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Jusqu’où ira Jean-Marc Kabund ?

Question pour un champion, spécialiste des questions du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) : Jean-Marc Kabund A Kabund, démissionnera-t-il de son poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale ? Bien devin, qui saurait répondre par un Oui ou un Non, tant l « homme ne s’est pas encore clairement prononcé, après l’expédition punitive des éléments de la Grade présidentielle (GR), le 12 janvier courant à sa résidence.

Homme au cœur de l’actualité politique en RD Congo, à la suite de ces événements, le président ad intérim du parti présidentiel est également sous tous les projecteurs qui illuminent sans faiblir. Jusqu’où irait Jean-Marc Kabund ?

La question est sur toutes les lèvres dans l’opinion, aussi bien à Kinshasa que dans le reste du pays. La toile explose. Les internautes congolais y vont de leurs commentaires. Sur les réseaux sociaux tout y est. Point de scoops pour les professionnels des médias! 

DEUX DECLARATIONS CONTRADICTOIRES

Mais en attendant la décision finale de celui que les militants de l’UDPS ont surnommé « maître nageur »ou 520 gigas, l’opinion retiendra deux déclarations (contradictoire ?) de Jean-Marc Kabubnd. La première, est celle faite (sous l’effet de la colère ?) via un tweet « controversé« , quelques heures seulement après les faits : « En ce jour, je prends la décision de démissionner de mes fonctions de 1er vice-président de l’Assemblée nationale. Ainsi s’ouvre une nouvelle page de l’histoire qui sera écrite avec la sueur de notre front, qui coulera chaque jour qu’on affrontera les brimades, humiliations et tortures« .

La deuxième réaction de Jean-Marc Kabund est celle faite lors de sa dernière sortie, devant un groupe de militants de l’UDPS, massés dans sa somptueuse villa au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete. Ces derniers le suppliaient avec insistance, de revenir sur sa décision.

Et, en réponse à la demande de ces militants du parti, le président intérimaire a semblé donner les garanties de revoir sa décision. « Sans vous, nous ne sommes rien. Vous êtes dans mon cœur et je vous fais confiance. Ceux qui ont planifié ce qui vient de se faire chez moi, leur joie est de courte durée. Je suis convaincu que leur joie est de courte durée. Laissez-moi le temps de réfléchir et je reviendrai pour vous répondre« .

A la lumière de cette déclaration, doit-on dès lors, penser à une volte-face de Jean-Marc Kabund? Sinon, comment comprendre ou interpréter autrement cette promesse du président ad intérim du parti présidentiel à la portion de la base de l’UDPS qui lui a témoigné tout son soutien ? Trêve de supputations, tant il faudrait remettre les pendules à l’heure.

LE VIN EST-IL DEJA TIRE ?

Pour nombre de blogueurs de l’UDPS, Jean-Marc Kabund ne peut plus faire marche arrière. La seule manière pour lui de sortir par la grande porte, c’est de concrétiser sa démarche. Autrement dit, aller jusqu’au bout de décision. Car, inévitablement, il y aura un feed-back du socle du parti qui avait déjà placé au siège même du parti, le week-end dernier, une banderole soigneusement conçue, lui demandant de dégager. Pour quiconque connaît les habitudes à l’UDPS, ce message incisif de la base n’est pas désincarné. Bien au contraire.

De l’avis de plusieurs analystes, Jean-Marc Kabund devrait donc s’assumer. Revenir sur sa décision, bien que non encore formalisée, serait pour lui un signe de faiblesse, dès lors qu’il sait désormais, ce que la base dit de lui. Une base qui, au-delà de toute l’effervescence autour de ce qui s’est passé, reflète ce que pense justement le sommet du parti. Et, c’est ça la constante à l’UDPS. Feus Frédéric Kibassa Maliba, Vincent M’bwankiem Nyaroliem (le vieux lion Yansi) et Marcel Lihau en sauraient bien de leur vivant.

