fbpx
congosynthese

Journee internationale des droits de l’enfant : Message du chef d’antenne urbaine de la CNDH ville de Kananga

Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de réaliser pleinement leurs potentialités et de grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité. (Koffi Annan)

Le 20 Novembre de chaque année, le monde célèbre la Journée Internationale des droits de l’enfant, cette journée qui a pour objectif la défense et la promotion de droit de l’enfant est un moment privilégié pour se rendre compte des nombreuses injustices perpétrées contre les enfants dans le monde, elle tente aussi de faire valoir la Convention Internationale des Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989, entrée en vigueur le 02/09/1990 et ratifié par la RDC le 27/09/1990
Cette convention, affirme qu’un enfant ne pas seulement un être fragile qu’il faut protéger, mais une personne qui a le droit d’être éduqué, d’être soigné, d’être protéger quel que soit l’endroit où il est né et se retrouve.

Il a également le droit d’apprendre et de s’exprimer. Cet outil international protégeant les droits de l’enfant est très important, mais insuffisant car il reste beaucoup à faire, pour rendre les droits de l’enfant une réalité.

Ces droits, ne sont réels que dans la mesure où ils sont mis en pratiques pour les enfants comme pour tous.

Et les promouvoir c’est tout d’abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous les enfants puissent y accéder.

C’est à ce prix que les droits de l’enfant seront véritablement acceptés.
Comme l’enfant appartient à une catégorie vulnérable, il a droit d’être spécifiquement protégé sur le plan social, judiciaire et pénal et c’est à l’Etat ce devoir.

C’est dans cette optique que la RDC s’est alignée en consacrant les articles 122.6, 123.16 et 149.5 de la Constitution du 18 Février 2016 aux droits de l’enfant en s’engageant dans la voie de faire de la protection des droits de l’enfant son cheval de bataille, en adhérant outre à la convention sus dite, à la convention n°138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi, à la convention n°182, sur l’interdiction de toute forme de travail des enfants, car l’enfant est un renouvellement de l’être et de la vie.

C’est en référence de cette Constitution qu’un outil national : Loi n°09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l’enfant a été promulgué par le Président de la République en vue de trouver une solution durable aux problèmes de la vulnérabilité dont sont victimes les enfants.

Pour le suivi de ces prérogatives universelles, la RDC sous résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies à tout pays membres, a créé par la Loi-Organique du 21 Mars 2013 la Commission Nationale des Droits de l’Homme, « CNDH » en sigle, une Institution d’appui à la Démocratie, ayant pour objectif la promotion et protection des Droits de l’Homme.

Par sa mission, la CNDH à travers son Antenne Urbaine Ville de Kananga, à cette date commémorative, fait une lecture sombre de la situation de l’enfant en RDC et particulièrement sur la Ville de Kananga, d’où les droits de l’enfant sont systématiquement violés sur le plan social, judiciaire et pénal : parmi les droits fondamentaux ci-après :
Droit à la non-discrimination ;
Droit d’avoir un nom et une nationalité ;
Droit à la Santé, Droit à l’éducation ;
Droit au loisir, au jeu et au repos ;
Droit à la participation ;
Droit à une sphère privée ;
Droit d’être protégé contre la maltraitance,
Droit de vivre avec sa famille ou les personnes qui s’occupent mieux de lui et le
Droit à des soins spécifiques en cas de handicap.
De ce fait, il a été observé que 3 ans après la crise du phénomène KAMUINA NSAPU, une accalmie a régné sur l’ensemble de la province précisément sur la Ville de Kananga.

Cette accalmie s’est manifestée par le non encadrement des enfants issus de la milice KAMUINA NSAPU par le retour de certains déplacés dans leurs Communes et de certains retournés de l’Angola dont un nombre important est rentré au Kasaï Central précisément sur la Ville de Kananga.
Cette crise n’a fait qu’aggraver la situation de la protection de l’enfant. Et à Cela s’ajoute aussi la crise sanitaire liée à la COVID-19, suite à ses mesures barrières prises par les Autorités Politico-Administratives, lesquelles mesures ont ralenti la vie économique et favorisées la recrudescence de cas des violations de droits de l’enfant.

