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FAILLITE, PAUVRETE VOICI LE PLAN MUZITO POUR REDRESSER LA RDC

Le programme du Nouvel Elan, porté par l’ancien Premier ministre, pour commencer à donner des fruits et ramener le pays à la normalité, s’inscrit sur un horizon de 10 ans (2019-2028). 
*Selon l’élu de Kikwit, le budget de la RD Congo qui, depuis 7 ans, stagne à 4-5 milliards USD, passerait à 8 milliards USD dès 2019 pour atteindre 16,5 milliards USD en ressources propres en 2023.

Sa vision du Congo de demain, c’est dans sa 21ème tribune, intitulée « Perspectives économiques et sociales de la RDC » qu’Adolphe Muzito la décline. Et ce, non sans avoir fait auparavant les états de lieux sans complaisance. Le Premier ministre honoraire note que la RD Congo « est un Etat pauvre et en faillite ». Cet état de faillite et de pauvreté, fait remarquer Adolphe Muzito, a des causes structurelles et historiques. 

Pour Muzito, le maintien du modèle actuel de l’économie de rente extravertie et de cueillette, basé et orienté uniquement sur « l’industrie extractive, risque, à terme, de replonger le pays vers les taux de croissance négatifs du siècle dernier et nous assisterons à l’éloignement de l’objectif de l’émergence déjà utopique pour l’actuel pouvoir. » Le Congolais, affirme le Premier ministre honoraire, « continuera à vivre dans son statut actuel de sous-pauvre, en dessous du seuil de pauvreté, avec 1,40 USD par jour ».
Selon l’économiste Muzito, le programme du Nouvel Elan a l’ambition de sortir la RD Congo de son état de faillite et de pauvreté actuel et le conduire progressivement à l’état d’émergence et de puissance pour le bien-être de ses populations. 
Ce programme, pour la construction et le développement de la RDC, comprend un plan quinquennal et des réformes d’accompagnement. En termes d’objectifs globaux, la vision du Nouvel Elan est de retrouver la stabilité monétaire durable du quinquennat 2007-2011, période où Adolphe Muzito chef du Gouvernement ; revenir à un taux de croissance à deux chiffres, en partant de 7% déjà en 2019…
On explique que l’action politique portée le programme du Nouvel Elan, pour commencer à porter les fruits et ramener le pays et ramener le pays à la normalité, s’inscrit sur un horizon de 10 ans (1019-2029) et s’articule sur deux quinquennats successifs : le quinquennat de la première phase appelée « plan de décollage 2019-2023 », puis le quinquennat de la deuxième phase appelé « plan de croisière 2024-2028 ». Lire ci-dessous, la 21ème Tribune d’Adolphe Muzito. Didier KEBONGO

21EME TRIBUNE D’ADOLPHE MUZITO :
Perspectives économiques et sociales de la Rdc

2.1. Questionnement 
Au regard de l’état de lieux établi dans la première partie de ce programme, quelle est la trajectoire que prendrait la RDC au courant de 5 prochaines années ?
Deux trajectoires sont possibles. Chacune dépendra du pouvoir politique qui sera à la tête du pays.

La première, celle de la continuation du processus de déclin que nous imposera le pouvoir politique en place si celui-ci restait à la tête du pays après le 23 décembre 2018.
La seconde, celle de la reprise et de la construction de la RDC que mon mouvement, le Nouvel Elan propose au pays.

