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Kasumbalesa: les autorités refusent à Moïse Katumbi le droit au retour

Les autorités ont refusé à Moïse Katumbi, l’ex-Gouverneur du Grand Katanga, le droit au retour en RDC alors que ce dernier avait annoncé son intention de revenir vendredi dans son ex-fief de Lubumbashi pour y déposer sa candidature à la présidentielle.

A Kasumbalesa, ville poste frontalière avec la Zambie, l’ex-Gouverneur du Grand Katanga a tenté de rentrer en RDC ; une condition obligatoire s’il veut pouvoir participer à la prochaine présidentielle.

Après que son avion s’est vu refuser l’autorisation d’atterrir à Lubumbashi jeudi soir. C’est donc par la route que ce vendredi matin Moïse Katumbi a tenté de faire le forcing pour un retour au pays. Mais là aussi sans succès car la frontière fut fermée et il s’est vu refuser l’autorisation d’entrée. Certaines autorités frontalières ont invoqué le manque de sécurité pour son cortège tout le long du tronçon menant jusqu’à Lubumbashi.

Entouré d’une foule de partisans survoltés, l’ancien Gouverneur du Grand Katanga s’est présenté à la douane zambienne vers 12h00 avant de faire le pied jusqu’au poste de Kasumbalesa, où la frontière était fermée.



« Quand j’étais avec eux j’étais Congolais »

Interrogée au sujet de ce refus par la BBC, l’ex-Gouverneur du Grand Katanga c’est attristé de la situation dans laquelle il se trouvait.

« D’abord j’attendais mon autorisation d’atterrissage [en RDC] qu’ils ne m’ont pas donnée et à Lubumbashi, ils ont dispersé les gens et donc j’avais décidé d’atterrir à Ndola et je fais la route jusqu’à la frontière mais ils ne veulent pas me faire passer de l’autre côté. Et la frontière, pour le moment, est fermée et donc j’attends que l’on puisse ouvrir la frontière comme ça je peux traverser chez moi. C’est vraiment triste. »

Avant de poursuivre sur la rumeur d’une arrestation s’il venait à passer la frontière : « Ils ont dit que j’avais des dossiers au tribunal et me traite de mercenaire et de je ne sais pas de quoi ! Alors pourquoi ils ne veulent pas me faire passer ? Je suis là je rentre chez nous et je serais candidat ! Tout ce qu’ils sont en train de faire s’est de m’empêcher car ils n’ont pas une base juridique pour m’arrêter ! Donc si c’est cela qu’on appelle la justice, je suis désolé… »

Parlant de sa double nationalité Moïse a déclaré que tout cela c’est « des bêtises ».

« Quand j’étais avec eux j’étais Congolais. Et quand ils sont venus me chercher en exil en 2006, étaient- ils venus chercher un italien ou un Libanais ou un Indien ou un Grec ? Parce que quand je suis rentré, je suis passé voir M. Kabila à la présidence de la République… et je me pose la question : alors on doit arrêter Kabila et tous ses ministres doivent démissionner parce qu’ils sont venu me chercher ! »

Avant d’insister sans ambages sa nationalité « Je suis congolais et je suis là avec mon passeport semi-biométrique et je suis en train de retourner avec au pays. »

Situation tendue Kasumbalesa

Les forces de l’ordre ont dispersé des dizaines de militants pro-Katumbi venu l’accueillir à la frontière.

Mais du point de vue des autorités congolaises, on affirme que les activités de la douane se sont déroulées normalement avec, certes, un certain ralentissement à Kasumbalesa mais c’est plutôt Moïse Katumbi qui n’aurait pas obtenu de la douane zambienne l’autorisation d’entrée en RDC pendant plusieurs heures avant de rebrousser chemin vers Ndola où son jet avait atterri quelques heures auparavant.

Mais pour Jean-Pierre Muteba, un membre de la société civile, « Le gouvernement de la RDC a refusé à Moïse Katumbi même le droit de se faire arrêter », a-t-il ironisé.

Par ailleurs, lors de cette journée, les forces de l’ordre ont dispersé des dizaines de militants pro-Katumbi venu l’accueillir à la frontière en tirant en l’air et faisant usage de gaz lacrymogène. Dans la confusion un camionneur tanzanien aurait été légèrement blessé.

Mais selon la police, les échauffourées ont débuté lorsque certaines personnes présentes à Kasumbalesa se sont mises à jeter des pierres sur les forces de l’ordre à la suite du retour de Moïse Katumbi vers Ndola en raison du refus des autorités zambiennes de le laisser poursuivre vers la RDC et les forces de l’ordre n’ont fait que riposter.

« L’ordre public a été troublé avec la présence des jeunes gens venus pour accueillir l’ex-Gouverneur du Katanga qui ont perturbé la circulation. La police a fait usage des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et rétablir l’ordre public », s’est félicité la Police de Kasumbalesa à l’ACP sans faire état d’un quelconque bilan au cours de cette intervention.


AFP 

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