Par ailleurs, les mêmes observateurs estiment qu’à partir du moment où, l’accrochage entre les policiers du cortège de Jean-Marc Kabund et le GR, s’apparente à un choc frontal avec le Chef de l’Etat, le président a.i de commettrait une grosse erreur, au cas où il rétropédalerait. Car, rentrer à l’UDPS (quand bien même qu’il n’aurait pas encore déclaré officiellement son départ), il y reviendrait alors par la petite porte. Moralité, le « maitre nageur » doit s’assumer s’il veut exister politiquement, compte tenu non seulement, de ce qu’il a été dans la grande manœuvre ayant accouché de l’alternance au sommet de l’Etat, mais aussi, au basculement de la majorité à la représentation nationale. Tout dépendra donc de la manière dont il va gérer l’après cette tempête parfaite au parti présidentiel.

KABUND, UNE PAGE DEJA TOURNEE ?

Alors qu’on attend encore l’ultime option de Jean-Marc Kabund, cadres et militants du parti de la très symbolique 11ème rue du quartier résidentiel de Limete, émettent des points de vue discordants. D’un côté, ceux qui le soutiennent. Et, de l’autre, le camp qui conjugue déjà au passé, le président intérimaire du parti banalise la décision de ce dernier. Il s’agit simplement, des cadres et combattants de l’UDPS qui déclarent avoir acté la démission de Jean-Marc Kabund, de la première vice-présidence du bureau de l’Assemblée nationale.

Pour Peter Kazadi, le départ de ce dernier n’impactera en rien, ni le fonctionnement des institutions du pays ni celui du parti au pouvoir au sommet de l’Etat. « Nous sommes un parti de masse. Nous avons connu beaucoup de départs, d’éminentes personnalités qui pensaient qu’après elles, ce serait la mort de l’UDPS. Le parti a d’autres députés pour remplacer« , avait déclaré sur Top Congo, ce haut cadre du parti présidentiel et député provincial de la ville de Kinshasa.

« LE CONGO IRA MIEUX SANS KABUND »

Dans le même registre, le député national Paul Tshilumbu, dans une déclaration au média en ligne 7sur 7.cd, considère la démission de Jean-Marc Kabund comme une fuite en avant au regard de ce qu’il qualifie de mal profond qu’il a causé au parti cher au défunt Etienne Tshisekedi.

« Je crois que la démission, c’est un choix que tout politicien peut opérer. Pour moi, c’est un non-événement surtout que M. Jean-Marc Kabund a fait beaucoup de mal à notre famille politique. Il a fait beaucoup de mal au Président de la république en particulier et à la société congolaise en général. Donc, je crois qu’on ne pouvait plus continuer à aller de scandale en scandale. M. Jean-Marc Kabund occupait une très haute fonction au sein de la hiérarchie de notre pays. Mais, malheureusement, il n’a pas pu prendre de la hauteur par rapport aux fonctions qu’il occupait », fait-il remarquer.

Et d’ajouter : « Je pense qu’aujourd’hui tout le monde connait la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous pensons qu’il est mieux pour notre pouvoir, pour notre régime de faire le nettoyage et je crois que sa démission même, c »est une fuite en avant. Donc, nous pensons que c’est une très bonne chose. Nous attendons qu’il confirme sa démission et je crois que le Congo ira mieux sans Jean-Marc Kabund« .

UN POLITIQUE POPULAIRE QUI DIVISE

Une autre réaction est celle du député national Alphonse Ngoy Kasanji. Après une visite de « compassion » à Jean-Marc Kabund, l’ancien gouverneur de la province du Kasaï-Oriental déclare à haute et intelligible voix, via un tweet: »La disgrâce me semble être établie et que la ligne rouge a été franchie, la nouvelle page s’ouvre avec les nouveaux horizons. L’homme indispensable n’existant pas en politique, on y pourvoira. Restons tous unis autour du Président de la république afin de relever les défis du bien-être de tous« .

Tout bien considéré, si le chef du parti présidentiel a déclaré devant ses partisans vouloir réfléchir encore un peu, « l’ouverture de la nouvelle page de l’histoire annoncée« , constitue un épisode qui marque une nette fracture entre une partie de l’UDPS et le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi. Comme le fait remarquer Christophe Rigaud, « La rupture entre Kabund et Tshisekedi semble plus proche que jamais. Certes, populaire chez les militants historiques de l’UDPS, Jean-Marc Kabund est également une personnalité qui divise. Notamment au sein du cabinet présidentiel qui pilote sous la main le programme gouvernemental« .  

Grevisse KABREL/FA

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