2.2. Problématique du programme
Le Congo, c’est 2.345.000 km² de superficie, ce qui fait de lui le 9ème pays le plus vaste du monde et le 2ème plus vaste d’Afrique, doté des forêts qui s’étendent sur 1 250 000 Km², ce qui représente50% de la forêt africaine. Le Congo, c’est aussi ce sous-continent de plus de 90 millions d’habitants représentant un marché potentiel important avec un taux de croissance démographique annuel moyen de 3,5 %.
Mais, le Congo, c’est aussi ce sous-continent de paradoxes :
-  des terres arables qui occupent une superficie de 80 millions d’hectares, mais exploitées seulement à 10 % ;
-  des terres pâturables qui représentent 87 millions d’hectares, avec un potentiel d’élevage de 40 millions bovins et 54 millions de petits ruminants, mais exploitées seulement à 8,4 % ;
-  un potentiel halieutique de 707 000 tonnes/an, mais exploité seulement à 34 % ;
-  un potentiel hydroélectrique de 100 mille MW, mais exploité seulement à 2,1 %.
Comme nous l’avons constaté précédemment à travers l’état des lieux, le Congo est aujourd’hui un Etat en faillite et à la tête de peloton des pays les plus pauvres du monde, avec :
-  80% du taux de chômage ;
-  70% de la population pauvre vivant avec moins de 1,5$ US par jour dont près de 58% vivant dans l’extrême pauvreté donc incapable de subvenir aux besoins alimentaires ;
-  36% de desserte en eau potable ;
-  10% des voies ferrées opérationnelles ;
-  9% de desserte en énergie électrique ;
-  5% seulement de routes d’intérêt national modernisées 
et macadamisées, soit 3000 Km sur 58000 km ;
-  5 % des routes d’intérêt local entretenues, soit 5 000 
km sur 90 000 km ;
-  aucune route nationale modernisée à 100 % ;
-  un fort taux d’inégalité qui se situe à 38% au niveau national.
Pour une population qui va passer de 90 à 107 millions d’habitants dans les 5 années qui viennent, c’est-à-dire en 2023, il faudra que l’économie génère un PIB de 110 milliards de $US à la fin de 2023 pour que la part du revenu par tête d’habitant atteigne le seuil de l’Afrique subsaharienne, soit 1000 $US par habitant/an, soit 3 $US par jour par habitant/an, avec un PIB qui serait doublé en 5 ans et qui nécessiterait une croissance moyenne de 17 % l’an.
Avec le PIB de 50 milliards de $US fin 2018 pour la RDC, le défi sera d’atteindre un taux de croissance cumulé de 85 %, soit 17 % par an en moyenne dans la période 2019 – 2023 pour atteindre un tel objectif.
Cependant, nous restons conscients que le PIB de la RDC étant financièrement alimenté par les mines, sa croissance est loin d’être socialement inclusive dans la période. Seule la diversification de l’économie résoudra le problème.
La question aujourd’hui est celle du mécanisme générateur ou du plan de construction et de développement à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif, du reste minimaliste et les réformes appropriées qui devraient l’accompagner.
Minimaliste parce que le PIB par tête d’habitant par jour en Afrique subsaharienne est à 4,2 $US, et pour nos voisins de la République du Congo et d’Angola, il était respectivement de 4,2 $US et de 9,0 $US à fin 2016 .
Cette option constitue une alternative aux politiques publiques du régime actuel et impactera positivement sur la situation économique et sociale du pays.
Ainsi, les perspectives économiques et sociales de la RDC dépendent alternativement de ces deux hypothèses ci-après :
-  la première est celle des politiques publiques inchangées qui consisterait à garder les politiques publiques actuelles du régime en place
-  la seconde est celle qui consiste à changer de pouvoir politique à la tête du pays et des politiques publiques au profit d’un pouvoir politique plus progressiste, démocratique et ouvert sur le monde, celui que nous proposons aux congolais aux élections du 23 décembre 2018.

