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Face à face Ceni-Présidentiables : si Corneille Nangaa écoutait…

Le protocole de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a confirmé, à travers des cartes d’invitation individuelles adressées aux 21 candidats à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018, la tenue d’une séance de travail, ce jeudi entre 11h 10 et 12 h 30, entre ces derniers et le président de cette institution d’appui à la
démocratie, Corneille Nangaa. Chacun de ses invités est prié de se faire accompagner d’un collaborateur. Un seul point est inscrit à l’ordre du jour : « Echanges ».

On peut deviner, compte tenu du contexte, que le menu du jour va certainement être composé des sujets tels que la machine à voter, le
fichier électoral, la sécurisation du processus électoral, des
candidats et des électeurs, le financement des élections, les libertés
d’expression, de manifestation et de réunion, l’accès aux médias
publics, de l’observation des scrutins par les témoins des candidats
et les délégués des ONG tant nationales qu’internationales, etc.
S’agissant particulièrement des sujets qui fâchent, le président de
la CENI n’ignore sans doute pas le trouble que sèment, dans de
nombreux esprits, la machine à voter et la présence, dans le fichier
électoral, de 16,6 % d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales, ce
qui pousse à croire à la participation, aux scrutins, de plus ou moins
dix millions de fictifs.
Si Corneille Nangaa pouvait écouter les critiques qui fusent de
l’intérieur comme de l’extérieur, au sujet d’un support technique dont
la fiabilité n’est pas certifiée, il y aurait déjà renoncé pour
revenir aux bulletins papiers, tel que consigné dans le calendrier
électoral que son institution avait rendu public le 05 novembre 2018.
On rappelle, si besoin est, que des experts aussi bien des partis
politiques que de l’OIF (Organisation Internationale de la
Francophonie), de l’Union Européenne, de l’ONG britannique avaient
émis des réserves pertinentes au sujet des risques des difficultés
d’utilisation de la machine à voter et de l’altération des résultats
par cette dernière.
Il est important de signaler que lors des essais techniques sur la
machine à voter, plusieurs candidats à la présidentielle, aussi bien
ceux validés qu’invalidés, dont Jean-Pierre Bemba, y avaient passé
chacun 5 minutes ou plus. Chacun peut imaginer le timing pour les
Congolaises et Congolais, même cultivés, qui n’ont jamais touché à un
ordinateur, mais surtout, pour les analphabètes.
A propos des électeurs sans empreintes digitales, la demande
pressante de la majorité des candidats à la présidentielle se focalise
sur leur retrait, pur et simple, du fichier électoral car ces
infiltrés non identifiables sont capables de fausser terriblement les
résultats. Pourquoi la CENI persiste-t-elle à maintenir, dans le
fichier électoral, des électeurs qui ont tout l’air de « faussaires »
prêts à être instrumentalisés pour le besoin d’une cause peu noble ?
Au chapitre de la sécurité, des signaux inquiétants sont enregistrés
en Ituri, au Nord-Kivu, au Kasaï et au Nord-Katanga, avec la remise en
selle des forces négatives. La témérité avec laquelle celles-ci
portent des attaques contre les FARDC (Forces Armées de la République
Démocratique du Congo) et les casques bleus de la Monusco (Mission de
l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo),
pousse d’aucuns à s’interroger sur leurs sources de financement et
d’équipement, mais aussi sur la main noire qui peaufine leurs « plans
» de déstabilisation de plusieurs contrées du pays, au point d’y
hypothéquer l’organisation des élections.
D’où l’idée du déploiement d’une force spéciale, par exemple de la
SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) ou de l’UA
(Union Africaine), pour sécuriser le processus électoral, les
candidats et l’électorat, commence à faire du chemin dans certains
esprits. Le spectre d’un « glissement » de calendrier électoral, pour
des raisons sécuritaires, plane sur le processus électoral.
Quant aux entraves sans nombre aux libertés de mouvement, de réunion,
de manifestation et d’expression, en cette période préélectorale,
elles font craindre le musèlement total des candidats autres que ceux
du pouvoir lorsque sera décrétée l’ouverture de la campagne
électorale. Comment avoir des élections libres, démocratiques et
transparentes si les candidats à une charge aussi lourde que la
magistrature suprême du pays ne peuvent critiquer publiquement le
bilan de leurs prédécesseurs aux affaires, ni faire le tour du pays
pour présenter leurs projets de société pour la construction d’un
Congo nouveau ?
Le président de la Ceni ne peut prétendre ne pas voir le décor d’une
campagne préélectorale précoce, avec un seul camp politique ayant le
monopole de la propagande, à l’image du tristement célèbre MPR
(Mouvement Populaire de la Révolution)/ Parti-Etat.
Il est à espérer qu’au cours du face à face de ce jeudi, il va
effectivement se mettre à l’écoute de ses interlocuteurs et de la «
majorité silencieuse », qui ont déjà mis une croix sur la machine à
voter et un fichier électoral pollué, et qui exigent l’égalité des
chances entre candidats pendant la campagne préélectorale comme
électorale.
Kimp


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