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Ebola en RDC : la sous-région menacée!

En Ouganda voisin, les autorités ne cachent plus leurs inquiétudes et redoutent une propagation internationale de la maladie suite à l’insécurité entretenue par des groupes armés

La République Démocratique du Congo fait de nouveau face à un climat d’insécurité entretenu par les groupes armés et miliciens qui donnent lieu aux déplacements massifs des populations de l’Est du pays. Une insécurité qui compromet de plus en plus la riposte amorcée contre l’épidémie mortelle à virus Ebola qui sévit dans cette région et dont le nombre de victimes ne fait qu’augmenter.

C’est notamment le cas dans les territoires de Beni, Butembo et une partie de la province de l’Ituri, jusqu’à susciter des inquiétudes dans certains pays voisins, cas de l’Ouganda, dont les autorités se disent très préoccupées, redoutant une expansion de la maladie.

Selon un reportage réalisé par des confrères de la radio publique allemande sur terrain, l’épidémie menace désormais de se propager à l’Ouganda voisin suite à la vague des réfugiés qui franchissent clandestinement la  frontière. Ces réfugiés fuyant principalement l’insécurité tentent d’atteindre l’Ouganda voisin, par la brousse, avec le risque de pas être interceptés ni testés médicalement par les services de migration ougandais.

Les secours médicaux suspendus !

Pendant ce temps, les milices qui écument l’est de la RDC continuent à s’attaquer aux centres de traitement de l’épidémie à virus Ebola, et même aux personnels soignants !  » Face à de telles attaques, les efforts des secours sont suspendus, en particulier les vaccinations et la recherche de personnes de contact pour les patients Ebola « , a déploré le ministre congolais de la Santé, le Dr Oly Ilunga.  » Cela donne à la maladie le temps de se propager. « , a regretté le ministre.

D’après la radio publique allemande, l’épidémie d’Ebola continue de s’étendre dans l’est de la République démocratique du Congo où environ 1.500 personnes sont infectées, soit une augmentation de 50% depuis fin mars ! Une situation alarmante aggravée  par les attaques attribuées aux groupes armés, qui ont contraint plus de 60.000 personnes à fuir durant cette période. Le personnel soignant est également la cible de ces attaques armées, de même que la population locale dont une partie doute de la présence de l’épidémie à virus Ebola !

D’après les statistiques publiées mercredi dernier par le ministère de la Santé de la RDC, au total, 1.600 cas (1.534 confirmés et 66 probables), 1.069 décès et 442 personnes guéries. Selon ces chiffres, 15 nouveaux cas  ont été confirmés, 14 nouveaux décès ont été confirmés, 1 nouveau cas  a été guéri sans oublier 267 cas suspects répertoriés.

L’activisme des groupes armés décrié

Comme on le voit, la situation sécuritaire au Nord-Kivu surtout à Beni et Butembo,  avec la présence remarquée des groupes armés, rend la lutte contre Ebola encore plus difficile.   » La situation au nord-ouest de Beni nous préoccupe particulièrement « , insiste Kimberley Bennet du Conseil norvégien pour les réfugiés. Cette organisation note que ces dernières semaines, quelque 60.000 personnes ont été poussées à fuir, parce que des groupes armés se battent entre eux depuis fin mars.

Face à ce climat d’insécurité, le ministère congolais de la Santé vient de décider que tous les travailleurs humanitaires soient désormais escortés par les militaires. Une réaction à la récente attaque d’une milice au cours de laquelle un médecin camerounais travaillant pour l’OMS dans le cadre de la riposte contre Ebola a été tué par balle à Butembo en pleine réunion de travail avec ses collègues.

Optimisme de l’OMS

Malgré l’augmentation des cas d’infection sur terrain, l’Organisation mondiale de la santé(OMS) estime que l’épidémie d’Ebola en RDC ne présente pas un danger de propagation internationale. Selon un dernier décompte des autorités sanitaires congolaises,  » 26 nouveaux décès de cas confirmés  » d’Ebola  ont été enregistrés au Nord-Kivu, portant ainsi le nombre de morts à  plus de 1000 cas depuis le début de l’épidémie. Des chiffres alarmants qui illustrent le regain de contaminations de la maladie, malgré la riposte mise en place pour l’endiguer.

Une situation qui commence aussi à inquiéter de plus en plus d’autres pays de la sous-région, quand on sait que la RD Congo partage sa longue frontière avec neuf pays de la sous-région !

Par GKM


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