2.3. Perspectives économiques et sociales de la RD Congo en politiques inchangées des kabilistes

Quelle est la vision politique actuelle du pouvoir de Kabila et quelles sont les politiques publiques en cours d’application par son gouvernement ?
Nous assistons :
1) au maintien d’un modèle économique fondé sur une économie de cueillette et assise sur les ressources naturelles ;
2) au maintien de l’Etat Congolais en état de faillite permanent, en autarcie financière et qui continue à présenter une faible capacité d’endettement (13% du PIB) suite à l’abandon du programme de développement des infrastructures et à l’absence d’une stratégie de diversification de l’économie ;
3) à la rupture de la coopération du pays avec les partenaires de la communauté financière internationale à travers la rupture du programme formel avec le FMI et la Banque Mondiale ;
4) au maintien de l’intervention de l’Etat dans l’activité marchande par sa mainmise sur des entreprises publiques en dépit de leur état de faillite, provoquant des arriérés des salaires du personnel actif, le non-paiement des retraités, la non-prise en charge des soins médicaux ;
5) à l’affectation davantage de ressources au profit du train de vie excessif de l’Etat et de ses activités marchandes dans les établissements et entreprises publics en faillite et dans les nouvelles entreprises publiques en création au détriment des financements des infrastructures économiques et sociales, le non-paiement de 25 % du personnel enseignant et une grande des fonctionnaires non payés et même non immatriculés ;
6) aux politiques déflationnistes visant la stabilisation du cadre macroéconomique par la contraction de la dépense publique et donc de la demande globale plutôt que par l’augmentation de l’offre.
Sur base de tels référentiels de gouvernance, nous l’avons déjà indiqué dans notre 20ème tribune-, un quinquennat avec le dauphin de Kabila serait une véritable catastrophe pour l’économie congolaise déjà moribonde.
Ainsi, comme l’indique le tableau n°1 ci-joint, même avec un taux de croissance de 5,4 % (les prévisions de la BCC sont à 4,2% pour 2018), qui est la moyenne annuelle de 7dernières années du pouvoir kabiliste, le PIB passera seulement de 50 milliards $US prévus à fin 2018 à 67,5 milliards en 2023. Ceci, avec une population qui se sera accrue à 106 millions d’habitants à la fin du quinquennat, correspondra à un PIB/habitant de 632$US, soit un revenu par habitant par jour qui s’élèverait à peine à 1,7$US toujours en dessous du seuil de pauvreté. 
En d’autres termes, même avec une rallonge de 5 ans à la tête du Congo, le pouvoir kabiliste ne dispose pas de capacité pour sortir les congolais du seuil de pauvreté.
Le tableau montre aussi qu’avec un PIB qui ne se sera accru que de 35 % en 5 ans, le budget du dauphin de Kabila passera de 4,5 milliards $US actuels à 6,7 milliards $US en termes de ressources internes ; ce qui n’offre que peu de marge de manœuvre pour les investissements qui ne représenteront au total à peine que 7,6 milliards $US en 5 ans.

Tableau n°1. Taux de croissance (de 2000 à 2018)

Source : Compilation rapports BCC
La part réservée à la masse salariale pour les fonctionnaires et autres agents émergeant au budget public passera de 1,5 milliards $US actuels à 2,7 milliards $US en 2023 ; ce qui n’offre que peu de possibilité pour l’amélioration des salaires du personnel public et encore moins la réduction du personnel impayé et non-immatriculé. Le pouvoir kabiliste ne disposera donc pas des ressources pour réajuster à la hausse le salaire de fonctionnaire. 
En outre, l’Etat sera incapable de contribuer à la résorption du chômage des jeunes notamment, objectif qui doit être pourtant la priorité de tout gouvernement du prochain quinquennat.
En lisant attentivement le cadre macroéconomique du FCC, dans le cadre du budget 2019 en discussion, le pouvoir d’achat du personnel public et privé connaîtra une perte du pouvoir entre 2019 et 2021 du fait de l’érosion monétaire programmée (1$US = 1600 FC en 2019 à 1800 FC en 2021).

