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Génocide rwandais : vingt-cinq ans de chaos collatéral en République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo (RDC), la mémoire collective retient que le drame de 1994 marque le basculement du pays dans la violence et l’instabilité, dont la pays peine toujours à sortir.

“Les effets collatéraux de ces horreurs n’ont pas épargné mon pays qui a aussi subi des millions de pertes en vies humaines”, a écrit le président congolais, Félix Tshisekedi, dans le livre d’or du mémorial du génocide à Kigali.

Sa visite fin mars a suscité la colère chez certains de ses compatriotes qui accusent le Rwanda et son président de déstabiliser l’est de la RDC pour faire main basse sur ses minerais rares.

Autre grief : les Rwandais auraient le monopole du “business de la compassion”, au détriment des “millions” (les chiffres sont controversés) de victimes congolaises passées sous silence.

Allusion aux centaines de milliers de Hutu rwandais fuyant en 1994 la contre-offensive des Tutsi du Front patriotique rwandais qui ont pris le pouvoir à Kigali après le génocide de leurs frères. Parmi ces Hutu, des civils, mais aussi des génocidaires, ex-soldats des Forces armées rwandaises ou miliciens Interahamwe.

Dans les faits, certains rejoindront au fil des mois des milices hutu congolaises du Kivu contre leur ennemi commun : les Tutsi congolais, ou les Tutsi rwandais ayant fui les massacres de 1959, 1973 et la guerre civile de 1990-94.

Dans un chassé-croisé migratoire, des Tutsi congolais se réfugient à leur tour au Rwanda, qui accueille encore en 2019 plus de cent mille des réfugiés congolais. Aujourd’hui, selon les Nations unies, la milice hutu du Front démocratique de libération du Rwanda compte encore cinq cents à six cents miliciens actifs dans l’est du Congo.

Première guerre du Congo

Fin 1996, le pouvoir tutsi rwandais soutient la rébellion AFDL du chef de guerre congolais, Laurent-Désiré Kabila, avec chacun son but de guerre : éliminer la menace hutu à ses frontières pour le Rwanda, renverser Mobutu Sese Seko pour Kabila, qui prend le pouvoir à Kinshasa en mai 1997. Dans l’est congolais, les forces rwandaises règlent leur compte avec les Hutu, civils compris. Combien de victimes? On parlera de deux cent quatre-vingt mille personnes.

Deuxième guerre du Congo

En 1998, c’est le divorce entre le Rwanda et Laurent-Désiré Kabila. Ce dernier déçoit les Tutsi congolais qui l’accusent de ne jamais avoir évoqué la question des réfugiés congolais au Rwanda. Joseph Kabila non plus. Cette frustration va nourrir la création de milices tutsi, soutenues par Kigali, qui ont agité l’est de la RDC jusqu’à 2013. En réponse, des groupes d’autodéfense “maï maï” se créent, parfois avec le soutien des autorités congolaises. En 2019, le groupe des experts du Congo recense toujours plus de cent groupes armés actifs dans l’est du pays.

Le Rwanda abrite cent dix-sept mille réfugiés congolais, qui se sont soulevés contre leurs conditions de vie à Kibiza début 2018 (onze morts). Et il y a encore 216 857 réfugiés rwandais en RDC, dont une majorité d’enfants nés au Congo, selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

Adiac-congo.com


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