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Gouvernement : Des Négociations Au Point Mort


Nommé le 20 mai 2019 au poste de Premier ministre  Sylvestre Ilunga Ilunkamba n’a pas encore de cabinet. Les discussions de Mbuela Lodge (Kisantu), dans le Kongo Central, entre des délégués du FCC et du CACH ont accouché d’une souris. Tout comme le groupe restreint qui a poursuivi les négociations au Rotana Kin Plazza, à Kinshasa. On est devant un blocage qui ne dit pas son nom. Telle l’hydre de la mythologie, le compromis s’éloigne chaque fois qu’une lueur d’espoir se profile. D’où, le point mort.

Deux mois après la nomination de Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre, la République démocratique du Congo n’a toujours pas de gouvernement. Une première dans l’histoire politique de la RDC.

Le dernier fait en date remonte aux premières années de l’indépendance lorsqu’à la suite d’une brouille être Patrice- Emery Lumumba et le président Joseph Kasa-Vubu, Mobutu, alors chef d’état-major général de l’armée nationale, a dû intervenir en mettant en place un collège de commissaires généraux. 59 ans après, l’histoire est en voie de se répéter.

Peut-on craindre le recours au schéma de 1960 ? Difficile à dire pour l’instant. Toutefois, dans l’opinion, l’inquiétude commence à gagner du terrain. Une question taraude les esprits : qu’est-ce qui bloque finalement la formation du gouvernement ?

A l’Udps, parti du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, une branche active de « combattants », menée par Fils Mukoko, a projeté une marche le 22 juillet pour réclamer la formation du gouvernement. Les derniers échos en provenance de la permanence de l’UDPS rapportent que la direction politique du parti a étouffé cette initiative. Mais, le malaise est bien visible.

La nouvelle donne

Entre-temps, dans le FCC, la fronde suscitée par l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo, finalement radié de la plateforme politique chère à Joseph Kabila, a davantage compliqué la donne concernant la formation du prochain gouvernement.

Du côté de Premier ministre nommé, c’est encore et toujours le silence-radio. Non associé aux négociations de Kisantu, tout comme celles de Rotana Kin Plazza, Ilunga Ilunkamba est dans l’embarras. Nommé par ordonnance présidentielle depuis le 20 mai 2019, Ilunga Ilunkamba est en train de se tourner les pouces.  Sans son cabinet, son investiture devient une gageure. Il est obligé de prendre son mal en patience. Bloqué dans ses prérogatives réelles du pouvoir, il assiste impuissant à la gestion de la République par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi et son omniprésent directeur de cabinet, Vital Kamerhe.

Pendant ce temps, sur le terrain, la longue attente de la formation du gouvernement commence à agacer. Le départ de l’AFDC-A du FCC, qui réclame désormais la reconfiguration de la majorité à l’Assemblée nationale, aura été lourd de conséquences. C’est toute la carte politique de l’Assemblée nationale qui est en mutation.

Quant aux négociations autour de la formation du gouvernement, elles se sont terminées en eau de boudin. Apparemment, tout est à refaire, apprend-on de la présidence de la République, qui a ordonné aux délégués de revoir leur copie finale. Des sources internes de la présidence de la République indiquent qu’une fois encore le partage des ministères régaliens est la principale pomme de discorde entre le FCC et le CACH. Félix Tshisekedi voudrait en avoir le plein contrôle, sans aucune interférence du FCC. Une option que rejette farouchement le FCC. C’est l’impasse.

Le sort de Sylvestre Ilunga Ilunkamba ?  Son siège n’est pas encore en danger, pensent nombre d’analystes politiques. D’autres, par contre, craignent que la recomposition de rapport de force à l’Assemblée nationale ne change complètement les cartes, au point d’amener le chef de l’Etat à remettre en cause la procédure ayant conduit à la nomination de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Devant la presse, Modeste Bahati positionne déjà l’AFDC-A comme une nouvelle plateforme politique de la majorité parlementaire, à côté du FCC et du CACH. Il attend donc peser de tout son poids dans la formation du gouvernement. C’est dire que, dans les discussions autour de la formation du gouvernement, rien n’est encore bouclé. C’est le retour au point de départ.

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