On constate dans l’exécution du budget 2018, la faible rétrocession aux provinces, 16,55%, la sur-exécution du budget de fonctionnement, 198,04% ; des dépenses imprévues à côté du faible niveau d’exécution du budget d’investissement.
Par conséquent, en voyant les politiques mises en œuvre et les fondamentaux qu’elles symbolisent, voici ce qui nous attend, en cas des politiques inchangées consistant au maintien des kabilistes au pouvoir :
1. Au plan socio-économique :
-  un faible niveau de mobilisation des ressources extérieures ;
-  l’amplification de la récession ;
-  la baisse continue du taux de croissance qui, de 9,5 % en 2014, est descendu jusqu’à 2,4 % en 2016 et qui se maintiendra à-coup-sûr en dessous de 4 % à la fin de l’année 2018 ;
-  la dépréciation continue du Franc congolais qui, de 2015 à 2018, a subi une érosion de 77 %, avec effet l’érosion du pouvoir d’achat des populations en général et des fonctionnaires en particulier, accentuant davantage leur état de pauvreté ;
-  la faillite généralisée des banques commerciales et des entreprises publiques et le dysfonctionnement des banques commerciales, avec pour conséquence notamment l’engloutissement des épargnes des populations ;
-  l’entrée du pays dans la spirale de trois crises : 
o La crise économique et financière alimentant la crise politique en cours, aggravant la crise sociale, qui va à son tour exacerber la crise politique, économique et financière.
o Le chômage des masses qui affecte 80% des jeunes ;
-  la faillite de l’Etat et des entreprises publiques va s’aggraver.
2. Au plan des infrastructures
Le maintien du pouvoir kabiliste signifie aussi que le pays continuera à ne pas se doter des infrastructures de base :
-  Les routes et ponts continueront à se dégrader isolant chaque jour davantage les centres de production avec les centres de consommation que sont les villes ;
-  Les chemins de fer continueront à être ignorés au profit de nos voisins qui continueront à s’imposer comme transporteurs de nos exportations et importations, accentuant davantage la dépendance du pays avec les états limitrophes et partant, la balkanisation du pays ;
-  Les biefs navigables continueront à ne pas être balisés et les ports resteront dans leur état actuel d’abandon et certains comme Matadi risqueront même d’être renvoyés dans les oubliettes de l’histoire ;
-  Les aéroports resteront globalement dans leur état actuel et on continuera à infliger aux voyageurs des taxes injustifiées du genre go-pass et statistiques, sans qu’on ne sache la destination de substantielles recettes que ces taxes génèrent ;
-  Les infrastructures hydroélectriques continueront à se dégrader.
En conclusion, le maintien du modèle actuel de l’économie de la rente extravertie et de cueillette, basé et orienté uniquement sur l’industrie extractive, risque, à terme, de replonger le pays vers les taux de croissance négatifs du siècle dernier et nous assisterons à l’éloignement de l’objectif de l’émergence déjà utopique pour l’actuel pouvoir. Le congolais continuera à vivre dans son statut actuel de sous-pauvre, en dessous du seuil de pauvreté, avec un dollar quarante cents (1,40$US) par jour.

2.4. Perspectives économiques et sociales de la RDC en vision alternative du Nouvel Elan 

2.4.1. Objectifs : 
En termes d’objectifs globaux :
La vision du Nouvel Elan est de :
-  retrouver la stabilité monétaire durable du quinquennat 2007-2011, période où nous avons été Chef du Gouvernement ;
-  revenir à un taux de croissance à deux chiffres, en partant de 7 % déjà en 2019 et en avançant par palier successif d’un point de croissance en plus chaque année jusqu’à atteindre 14 % en 2023, soit 10,6 % en moyenne au courant de 5 prochaines années. Pareil taux de croissance nous permettra de faire passer le PIB de 50 milliards $US en 2018 à 83 milliards $US en 2023, ce qui nous mettra en capacité de d’un PIB par habitant de 500 $US par congolais à un PIB de 750 $US en 2023.
Une telle croissance du PIB sera certes encore insuffisante pour faire émerger le Congo, mais elle permettra d’améliorer le vécu quotidien des congolais qui verraient ainsi leur revenu passer de 1,47 $US/hab/jour actuel à 2,12 $US/hab/jour, alors que, dans l’entretemps, avec une pression démographique de 3,5 % l’an, la population devrait passer de 90 millions d’habitants en 2018 à 107 millions d’habitants en 2023. 
Le congolais quitterait ainsi le seuil de pauvreté dès 2023, et, comparativement aux éléments du Tableau n°6, son revenu en 2023 atteindra celui de l’ivoirien de 2016, mais il restera encore deux fois en dessous de celui de son voisin de Congo Brazzaville.
Au plan budgétaire, les retombées de ces avancées économiques significatives seront les suivantes :
-  le budget de la RD Congo qui, depuis 7 ans, stagne à 4-5 milliards$US, passeraient à 8 milliards $US dès 2019 pour atteindre 16,5 milliards $US en ressources propres en 2023 ; l’impact sur la masse salariale sera perceptible ; en effet, par rapport à 2018, l’enveloppe salariale pourra quasiment doubler en atteignant les 3,2 milliards $US dès 2019 et atteindre 6,6 milliards ; ce qui devrait nous permettre non seulement de régler tous les contentieux sociaux des fonctionnaires NP et NI, mais d’améliorer les salaires et les primes de tout le personnel de la Fonction Publique ;
-  le budget mettra le Gouvernement en capacité de consacrer aux investissements 15 milliards $US sur cinq ans, soit une moyenne annuelle de 3 milliards $US en ressources propres ;
-  la quote-part réservée au fonctionnement des institutions et aux rétrocessions aux provinces sera progressivement améliorée pour atteindre 5,8 milliards $US en 2023.

