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Expulsion des Congolais : la RDC prévoit « une riposte sans pareil »

La RDC accorde un délai de deux mois à tous les pays dont leurs ressortissants ont trouvé refuge sur le sol congolais en vue de leur rapatriement, a annoncé vendredi 12 octobre à Lubumbashi le vice-ministre des Affaires étrangères, Agée Matembo. Environ 180 000 Congolais ont été refoulés de l’Angola ces derniers jours.

La RDC accueille près de 250 000 réfugiés rwandais, 185 000 burundais, 700 000 centrafricains et près de 300 000 sud-soudanais. Elle dit constater que plusieurs Etats ne respectent pas l’accord d’Addis Abeba sur la paix et la sécurité, a déclaré Agée Matembo, de retour de Kampala où il a assisté au sommet des chefs des Etats membres du CIRGL.

« Aujourd’hui, il était question d’aller évaluer. Cinq ans après, nous venons de nous rendre compte que parmi les signataires, il y a des Etats hypocrites. Les Etats qui ont compris que la fin de l’insécurité à l’Est du pays, ce sera la chute économique de leurs Etats respectifs », a-t-il accusé.

Selon lui, ces Etats agissent « en complicité avec leurs frères qui viennent pour insécuriser le pays en pillant nos minerais, en violant nos mamans, nos sœurs et ne prenant tout sur leur passage ».

Il a annoncé une « riposte sans pareil, d’ici deux mois ». Kinshasa a par ailleurs appelé chaque pays, qui avait signé à Addis-Abeba l’accord-cadre sur la paix et la sécurité en RDC et dans la région, à respecter ses engagements.

« Avec ou sans documents, ils nous chassent »

Ces déclarations du vice-ministre des Affaires étrangères interviennent dans un contexte marqué par de nouvelles vagues d’expulsions des Congolais d’Angola. Environ 180 000 Congolais ont été refoulés de l’Angola ces derniers jours, dans des conditions inhumaines.

Les expulsés font état de pillage, d’incendie de leurs maisons, de personnes blessées ou tuées par les forces de l’ordre et des civils angolais. Une dame, arrivée à Kamako au Kasaï jeudi dernier après avoir a vécu en Angola pendant 12 ans, relate avoir vu trois Congolais tués par balle par des militaires angolais à Lukapa :

« Les soldats nous ont expulsés par surprise. C’était des bérets rouges. Ils étaient habillés en rouge. Ils entraient des maisons et prenaient les biens. Nous nous sommes dispersés. Ils lançaient des gaz. Ils tiraient des coups de feu. C’était comme une guerre. Quand ils tiraient, nous nous enfuyions. Et ils profitaient pour emporter les biens qu’il y avait dans nos maisons ».

Selon elle, il était alors impossible pour les Congolais de rester là-bas, après incendie de leurs maison et pillage systématique de leurs biens.

« Ce n’est pas une question de document. Avec ou sans documents, ils nous chassent. Les gens ont perdu beaucoup de choses. Des marchandises, de l’argent. Nous sommes sortis bredouilles. Ils nous ont transporté [à bord des camions de marque] Kamaz jusqu’à la frontière. C’est la souffrance ! », a témoigné cette femme.

Sanctionner les responsables militaires angolais

Ces expulsions massives et inhumaines ont suscité l’indignation de l’ambassadrice des enfants, Solange Ngondha. Elle demande aux dirigeants de ce pays de respecter les droits de l’homme, à la communauté internationale de sanctionner les responsables militaires angolais et au mouvement citoyen Débout Congolais de Sindiki Dokolo de dénoncer à haute voix ces actes barbares et inhumains.


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