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Crise congolaise : ONU et UA, l’Accord du 31 décembre 2016 incontournable

Bien que le Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, l’ai superbement ignoré dans son discours sur l’état de la Nation, le jeudi 19 juillet 2018, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès au Palais du Peuple, en présence de nombreux invités dont des ambassadeurs et chefs des missions diplomatique, l’Accord du 31 décembre 2016 continue de tenir la route, aux yeux de l’ONU et l’UA.
En effet, ces deux institutions ont, dans un communiqué conjoint rendu
public le même jour, exprimé leur vive « inquiétude » quant aux défis
à relever pour renforcer la confiance dans le processus électoral ».

Dans une sorte de réponse indirecte à Kinshasa, qui semble faire fi
des pressions internes et externes exigeant la mise en œuvre intégrale
de ce compromis politique, elles ont clairement souligné que ce deal
politique est l’unique voie de sortie de la crise congolaise.

Non au « glissement » !

Tout en exhortant toutes les parties à l’observer scrupuleusement,
les Nations Unies et l’Union Africaine insistent sur l’application,
par le pouvoir en place à Kinshasa, des mesures de décrispation
politique préconisées par ledit accord, ainsi que le respect des
droits fondamentaux de l’homme et du calendrier électoral. Cela
sous-entend que tous les prisonniers politiques et d’opinions
devraient quitter les prisons où ils purgent des peines injustifiées
et ceux en exil revenir au pays pour participer aux consultations
populaires.
S’agissant de la tenue des élections présidentielle, législatives
nationales et provinciales, l’ONU et l’UA ont rappelé le respect de
l’échéance du 23 décembre de l’année en cours.
Transparence, crédibilité et inclusivité sont les trois critères
retenus pour le bon déroulement des élections, lesquelles devraient
avoir, comme point de chute, le transfert pacifique du pouvoir au
sommet de l’Etat entre le président sortant et entrant. L’idée d’un «
glissement » de calendrier électoral ou de mandat est d’office écartée
du côté de New York et Addis-Abeba, où une nouvelle mise en garde est
lancée à tous ceux qui seraient épinglés comme responsables du blocage
de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral. Même si
cela ne plait pas aux hommes au pouvoir à Kinshasa, les deux
institutions se disent prêtes à sanctionner tous ceux et celles qui ne
veulent pas voir le pays sortir de la crise de légitimité qui frappe
ses institutions et leurs animateurs.

Les donneurs de leçons
de démocratie
incontournables

Il est rappelé à toutes les parties prenantes congolaises que
l’Accord du 31 décembre 2016 est fortement soutenu par les Nations
Unies, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la
Francophonie, la Communauté de Développement de l’Afrique Australe
(SADC), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale et la
Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Dans
le but sans doute de ne pas laisser le flanc aux « faucons » de la
majorité au pouvoir qui manifestent des velléités de sabordage de cet
accord et partant du processus électoral, une plus grande coordination
des actions de la communauté internationale est recommandée par l’ONU
et l’UA à leurs partenaires.
Dans cette de « front commun », il est demandé à la Monusco (Mission
de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo) de
continuer à apporter son appui logistique à la CENI (Commission
Electorale Nationale Indépendante). Une équipe d’experts des
organisations mondiales, continentales et sous-régionales est en passe
d’être mise en place pour l’accompagnement et la surveillance du
processus électoral, comme c’était le cas avec ceux de l’OIF venus à
Kinshasa auditer le fichier électoral.
Le constat à faire au regard de ce type de position est qu’en dépit
du refus des autorités congolaises de voir « l’extérieur » fourrer son
nez dans les affaires internes congolaises, l’ingérence des maîtres du
monde semble incontournable. Et dans leur entendement, toutes les
initiatives visant la bonne tenue des élections en RDCongo n’ont
d’autre mobile que la prévention, pour le grand Congo et l’Afrique,
d’une situation susceptible de virer au chaos. Bref, sourds aux
protestations de Kinshasa, les donneurs de leçons de démocratie ne
semblent pas vouloir lâcher prise.
Le paradoxe veut que pour le financement de ses projets de
développement, en vue d’atteindre l’émergence à l’horizon 2030, le
Congo/ Kinshasa, qui refuse toute immixtion et tout appui financier
extérieur à son processus électoral, aille frapper aux portes des
bailleurs de fonds étrangers. Avec cette politique de « main tendue »
permanente, il va être difficile de décider, tout seul, de son
destin.

Kimp


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