” En termes d’objectifs sectoriels : 
Pour atteindre et consolider un tel rythme de croissance, il va sans dire que la bonne gouvernance seule ne suffirait pas. Le plan du Nouvel Elan prévoit que le Gouvernement se lance dans une politique des grands travaux d’infrastructures dans le but de :
-  assurer l’intégration économique et consolider la cohésion nationale en faisant de la RD Congo un marché national unitaire et une communauté économique unie et effective, l’objectif étant de briser les enclaves économiques actuelles qui font de la RD Congo un pays balkanisé au plan économique et tributaire des infrastructures et des économies des pays limitrophes ;
-  accroître sensiblement la capacité en fourniture de l’énergie électrique du pays de manière à répondre à la demande des exploitants miniers et aux besoins d’industrialisation du pays, tout en améliorant de manière substantielle la desserte électrique des ménages ;
-  démarrer un programme de construction d’habitats et édifices publics ainsi que de modernisation des villes ;
Ce programme d’infrastructures englobe ce qui suit :
” Au plan de l’énergie électrique :
-  la création de quatre pools de production d’énergie électrique situés à :
o l’Ouest du pays, autour du site d’Inga avec comme objectif majeur : le démarrage de la construction d’Inga III sur financement entièrement garanti par le Gouvernement congolais ;
o l’Est du pays autour du site de Wanye-Rukula avec un premier barrage hydroélectrique de 800 MW ;
o le Centre du pays, sur le site de Katende dont la construction devra reprendre dès 2019 ;
o le Sud du pays, autour de Nzilo et Busange
-  le démarrage de la construction de lignes d’interconnexion dont le dispatching sera situé au centre du pays (Sankuru ?) avec quatre principaux couloirs de rayonnement vers les quatre points cardinaux du pays. 
” Au plan des voies de communication :
-  la construction du port en eau profonde à Banana dès 2019, et la modernisation de deux ports maritimes existants (Matadi et Boma), ainsi que la réhabilitation des biefs navigables maritimes (150 km), fluviaux (16 238 km), lacustres (1 300 km) et la reconstruction de 20 ports fluviaux repartis sur le Fleuve et ses affluents et 4 ports lacustres ;
-  la reconstruction et modernisation de la dorsale ferroviaire existante, parallèlement au démarrage des projet de son prolongement d’Ilebo à Banana en passant par les Villes de Kikwit, de Kenge, Popokabaka et Kimvula, couplé à la construction d’une deuxième dorsale ferroviaire qui partirait de Bunia pour faire jonction avec la dorsale existante, à Ilebo, en passant par Isiro, Kisangani, Ikela, Kole et Sankuru ;
-  la construction de 12 km de routes nationales bitumées, au rythme de 2 400 km/an et la réhabilitation de 9 000 km de routes d’intérêt général et local ; notre objectif étant de relier chaque chef-lieu de nos 26 provinces actuelles par route bitumée et de rendre accessibles tous les chefs-lieux des territoires au départ de leurs chefs-lieux de provinces ;
-  la reconstruction et modernisation d’au moins 5 aéroports aux standards internationaux.

