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Ecoles publiques : la grogne persiste, malgré la paie supplémentaire


Un mois après la rentrée scolaire, le climat est loin d’être serein dans nombre d’établissements scolaires publics de Kinshasa et de provinces.

Malgré les efforts amorcés par le Gouvernement pour revoir à la hausse la rémunération des enseignants, en s’acquittant progressivement de la paie supplémentaire, la grogne persiste. En témoigne la grève déclenchée, depuis le début de la semaine, dans certaines écoles conventionnées catholiques.

Mobilisés comme un seul homme, des bleus – blancs ont gagné la rue hier mercredi 2 octobre dans la commune de la Gombe. Lassées de tourner les pouces sur le banc de l’école, depuis que leurs enseignants ont décidé de croiser les bras, les élèves de l’école primaire du Lycée Bosangani ont improvisé une marche de protestation pour exiger la paie des enseignants et la reprise des cours.

A l’instar de quelques écoles catholiques et officielles de la capitale (collège Boboto, lycée de Kimwenza, Groupe scolaire Mont-Amba…), les enseignants en grève, ne se pointent plus dans des salles de classe, laissant leurs élèves seuls devant le tableau noir. Ainsi, dans leur furie, les bleus – blancs se sont rués sur les grandes artères à la sortie d’écoles. On entendait ces ribambelles d’enfants fredonnés qu’elles voulaient bien étudier et qu’elles tenaient, pour ce faire, à voir leurs enseignants payés, comme ils l’exigeaient.

QU’EST-CE QUI CLOCHE ?

Nombre d’enfants abordés expriment leur ras-le-bol. Certains soutiennent que depuis la rentrée des classes, les cours sont dispensés à la-va-vite, ne leur permettant pas de bien assimiler leurs leçons. D’autres se plaignent de n’avoir suivi des cours que pendant sept jours sur une période d’un mois. D’autres encore déplorent de n’avoir même pas encore eu un devoir à domicile, comme les années précédentes… Les plaintes sont légion.
En général, les élèves se rendent à l’école de bon matin, occupent des salles de classe où les enseignants ne se pointent quasiment pas, et quittent l’école à midi sans avoir étudié, témoigne un activiste des droits de l’homme.”Qu’est-ce qui cloche?”, s’interrogent des observateurs.

“De prime abord, les enseignants ont réclamé la révision à la hausse de leurs salaires, à la faveur de la gratuité de l’enseignement au cycle primaire. Une préoccupation discutée lors de la Table ronde de l’éducation. Depuis fin septembre en effet, cette hausse de rémunérations est effective. Le Gouvernement congolais apure déjà progressivement la paie supplémentaire des enseignants. Qu’il s’agisse des agents réellement payés, des Non payés (NP) et des Nouvelles Unités (NU). A la grande satisfaction des bénéficiaires”, renseigne à Forum des As, un membre du Service de Contrôle et de la Paie des Enseignants (SECOPE).

SUBVENTIONNER L’ENSEIGNEMENT

Loin de se contenter de la révision à la hausse de leurs rémunérations, les enseignants réclament carrément le manque à gagner dû à la suppression de la fameuse contribution des parents. A cela s’ajoutent les frais de fonctionnement des établissements scolaires et autres frais connexes. Or, au regard des données en cours, des observateurs ont l’impression que l’Exécutif n’a pas suffisamment muri sa décision portant gratuité de l’enseignement de base dans les établissements publics, pourtant bien accueillie par les parents d’élèves que pour solder le ” manque à gagner “.

On comprend, dès lors, qu’en décrétant la gratuité de l’enseignement en cette année, les autorités du pays n’ont pas songé à planifier, à bien penser cette gratuité. Bien que constitutionnelle, cette mesure – très saluée dans l’opinion – a encore du mal à être appliquée, vu la modicité des ressources du Trésor public.

Aujourd’hui, s’interroge-t-on, l’Etat a-t-il les moyens nécessaires pour subventionner l’enseignement ? Réalistes, nombre d’observateurs suggèrent que cette mesure – ô combien louable – soit appliquée par pallier, de manière graduelle…

Yves Kalikat
Forum des As
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