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Elections crédibles et inclusives en RDC. Luanda : Kabila face à son destin !

Finalement, le destin est là. Comme avec Shadary, Kabila est de nouveau à la croisée des chemins. Il doit convaincre davantage à l’interne tout comme à l’externe, avant de bien  traverser de l’autre côté de l’histoire, lorsqu’il aura passé, évidemment,  son fanion, après les élections du 23 décembre 2018. S’agit-il d’un piège ou d’une nouvelle opportunité pour laisser des stigmates indélébiles dans les annales ? Matière à réflexion, même s’il n’en a plus beaucoup de temps. De Luanda à New York, en passant par Kinshasa, des félicitations fusent. Alors que des appels à l’organisation des élections crédibles, inclusives et apaisées se multiplient. Le processus électoral en RD. Congo sera, naturellement,   au menu des discussions des Chefs d’Etat  à Luanda aujourd’hui.  Il sera, certainement, invité à poser de nouveaux gestes de bonne foi pour garantir la paix aussi bien dans son pays que dans la Région, après que les élections, voulues inclusives, transparentes et crédibles, aient été organisées, comme prévu, le 23 décembre 2018.

Rattrapage

Plusieurs fois programmé et recalé, le sommet de Luanda serait confirmé pour ce mardi 14  août 2018. João Lourenço, le successeur de Dos Santos, serait sur le point d’officier cette rencontre des Chefs d’Etat aux fins de plancher sur les questions sécuritaires récurrentes  en RD. Congo au Soudan du Sud, en République Centrafricaine  ainsi qu’au Lesotho.

Si, autrefois, lors du raté du 17 juin dernier, le décor avait été légèrement planté. Cette fois, tout a changé. Outre, les anciens hôtes, tels que Paul Kagame, le Président en exercice de l’Union Africaine, Ali Bongo, le Président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso, le Président en exercice de la CIGRL,  d’autres se sont ajoutés.

Aux dernières nouvelles, Edgar Lungu de la Zambie et Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda auraient été également invités à participer aux échanges de ce mardi  à Luanda dont une part importante sera consacrée essentiellement à l’évolution du processus électoral en RD. Congo. Joseph Kabila Kabange, en dépit du geste posé le 8 août dernier, avec la désignation de M. Emmanuel Ramazani Shadary, serait ainsi placé dans l’obligation d’éclairer la religion de ses pairs africains et de la Région, en présence de Moussa Faki Mahamat, le Président en exercice de la Commission de l’Union Africaine, sur la suite du feuilleton lié notamment, à la tenue des élections crédibles, inclusives et apaisées dans son pays, alors que l’usage controversé  de la  machine à voter est encore sujet à caution, le fichier électoral ne fait aucune unanimité et, enfin, la CENI n’a toujours pas subi la cure de jouvence qui était, pourtant, recommandé, depuis le 31 décembre 2016, à la signature de l’Accord de la Saint Sylvestre, tel que conclu sous la barbe des Evêques, au Centre Interdiocésain, à la lisière de la Gombe.

Exercice âpre

Ainsi qu’on peut l’imaginer, l’exercice paraît âpre, si jamais le Président Kabila acceptait de s’y rendre. D’autant que depuis un certain temps, il s’est montré farouchement opposé à toutes sortes de pressions aux allures d’injonctions ou de diktat en ce qui concerne le processus électoral qui relève, de son point de vue, de la souveraineté,   de l’indépendance  et de l’intégrité de tout pays du monde.

Dernièrement, en effet, alors qu’il était face aux Députés et Sénateurs réunis en congrès, le 19 juillet 2018, au Palais du Peuple, il l’avait si bien dit et répété, en présence de tous les Ambassadeurs et Chefs des Missions Diplomatiques accrédité à Kinshasa.

A cette même occasion, Joseph Kabila, loin de compter ses jours à la tête pays, affichait une détermination telle qu’il n’était possible de transiger, ni de tergiverser, quant à la tenue effective des élections dont il considérait le processus comme étant, par ailleurs, irréversible.

Nouvelle donne ?

Comment, dès lors, bouleverser la donne  pour le pousser à plus, sans pour  autant  considérer qu’en tout état de cause, s’il faut écarter la machine à voter ou, même, à la limite, revoir le fichier électoral et redynamiser la CENI, cela pourrait avoir, logiquement, des effets d’entraînement  contreproductifs pour le respect des échéances électorales ?  Pas si sûr d’y répondre, en tout cas. Mais, le moins que l’on puisse dire est qu’à ce stade, rien n’est joué d’avance. Voilà pourquoi, maints analystes parlent d’ores et déjà, d’une rencontre des vérités, d’un moment de nouvelles concessions ou, éventuellement, d’une nouvelle remise des compteurs à zéro. Et, alors, jusqu’où irait Lourenço ? Concrètement, à quoi doit-on s’attendre après Luanda ?

Surprise ?

Rien  n’est pas à écarter d’emblée. Puisque cette rencontre constitue, apparemment, le couronnement de plusieurs rendez-vous manqués. L’on se souviendra à ce sujet qu’après le 17 juin 2018, il y avait aussi Nouakchott, du 1er au 2 juillet. Puis, vint  l’avorton de la visite conjointe de Guterres et Moussa Faki, du 11 au 12 juillet. Que cache, finalement, ce ballet diplomatique observé ces derniers jours ? Un ou deux jours avant la désignation de Shadary, Kabila était à Luanda. Curieusement, vendredi 10 août dernier,  soit deux jours après la désignation de Shadary, Cyrill Ramaphosa a passé nuit à Kinshasa.

Certes, officiellement, il ressort des bribes d’informations et communiqués qu’il était question d’un tour d’horizon sur des questions importantes. Mais, au fond, quelque chose se trame. Laquelle ? Rien ne filtre, en tout cas.  Il est possible qu’aujourd’hui, l’on intercepte tout de même  quelques  nouveaux signes et présages annonciateurs d’un paysage pour le moins différent du jusqu’auboutisme affiché jusqu’ici par  la CENI.

Le tout dépendra, en définitive, de la réponse à toutes les pressions dont la plus singulière est celle de la décrispation du climat politique, avec l’affaire de Katumbi tirée en épingle, pour tout mâter et dérailler le fameux processus.

Crédibilité…

Hier, dans la soirée, le Conseil de sécurité de l’Onu s’est prononcé dans le même sens, en exigeant la tenue des élections crédibles et inclusives. Les Opposants, de leur côté, dans une déclaration conjointe, ont réclamé de vive voix, la présence de Katumbi, s’il faut qu’ils participent, eux aussi,  au processus électoral.  Déjà, Lumbi, l’ancien conseiller de Kabila passé à la Vice-Présidence d’Ensemble pour le changement, lançait un pressant appel à Kabila pour le déverrouillage du processus électoral. Le CLC et la CENCO, en des termes presqu’identiques, réaffirmaient leur attachement à l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre dont les mesures de décrispation constituaient l’épine dorsale. Sur pied le Président Kabila ramera-t-il ?  Seul contre tous ou tenter encore de reculer pour mieux sauter ?

LPM  


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