” Au plan de l’éducation et de la santé :
-  le démarrage d’un programme de construction et de modernisation des infrastructures hospitalières et scolaires, l’objectif étant d’avoir, au terme du quinquennat :
o au moins deux établissements de niveau universitairede construits et équipés par province
o 2000 écoles de construites par an ;
o tous les 396 hôpitaux provinciaux et de référence de la RDC réhabilités et équipés et tous les 1006 centres de santé existants construits en matériaux durables et équipés ;
Le Nouvel Elan a donc le projet de transformer en cinq ans la RD Congo en un vaste chantier qui fera massivement appel à l’expertise et au savoir-faire de ses fils et filles. Ce vaste chantier national dont la réalisation devra se prolonger au-delà du quinquennat, mais dont certains projets démarreront dès 2019, devra générer de nombreux emplois qui devraient, à court terme, inverser la courbe du chômage et c’est là l’une de pistes envisagée par le Nouvel Elan pour résorber le chômage de masse qui frappe de plein fouet les jeunes, tout en participant à la réduction de la pauvreté.

” Au plan des secteurs productifs :
Le Nouvel Elan ne tombera pas dans le piège consistant à développer des infrastructures sans que lesdites infrastructures ne soient, à chaque fois, associées à des projets économiques structurants et spécifiques, susceptibles de donner aux populations qui en sont bénéficiaires, un pouvoir d’achat conséquent leur permettant de payer les services desdites infrastructures. En d’autres termes, le Nouvel Elan considère que la construction d’infrastructures dans une région donnée du pays, qui ne soit pas couplé à la mise en œuvre des projets économiques structurants permettant d’exploiter et de rentabiliser lesdites infrastructures, ne peut conduire qu’à doter cette région d’éléphants blancs.
C’est pourquoi, dans le plan de construction et de reconstruction de la RD Congo proposé au travers de cette politique des grands travaux d’infrastructures, le Nouvel Elan associe chaque projet d’infrastructure à un paquet de projets économiques structurants, axés principalement autour du développement et de l’expansion de quatre secteurs productifs, considérés comme moteurs de relance économique susceptible de générer et de porter la croissance voulue et ciblée par les objectifs budgétaires de notre vision alternative de la construction de la RD Congo.
Ces trois secteurs productifs :
-  les mines
-  l’agriculture
-  le tourisme
-  les NTIC
Le Nouvel Elan propose, pour chacun de ces trois secteurs, des plans de relance visant à doter le pays d’une matrice économique intersectorielle fondée principalement, dans ce premier quinquennat, sur le développement de l’industrie extractive comme moteur de croissance.
Dans ces quatre secteurs productifs, le plan vise :
-  la consolidation de la production et l’amélioration des coûts de production des filières industrielles existantes ;
-  la mise en exploitation de nouvelles filières de création et de production des richesses ;
-  l’accompagnement de l’industrie minière dans la réponse à donner par rapport aux défis liés aux enjeux de l’apparition et du développement des véhicules électriques,
-  l’industrialisation accélérée visant à améliorer la valeur ajoutée de nos exportations et à la mise en place d’un tissu industriel interconnecté visant notamment à absorber localement au maximum la part des chiffres d’affaires des multinationales consacrée à l’importation des équipements et des intrants ;
-  la promotion d’un capitalisme populaire axé principalement sur le développement et l’amélioration des cultures vivrières, visant l’émergence d’une classe moyenne au sein des populations rurales ;
-  la relance des cultures industrielles et de l’agro-industrie de façon à retrouver le rang de leader qu’occupait le pays dans les années 1960 sur les marchés mondiaux des produits tropicaux ;
-  le développement d’une industrie touristique qui soit en capacité d’exploiter conséquemment les ressources nombreuses et variées de ce secteur ;
Spécifiquement, il s’agira :
” Au plan minier :
-  faire profiter au pays des retombées de la percée annoncée des véhicules électriques en rapport avec les métaux impliqués dans leursconstruction et développement :
o en faisant relever le niveau de production de cuivre et de cobalt à respectivement 2 millions et 150 milles tonnes à l’horizon 2023, au lieu de 1,1 million de tonnes de cuivre et 85 mille tonnes de cobalt aujourd’hui ;
o en engageant les industriels dans la mise en exploitation, à court terme, des gisements de lithium dans le Tanganyika, du nickel-chrome dans le Kasaï Central et de la bauxite (aluminium) dans le Kongo-Central ;
o en accompagnant la Minière de Kisenge dans la reprise, dès 2019, de sa production de manganèse, à la suite de la remise en service du tronçon de chemin de fer Dilolo-Lobito, seule voie capable de lui assurer un transport à profitde sa production minière ;
o en relaçant les exportations des terres rares du Kivu-Maniema ;
-  lancer le gigantesque projet de la mise en exploitation d’immenses réserves de fer de la Grande Orientale dans l’objectif de :
o financer les grands projets d’infrastructures liés à son développement (port en eau profonde à Banana, Inga III, CHE Wanye-Rukula, dorsale ferroviaire Bunia-Kisangani-Ilebo et prolongement de chemin de fer Ilebo-Banana) avec l’objectif ambitieux d’exporter, à terme, 250 millions de tonne de fer par an ;
o créer un pool industriel à l’Est du pays centré sur le grand projet d’implantation d’une aciérie dotée d’une capacité de production à terme de 10 millions de tonne d’acier par an ; l’aciérie étant alimentée par des éponges de fer qui seront produites grâce au gaz du Lac Kivu et plus tard celui de l’exploitation des blocs pétroliers du Graben Albertine ;
o renforcer le pool industriel du fer par une industrie chimique basée sur la transformation d’une partie des gaz du Lac Kivu en engrais et réactifs chimiques pour l’industrie de l’or notamment ;

