elle.

« Mon mari m’utilise totalement comme un poisson c’est d’ailleurs comme ça qu’il me traite quand il fallait faire l’amour, même devant mes enfants.  » Yakopesa Ngayi poisson » (viens me donner le poisson), il me crache ce terme devant les enfants. Nos enfants sont au courant de tout ce qui se passe. Imaginez mon état par la suite, psychologiquement je suis abattue et je ne ressens plus rien sexuellement. Je suis obligée depuis mon jeune âge par ma famille de vivre ce calvaire. J’en meurs silencieusement malgré que, je n’ai pas de choix », regrette-t-elle.

Le cas d’Aya, n’est pas isolé à Kinshasa. D’autres femmes sont aussi dans la même situation qu’elle.  
Cera, âgée aujourd’hui de 33 ans et mère de 6 enfants, évolue également dans un mariage à problème. Suite à cette situation, sa famille a cessée de lui rendre visite.

« L’attitude de mon mari est devenue si désagréable vis-à-vis de moi. C’est généralement la nuit pour l’unique besoin sexuel que je redeviens une femme », révèle-t-elle avec des larmes aux yeux.

« Nombreuses fois j’ai été traitée de femme idiote, réduite à une chose sans valeur à ses yeux. Pour aller plus loin, je ne sers qu’à assouvir ses désirs sexuels et prendre soin de nos enfants. Très jeunes que nous sommes nous n’avons plus le temps de discuter comme un vrai couple », regrette-t-elle.

La ministre congolaise du genre, Béatrice LOMEYA, reconnait que plusieurs femmes subissent des violences conjugales en République démocratique du Congo.
« Les violences domestiques font des nombreuses victimes et plusieurs en meurent sous un silence criant » elle affirme cependant que son Ministère multiplie des actions en faveurs de femmes pour lutter contre toutes formes des Violences Sexuelles et Basées sur le Genre « , explique-t-elle.

Pour Me Jean Pie ILAKA KAMPUSU, les auteurs des violences conjugales restent souvent impunis car les victimes se soustraient de leur droit de porter plainte contre leurs bourreaux.
 » Très souvent, selon lui, la négligence par les femmes d’entamer des poursuites après avoir subi des préjudices est liée aux us et coutumes, au manque des moyens, aux préjugés et particulièrement au lien affectif pour les enfants issus de cette union à problème, pense notre source.

Cependant les violences domestiques laissent derrière elles des conséquences néfastes notamment : les blessures physiques et l’infirmité, le traumatisme psychologique, la dislocation de la famille, la séparation de corps, l’appauvrissement de la femme, la mort subite, la perte de l’estime de soi, l’injustice financière », ajoute-t-il.

« La RDC a déjà avancée à travers plusieurs engagements pris pour éliminer toutes les violences à l’égard de la femme en ratifiant les lois et conventions tels que la déclaration universelle des Droits de l’Homme, la déclaration solennelle sur l’égalité entre les sexes en Afrique en 2004, la convention des Nations Unies sur l’élimination de la discrimination à l’égard de la femme, le protocole de la SADC sur le genre et développement, le protocole de Maputo », selon Me Nkwesso Odjankom Papy.
Il recommande au gouvernement d’appliquer la loi pour faire respecter les droits des femmes dans leurs foyers.

En guise des témoignages des victimes, elles sont plus invitées à briser le silence en dénonçant tout cas de violence domestique dont elles seront victimes.

Gladys EBILE

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