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En RDC, le candidat de l’opposition Martin Fayulu dénonce un « hold-up électoral »

Martin Fayulu, Congolese joint opposition presidential candidate, arrives for meeting with Congo's Independent National Electoral Commission (CENI) and observers from the Southern African Development Community (SADC) in Kinshasa, Democratic Republic of Congo, December 28, 2018. REUTERS/Baz Ratner

Sa maison-hôtel du centre-ville de Kinshasa, transformée en siège de campagne, est devenue le quartier général de la riposte à ce qu’il qualifie de « hold-up électoral ». Avec ses équipes, l’opposant Martin Fayulu tente d’organiser sa contre-offensive, persuadé de sa victoire à l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) du 30 décembre 2018.
A la tête d’un petit parti d’opposition, cet ancien cadre d’ExxonMobil n’a néanmoins pas suscité pour l’instant de mouvement de contestation populaire. Il peste contre la Commission électorale (CENI) qui a « inventé des chiffres », proclamant la victoire de son rival de l’opposition, Félix Tshisekedi, avec 38,57 % des voix contre 34,8 % pour lui. « Tshisekedi n’est qu’un paravent de Joseph Kabila qui crée des tensions dangereuses dans le pays », dit-il, fustigeant l’alliance de circonstance nouée à la dernière minute entre le président sortant, dont le dauphin est arrivé troisième, et celui que la CENI a désigné comme le nouvel élu.

Un pacte surprenant, qui a fragilisé la coalition Lamuka (« réveillez-vous ») de M. Fayulu tout en préservant les apparences d’une alternance pacifique, la première de l’histoire du pays. Avec deux ans de retard, Joseph Kabila feint ainsi de quitter le pouvoir à l’issue d’élections.
Les Congolais ont donc pu voter. Ils n’ont pas pu, en revanche, s’assurer que leurs votes ont été respectés. Selon une fuite de données d’abord révélée par le journal sud-africain Daily Maverick, puis par le Financial Times, RFI et TV5 Monde, le véritable vainqueur dans les urnes serait bien Martin Fayulu, avec un score de près de 59 % contre moins de 20 % pour Félix Tshisekedi. Ces documents émaneraient d’un serveur de la CENI et reposent sur près de 86 % des votes.
Des résultats qui coincident à peu près avec les échantillons les plus fiables de la Conférence épiscopale (Cenco), qui avait déployé 40 000 observateurs sur le territoire. Selon un document interne, les résultats de l’Eglise catholique congolaise concluent aussi à l’élection de M. Fayulu, avec au moins 57 % des votes.
Du coup, ce dernier s’est résigné à déposer un recours à la Cour constitutionnelle, réclamant un « recomptage des voix » et l’annulation des résultats publiés par la CENI, au risque de provoquer une invalidation de l’élection, ce qui maintiendrait au pouvoir Joseph Kabila. M. Fayulu attend, sans trop y croire toutefois, tant les institutions ont été remaniées sur mesure par le président sortant.

Ces résultats parallèles, contestés par la CENI et par le camp de M. Tshisekedi, n’ont finalement eu que peu d’écho en RDC. Pour le moment, le simple fait de ne plus voir M. Kabila à la tête de l’Etat suffit à contenir les desseins redoutés de révolte populaire et à accélérer une reconfiguration de la scène politique.


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