” Au plan de l’agriculture, élevage, pêche et pisciculture :

1) en ce qui concerne les cultures vivrières, l’élevage, la pêche et la pisciculture, l’objectif est de doubler, sur la durée du quinquennat, la production des produits vivriers de culture et d’élevage de manière à atteindre le seuil de l’autosuffisance totale ; notamment :
o en finançant les paysans en raison de 700 millions USD par province à vocation agricole ;
o en créant et en finançant des structures d’encadrement et d’assistance qui prennent en charge les exploitants agricoles depuis la mise en œuvre des cultures jusqu’à la commercialisation de leurs productions ;

2) en ce qui concerne les cultures industrielles :
o la prise d’un train de mesures incitatives pour la relance des plantations abandonnées ;
o la création des parcs agro-industriels d’initiative privée ;
o la mise en place d’infrastructures adéquates pour faciliter l’évacuation des produits et l’approvisionnement en intrants agricoles.

” Au plan du secteur du tourisme
L’objectif est de passer d’un effectif actuel estimé à 78 mille touristes/an à 1,5 millions de touristes à la fin du quinquennat. Les actions suivantes sont programmées :
-  la réhabilitation des actifs existants (9 parcs nationaux ; 3 jardins zoologiques, 3 jardins botaniques et 4 musées nationaux.)
-  l’érection de 11 jardins zoologiques et 15 jardins botaniques
-  la construction de 16 musées nationaux
-  l’aménagement, à l’initiative des provinces, de plusieurs sites touristiques, en rapport avec le potentiel touristique local (chutes d’eau, lacs, etc.)
-  financement des réceptacles touristiques (hôtels, restaurants, etc.)

2.4.2. Moyens et stratégies : Nouvelles politiques publiques 
Cette vision tient compte de l’état de lieux précédent qui relève comme premiers défis :
-  la faillite de l’Etat, de ses finances et de son économie publique,
-  l’inefficacité de son action et la perte de son autorité,
-  la faiblesse de la monnaie,
-  le manque d’infrastructures énergétiques et de communication.
Le Nouvel Elan propose de procéder en trois étapes :
1) la quantification de l’ampleur de la faillite :
-  des finances du pouvoir central, des provinces, des entités territoriales décentralisées ainsi que leurs besoins de financement ;
-  des entreprises et établissements publics ;
-  des institutions financières non bancaires ;
-  de la Banque centrale.
2) la négociation d’un plan d’aide internationale et d’un paquet de réformes à engager en vue de la mobilisation des ressources pour faire face à cette situation de faillite.
3) la conclusion d’un programme formel avec les Institutions de Breton Wood (FMI et Banque mondiale).