C’est comme ça que cette grande vulnérabilité économique et l’insécurité alimentaire des déplacés, des retournés de l’Angola ainsi que de la Communauté hôte (Kanangaise) ont poussé les familles à adopter les stratégies d’adaptation ayant des conséquences particulièrement néfastes sur les enfants, parmi ces stratégies nous citons :
Les travaux des enfants pour subvenir aux besoins immédiats de la famille (travail de carrière et des petits commerces) ;
Abandon et négligence des enfants qui les entrainent à la mendicité et vivre dans la rue ;
Ces pratiques exposent les enfants à des risques d’abus, des violences et d’exploitation.

Suite au rapport de monitoring fait par la CNDH, à travers son Antenne Urbaine Ville de Kananga, sur la situation des droits des enfants sur la ville, consécutivement à la célébration de la Journée Internationale contre le travail des enfants, célébrée le 20 Juin passé. Le partenaire HCR à travers sa section de protection, a facilité la mise en place d’une équipe conjointe constituée du Ministère Provincial/ Division Provinciale du Genre, de la Division Provinciale des Affaires Sociales, de la Division Provinciale de la Jeunesse, de la Division Provinciale de l’enseignement primaire, secondaire et technique, du Conseil Provincial de la Jeunesse, de la CNR Commission Nationale pour Refugiés, des quelques membres du groupe opérationnel protection de l’enfant et de la Commission Nationale des Droits de l’Homme CNDH, en vue d’évaluer la situation des enfants exposés aux abus et exploitations dans la Ville de Kananga.
Cette activité qui est en cours de réalisation, sert à identifier les causes à l’origine des différents abus et exploitations dont sont victimes les enfants et proposer les pistes de solutions. Afin que l’Etat et ses partenaires s’en approprient chacun selon ses possibilités d’intervention pour améliorer tant soit peu la situation des droits des enfants sur la ville de Kananga.

C’est ici que nous saluons les efforts des partenaires humanitaires qui aident l’Etat dans son pouvoir régalien de la protection de l’enfant.
Mais malgré ces divers efforts, la privation (violation) des droits de l’enfant et sa maltraitance restent une réalité dans la Province et sur la Ville de Kananga, d’où les violations des droits de l’enfant sont très répandues dans tous les milieux de leur vie.
Il relève des données statistiques de toute la population en milieu coutumier et hors coutumier de la ville de Kananga à notre possession que : 966,900 soit 60,87% de la population est constituée des enfants, sur un total de 1,588.336 personnes, population qui couvre la Ville de Kananga (cfr service des statistiques de la mairie de Kananga).
De ces 966,900 enfants :
65% d’enfant qui vivent dans la pauvreté, sont exposés à l’exploitation, aux petits commerces, à la mendicité, aux travaux lourds et accèdent difficilement aux soins de santé et à l’enseignement primaire de base bien que gratuit ;
25% d’enfant sont maltraités et exposés aux abus ;
6,5% d’enfants sont en danger dans un contexte familial dégradé et qui menace leur développement éducatif et/ou matériel qui leur poussent à descendre pour vivre dans la rue ;
2,5% d’enfants qui sont pris en charge par les centres d’accueil et d’encadrement par les centres privés, ne sont pas satisfait du niveau de cette prise en charge ;
1,5% d’enfants sont discriminés et sont à risque d’apatridie. Cas des enfants des retournés de l’Angola et ceux du milieu coutumier.
Ce 20 Novembre, nous donne une fois de plus, l’occasion de lancer un appel

A l’Etat au niveau National Provincial qu’Urbain : de réitérer son engagement dans la protection de l’enfant à tous les niveaux et sur tous les plans.

De trouver sa préoccupation à investir dans l’enfant considéré comme l’oxygène d’un Etat. Disait KOFFI A. qu’un Etat sans Jeunesse (enfant) est considéré comme une société sans oxygène.

Aux partenaires internationaux, nationaux et locaux qui interviennent dans la protection et le bien-être de l’enfant, œuvrant sur la Ville de Kananga, de multiplier leurs efforts dans la protection des droits de cette catégorie vulnérable.

Fait à Kananga, le 20/11/2020

Maitre Louis Joseph MUKENA KANTU KA NJILA Chef d’Antenne CNDH/Kananga

Autres titres

Kasaï-Central : Le gouverneur appelé à installer les conseils locaux de sécurité de proximité

deo

Afrique : La SADC soutien le retrait progressif et échelonné de la MONUSCO en RDC

deo

La RDC au coeur du sommet extraordinaire de la Troika de la SADC

deo

En continuant votre navigation sur ce site, vous en acceptez les conditions générales d'utilisation, et notamment notre politique de gestion des cookies. J'accepte Lire Plus