congosynthese

GAMBELA : DES VENDEURS DE FOURNITURES SCOLAIRES CRIENT À LA MÉVENTE !


Sauf ultime modification de calendrier, la rentrée scolaire 2019-2020 en RD Congo est fixée à lundi 2 septembre prochain. Exactement dans six jours. Entretemps, nombre de parents disent ne pas être prêts à envoyer leurs enfants à l’école dès ce lundi, faute de n’avoir pas encore acheté le nécessaire. De leur côté, des vendeurs de fournitures scolaires dans différents marchés de la capitale, soutiennent que les parents les fréquentent au compte-gouttes.

Au Marché “mama Epenge”, communément appelé Marché Gambela dans la commune de Kasa Vubu, les négociants grossistes et détaillants de tenue d’uniforme et autres objets classiques, crient à la mévente. Un refrain déjà plusieurs fois entendu. Et donc, rien de nouveau. Car chaque année en pareille période, il en a toujours été ainsi. Mêmes plaintes! Mais finalement, un plus grand nombre d’enfants reprend le chemin de l’école avec des objets classiques et autres tenues nouvellement achetés.Il est environ midi. Le ciel sur le marché Gambela est maussade. Derrière des étals bourrés de fournitures scolaires, des vendeurs debout, sont aux aguets. Devant eux, les clients sont à compter du bout de doigts. A peine quelques deux, trois personnes qui, visiblement, n’ont aucune intention d’acheter quoi que ce soit. Le bref échange se limite au renseignement sur les prix de différents objets classiques. S’exprimant sous couvert de l’anonymat, une vendeuse comparant la situation actuelle avec celle de l’an dernier, ne cache pas sa désolation. Selon cette dame, les ventes de fournitures et tenues scolaires sont bien faibles cette année. Une situation qu’elle attribue à la conjoncture actuelle du pays. “L’an passé, les ventes ont été assez bonnes comparativement à celles de cette année. Les parents n’achètent presque pas. Tous déclarent ne pas avoir de moyens financiers nécessaires pour préparer, comme il se doit, la prochaine rentrée scolaire “.

PREPARER LA NOUVELLE ANNEE DES LA CLOTURE DE L’EXERCICE PRECEDENT

Pendant que la plupart de parents d’élèves et écoliers de Kinshasa crient à la fauche, bien malins sont ceux qui commencent à acheter les objets classiques dès la clôture de l’année scolaire précédente. Donc, à partir de la seconde moitié du mois de juillet. Question de se mettre à l’abri de la hausse de prix généralement observée sur le marché de fournitures scolaires, à quelques jours de la reprise de cours. “Pour ne pas ressentir le coût, je me suis toujours arrangé pour payer progressivement les objets classiques de mes enfants. En tout cas, je me suis donné la petite peine de me promener souvent avec leurs billets de vacances. Ainsi, au cas où avant la fin de la journée, je me retrouverais avec un peu d’argent sur moi, je n’hésite pas à payer soit une douzaine de cahiers, soit un paquet de stylos. Et finalement, quelques semaines avant le mois de septembre, je réalise que plus rien ne me reste à payer. C’est de cette façon que j’ai toujours préparé la rentrée scolaire “, raconte M John Kelo, la trentaine révolue. Malgré la conjoncture difficile à laquelle ils sont confrontés, les vendeurs de fournitures scolaires au Marché Gambela, dénoncent avec véhémence, le recouvrement forcé de multiples et diverses taxes (tickets, patente, taxe d’exposition, Salongo…) par des agents se réclamant des services de l’Etat. Une pratique que cette catégorie de négociants du Marché Gambela qualifie d’incommodante au regard de leurs bénéfices considérés très maigres.

LA CONCURRENCE DELOYALE DES ECOLES VENDEUSES D’UNIFORME

A la rude réalité du marché, les vendeurs des tenues scolaires de ce lieu de négoces ajoutent la concurrence déloyale que leur imposent la plupart des écoles conventionnées dont les directions se sont muées en vendeuses d’uniforme. “Mes filles étudient dans un lycée de la ville. Et, comme à chaque rentrée scolaire, la direction dudit lycée m’oblige d’acheter la tenue d’uniforme déjà cousue qu’elle vend sur place à un prix parfois deux fois plus que nos tarifs. Il y en a qui vendent l’uniforme à 30$. Ce qui est énorme par rapport à nos bénéficies mensuels. Pourtant, je suis moi-même vendeuse de ce même tissu. Plusieurs fois, nous n’avons de cesse d’interpeller les autorités compétentes pour qu’elles interpelent à leur tour les responsables des écoles qui se livrent à ce commerce. Mais sans succès. Depuis, nous en tant que parents, ne savons plus à quel saint nous vouer “, déplore une quadragénaire, mère de famille et vendeuse d’objets classiques à Gambela.

Tania MUBUADI

Loading...

Autres titres

Goma: 13 militants de la lucha transférés à la prison centrale sur ordre du procureur

Kabumba Katumwa

Rutshuru Nord kivu: Réouverture officielle du bureau de la chefferie de Bwisha ce mercredi 18 septembre par l’administrateur de territoire de Rutshuru.

Deo

RDC: 20 militants de la lucha arrêtés par la police à Goma

Kabumba Katumwa

Laisser un commentaire

* By using this form you agree with the storage and handling of your data by this website.

En continuant votre navigation sur ce site, vous en acceptez les conditions générales d'utilisation, et notamment notre politique de gestion des cookies. J'accepte Lire Plus