2.4.3. Perspectives à moyen et long terme de l’économie congolaise en Vision alternative
-  L’identification des priorités en fonction d’un modèle économique intégré pour sortir de l’économie de cueillette actuelle basée sur l’industrie extractive, pour la construction, et non la simple gestion, d’une véritable économie nationale compétitive au niveau international et régional ;
-  L’évaluation des coûts des infrastructures à réaliser ;
-  L’identification des sources de financement :
o Emprunt et ressources extérieures ;
o Partenariat public-privé ;
o Investissement direct étranger ;
o Finalisation des réformes économiques de transformation des entreprises publiques par l’ouverture du capital ;
o Ressources internes.
-  Le minimum de planification et le rôle de l’Etat suivant le principe de subsidiarité.
1. Composantes du programme 
Le programme du NOUVEL ELAN a l’ambition de sortir le Congo de son état de faillite et de pauvreté actuel et le conduire progressivement à l’état d’émergence et de puissance pour le bien-être de ses populations.
Ce programme, pour la construction et le développement de la RDC, comprend un plan quinquennal et des réformes d’accompagnement.
La composante ” Plan ” concerne les investissements à réaliser tandis que le paquet des réformes servira à accompagner ledit plan.

1.1. Le plan
Le Congo est un Etat pauvre et en faillite. Cet état de faillite et de pauvreté, tel qu’établi ci-dessus dans les états des lieux, a de causes structurelles et historiques. 
Les conséquences profondes de cette pauvreté et de cette faillite affectent tous les secteurs de la vie nationale : secteurs politique, économique, financier, monétaire, social, culturel et moral.
Lesdites conséquences, dues à cet état de faillite, sont à leur tour devenues des causes de la faillite, mettant ainsi le pays dans un cercle vicieux tel que les causes et conséquences de son état de faillite s’alimentent mutuellement.
Cependant, la RDC dispose toujours d’importantes opportunités dans tous ces secteurs qui, bien exploitées, constituent des leviers capables de relever les défis de son développement.
L’action politique portée par le programme du NOUVEL ELAN, pour commencer à porter les fruits et ramener le pays à la normalité, s’inscrit sur un horizon de 10 ans, c’est-à-dire de 2019 à 2028. L’action est subdivisée en deux composantes qui intègrent deux quinquennats.

1.2. Le paquet des réformes
Dans la première phase, un paquet des réformes s’avère nécessaire et a pour objectif de créer des conditions de pacification du pays, d’amélioration de la gouvernance, de mobilisation et de gestion des ressources physiques et financières nécessaires au financement du plan.
Il s’agit des réformes visant :
-  les réformes politiques et institutionnelles ;
-  le désengagement de l’Etat de l’activité productive par l’ouverture de ses entreprises publiques aux capitaux privés nationaux et étrangers et la gérer selon le modèle des entreprises privées ;
-  l’amélioration du climat des affaires et des investissements, de la crédibilité de l’Etat et du renforcement de son potentiel fiscal ;
-  la mobilisation des ressources publiques internes et la lutte contre le coulage des recettes publiques ;
-  la mobilisation des ressources auprès des créanciers bi et multilatéraux au profit du Trésor public sous forme de :
o emprunts venant des Institutions financières et des Etats créanciers à long terme ;
o crédits fournisseurs.
-  la mobilisation des ressources des investisseurs privés au profit de :
o partenariat public-privé ;
o sociétés privés BOT, etc.
-  l’attraction des investissements directs étrangers.
Lesdites réformes partent d’un état des lieux de tous les secteurs :
-  Economique ;
-  Social ;
-  Politique et institutionnel ;
-  Culturel, etc.

1.3. Horizon du programme
Le plan s’inscrit sur un horizon de 10 ans et s’articule sur deux quinquennats successifs :
-  Le quinquennat de la première phase appelé ” plan de décollage 2019-2023 ” ;
-  Le quinquennat de la deuxième phase appelé ” plan de croisière 2024-2028 “. 
Les deux phases sont accompagnées des réformes.
Fait à Kinshasa, ce 16 octobre 2018.
Adolphe MUZITO

A SUIVRE : 
POINT III. 
LE PLAN DE CONSTRUCTION ET DE DEVELOPPEMENT DE LA RDC

POINT IV. 
LE PAQUET DES REFORMES D’ACCOMPAGNEMENT DU PLAN

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