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DEPART DE MGR LAURENT MONSENGWO DE L’EGLISE DE KINSHASA UN NON-ÉVÉNEMENT, SELON LE PPRD FERDINAND KAMBERE

Pour sa part, Henri Thomas Lokondo soutient qu’” actif ou passif, Mgr Laurent-Monsengwo restera une icône de la vie socio-politique de la RD Congo “

Le pape François a répondu favorablement hier, jeudi 1er novembre, à la lettre de démission du cardinal Laurent-Monsengwo Pasinya, écrite depuis le mois de février de l’année en cours. A Kinshasa, la réponse du Souverain pontife à la correspondance du chef de l’Eglise catholique de Kinshasa, a été diversement commentée. Normal compte tenu du contexte politique actuel du pays, essentiellement dominé par l’organisation des élections générales, prévues le 23 décembre prochain.

C’est donc un Mgr Monsengwo qui quitte l’archevêché de Kinshasa, à quelque 52 jours de la tenue effective des scrutins. Comment ce départ de l’has been de l’évêque métropolitain est-il perçu par le pouvoir de Kinshasa qui l’a toujours considéré comme son véritable opposant en soutane ? A cette question, Ferdinand Kambere, l’un des quatre Secrétaires permanents adjoints du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti au pouvoir, a délié sa langue.
Joint hier jeudi au téléphone par Forum des As, à partir de sa terre natale de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, Fernand Kambere déclare la démission effective de Mgr Lauren-Monsengwo, comme un non-événement pour le PPRD. ” Je crois que la PPRD n’a pas pour mission de surveiller les particuliers ou les organisations dans leurs fonctionnements réguliers. Et dans ce fonctionnement régulier de l’Eglise catholique qui est en train de s’organiser, pour nous ça n’a pas d’effets quelconques. Au sein de notre parti, nous sommes présentement préoccupés par notre programme de préparer nos candidats et nos témoins aux prochaines élections. C’est donc ça, qui nous préoccupe à l’heure actuelle. La renonciation de Mgr Monsengwo à ses charges ecclésiastiques à la tête de l’Eglise catholique de Kinshasa, acceptée ce jour par le Souverain pontife, ne nous concerne en rien “, dit-il sur un ton détendu. 
Comment comprendre que le départ d’un évêque ne puisse intéresser un parti au pouvoir qui l’a toujours considéré comme le porte-étendard de l’Opposition ? A cette question, l’adjoint d’Emmanuel Ramazani Shadary réagit : ” Bon…ce serait malheureux que tout en étant de la Société civile, on se comporte aussi comme opposant. Maintenant, je suis à Butembo. C’est tout ce que nous décrions. Lorsqu’une Association sans but lucratif se mène dans des objectifs politiques, c’est de la confusion. Et la population est troublée par ce genre de comportement. Et, lorsqu’une association de la Société civile, soit-elle une confession religieuse ne se mêle pas dans ceux des politiques, tout se passe bien “.
Est-ce à croire que le départ à la retraite de Mgr Laurent Monsengwo, sonne l’heure de nouveaux rapports Eglise de Kinshasa-Pouvoirs ? Certains y croiraient. Au PPRD, ont reste cependant convaincu que le conflit entre les deux structures n’est que virtuel. ” Ecoutez. Nous avons toujours entretenu de bons rapports avec l’Eglise catholique. A preuve, le Président de la République Joseph Kabila avait été reçu par le pape François. Nos ministres se rendent également au Saint-Siège…Tenez. Les rapports du Gouvernement de la république avec l’Eglise catholique sont au beau fixe. Ce n’est pas à cause d’un individu ou de l’agissement d’un membre de l’Eglise que nos relations peuvent s’altérer”, renchérit Ferdinand Kambere. 
A la question de savoir ce le Pouvoir, en particulier le PPRD, peut s’attendre du nouvel archevêque de Kinshasa, Ferdinand Kambere reste confiant, d’autant plus qu’il n’existe dès le départ, aucun conflit d’intérêt entre l’Eglise et le pouvoir. ” Nous ne pouvons lui (ndlr : Mgr Fridolin Ambongo) souhaiter que plein succès dans sa mission traditionnelle de conduire les brebis. Moi-même qui vous parle, je suis un fervent chrétien catholique. Y compris de nombreux autres membres du parti “, dit-il. Et d’ajouter : “Tous les catholiques n’appartiennent pas à un seul parti politique. On trouve parmi eux, aussi bien des membres de la Majorité présidentielle que ceux de l’Opposition “. 
Fort de cette vérité d’évidence selon laquelle l’Eglise catholique sème à tout vent, Ferdinand Kambere pense qu’aucun pasteur, aucun évêque, ne peut prétendre convertir tous les fidèles de l’Eglise catholique dans l’idéologie d’un seul parti politique. ” Le multipartisme c’est l’acceptation de la contradiction de plusieurs partis politiques. Et la promotion de la démocratie, c’est appeler les gens à une tolérance mutuelle. Dès lors qu’une Eglise appelle les gens à avoir des positions tranchées, c’est ça qui est malheureux “, déplore-t-il. 
Tout bien considéré, Ferdinand Kambere a rappelé la mission traditionnelle de l’Eglise et du parti politique entendu comme forces organisées pour la conquête démocratique du pouvoir. “Notre vision politique reste la reconstruction du pays. Et l’Eglise catholique qui œuvre dans le social, est un partenaire pour nous. Nous la respectons beaucoup “, conclut-il. 

