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Crise à l’UDPS : l’avis du prof. Mbata


Chers amis, il existe deux cours de droit qui ne sont pas enseignes dans la plupart des universites francophones. Il s’agit du cours d’interpretation legale et celui d’interpretation constitutionnelle. Le premier est donne au niveau de la licence et le second au niveau de Master. Il va sans dire que toute personne qui a un diplome de licence, de DES ou de doctorat obtenu dans nos universites, n’a pas étudié ces deux matieres, a moins de s’être formee elle-même.

On apprend dans ces enseignements qu’il y a plusieurs méthodes d’interprétation : la methode litterale ou grammaticale a laquelle se limitent de nombreux juristes congolais est la plus ancienne et actuellement dépassée. C’est l’ignorance de ces méthodes d’interprétation qui fait que chez-nous, tout juriste, tout «chercheur en droit» ou tout «analyste politique» dans notre pays se croit outillé et compétent pour interpréter la Constitution ou les textes juridiques. Pour bien mener le débat et le mener avec des armes égales et appropriées, il faudra que  les débateurs connaissent plus que les méthodes d’interprétation littérale ou grammaticale des textes. Je n’entre pas dans ce débat.

La verité est que les Statuts de l’UDPS meritent d’être amendés. Ils n’avaient pas été redigés en tenant compte de la Constitution, la Loi suprême, et ils n’avaient pas prévu le cas où le Président de l’UDPS serait élu Président de la République.

L’interprétation actuelle des Statuts en ce qui concerne l’intérim ne peut pas se faire sans celle de l’art 96 de la Constitution qui crée l’incompatibilité des fonctions du Président de la République avec toute responsabilité au sein d’un parti politique.  Nous aimons tous notre Président de la République, mais on devrait se demander froidement s’il peut donner un mandat pour un intérim de ….5 ans ( un intérim d’une durée exceptionnelle!).

On peut aussi se demander qui va accorder le mandat parce qu’il était élu Président du Parti en 2018 pour 5 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2023 et son mandat à la tête du parti se terminera avant son mandat à la tête du pays.

Dans cette intervalle-là, entre la fin de son mandat au parti et celle du mandat comme Président de la République,  en quelle qualité pourrait-il encore confier un mandat d’intérim. Non, l’intérim est organisé par les textes, les Statuts en l’occurence.  Je n’entre pas dans le débat proposé parce que je le trouve sans objet, une perte de temps qui est pourtant très précieux pour la plupart d’entre-nous. Il n’y a plus débat. Les bons juristes savent tous qu’en dehors des textes légaux, de la coutume et des principes généraux de droit,  la jurisprudence et la doctrine sont aussi des sources de droit.

Pourquoi donc «discutailler» comme nous adorons le faire dans nos pays francophones à partir du moment que les juges ont deja tranché? J’apprends que tous les recours introduits par les avocats de l’UDPS dans le cadre des contentieux des élections des gouverneurs, sénateurs et membres des bureaux des Assemblées provinciales  avec un mandat signe par le «Président ai» du parti ont été rejetés par les cours et tribunaux pour défaut de qualité du signataire. Si nous nous entêtons, aucune action judiciaire de l’UDPS ne sera recevable pendant les 5 ans que pourrait durer un tel intérim.

L’UDPS ne pourra même pas présenter des candidats aux élections municipales et locales à venir. Tous les juristes ne sont pas d’un même niveau. Nous avons la chance d’avoir des avocats expérimentés et même des profs de droit respectables et respectés. Respectons quand même les points de vue des éminents juristes qui font la doctrine et qui sont parmi-nous. Prof Tshilumbayi, par exemple, s’est deja brillamment prononcé sur la question.

Dans des échanges à caractère scientifique ou technique, abstenons-nous  de vouloir montrer que nous aimons notre Président de la République et notre «Président ai du Parti» plus que les autres camarades qui seraient en train de les combattre à travers les discussions sur la question d’intérim.

Nous les aimons tous et on n’a pas besoin de plaire ou de montrer qu’on est plus catholique que le Pape François. Le droit, c’est le droit et non pas le militantisme, la politique ou la politologie. Aller dans le même sens que les cours et tribunaux qui ont debouté les avocats de l’UDPS qui ont présenté un mandat signé par le «Président ai de l’UDPS» ne doit pas être utilisé pour  montrer  que tel est contre tel. Il y en a même qui vont très loin pour penser que cela reviendrait à contester le Président FATSHI qui avait nommé le «Président ai», oubliant que c’est également lui qui a mis en place la CDP et nommé le Président de la CEP. Erreur, le président de la République qui est un légaliste et qui n’aime pas les cirènes ou les tipoys ne suivra pas sur ce terrain-la.

Dernière raison pour laquelle je n’entrerai pas dans le débat que je trouve sans objet et depassé est que, en plus de la jurisprudence, les actes de la CDP sur la mise en place d’un directoire pour assurer l’intérim ont déjà été notariés pour être opposables à tous et le Ministère de l’Intérieur qui est l’autorité compétente a déjà pris acte et noté que la mise en place du Directoire  est conforme aux Statuts et ne constitue nullement  un coup d’Etat contre qui que ce soit.

A partir de ce moment, que le quorum ait été atteint ou non et que toutes les catégories de membres aient été ou non representées lors de la réunion de la Convention Démocratique du Parti (CDP), tout débat devient purement académique ou théorique, la contestation du Directoire (triumvirat) comme le seul organe habilité à assurer l’intérim du Président de l’UDPS élu Président de la République ne pouvant plus se faire qu’à travers une saisine régulière des cours et tribunaux compétents et non sur facebook, twitter ou dans les groupes whatsap.

On verra par la suite comment amender les Statuts de l’UDPS de manière à réserver une place de choix au Président FATSHI qui a fait notre fierté en se faisant élire Président de la République. Comment ne pas lui réserver cette place dès lors que même la Constitution le fait pour tout ancien président élu qui devient Sénateur à vie. A mon humble avis, c’est sur l’amendement des Statuts de l’UDPS et la place à réserver à notre Président de la République que le débat juridique vaudra la peine, mais pas  sur l’art 26 de ces Statuts. Bonne comprehension.Prof Andre Mbata

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