MGR MONSENGWO, UNE ICONE A VIE POUR LA RDC 

Un peu comme le SPA du PPRD, Henri Thomas Lokondo, estime que le départ de Mgr Laurent-Monsengwo ne devrait surprendre personne. Et donc, loin d’être un coup de théâtre, dans la mesure où c’est depuis le mois de février dernier que l’intéressé, s’était conformé au prescrit du droit canon qui oblige à tout évêque diocésain ou métropolitain ayant atteint l’âge de 75 ans, de renoncer à ses charges apostoliques. 
Cependant, Henri -Thomas Lokondo pense que le retrait de Mgr Monsengwo de la tête de l’Eglise catholique de Kinshasa, n’est nullement une raison qui le ferait que ce dernier tombe dans l’oubli collectif. Bien au contraire. Il restera à jamais, un symbole pour le pays. 
” Mgr Monsengwo a fait tout ce qu’il a fait dans sa vie pastorale. Qu’il soit actif ou passif, il restera une icône sur le plan de la mission prophétique qu’il pratiquée depuis plusieurs décennies. Je pense personnellement qu’il sera comme pasteur Toumi au Cameroun. Bien qu’étant déjà à la retraite, son point de vue sur n’importe quelle question d’intérêt national compte toujours. Et ce sera aussi le cas avec Mgr Laurent-Monsengwo qui restera à jamais une icône jusqu’au soir de sa vie. C’est évident. Il a marqué l’histoire pastorale, sociale, économique et politique de la RD Congo”, ponctue Henri Thomas Lokondo.

L’ACCORD DU PAPE REQUIS 

Dans l’une de ses publications antérieures, le quotidien chrétien La croix en France, reprenait une décision du pape, en rapport avec la renonciation des évêques de la Curie romaine et évêques diocésains. Désormais, rappelait la consœur, la démission à 75 ans des évêques et responsables de la Curie devra être acceptée par le pape qui pourra les proroger, explique le pape dans le motu proprio Imparare a congedarsi, publié jeudi 15 février. Par rapport à la tradition, le souverain pontife introduisait ainsi une légère modification des règles du départ à la retraite des évêques diocésains et des hauts responsables de la Curie romaine invités, depuis Paul VI, à présenter leur démission au jour de leurs 75 ans. 
Pour les évêques diocésains, la règle des 75 ans est réaffirmée, mais le pape précise qu’il peut ou non accepter cette renonciation, précisant les dispositions d’un rescrit d’audience du 3 novembre 2014. ” Pour être efficace, la renonciation doit être acceptée par le Souverain pontife qui décidera en évaluant les circonstances concrètes “, établit le nouveau motu proprio Imparareacongedarsi, (Se préparer à prendre congé ” en Italien).
Ce texte précise qu’ ” une fois la renonciation présentée “, la mission de l’évêque diocésain doit être ” considérée comme prorogée jusqu’à ce que soit communiquée à l’intéressé l’acceptation de sa renonciation ou sa prorogation pour un temps déterminé ou indéterminé. C’est le cas avec le cardinal Laurent Monsengwo qui, depuis hier, devient donc archevêque émérite de Kinshasa. La passation de pouvoir et de service a eu lieu à Kinshasa ce jeudi, en présence du Nonce apostolique. Tandis que l’inauguration officielle du ministère de son successeur aura lieu le 25 novembre en cours, à la cathédrale Notre Dame du Congo, précisent des sources qualifiées de l’Eglise catholique de Kinshasa. Grevisse KABREL 


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