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August 8, 2020
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CONTROVERSE AUTOUR DU CORONAVIRUS À KINSHASA

Alors que Dr Eteni Longondo confirme le premier cas de la pandémie en RDC, le Congolais présumé atteint dément et regrette d’être abandonné. Une fausse alerte ? Une arnaque ? Une distraction? Ce sont là des questions que des Kinois se sont posées hier mercredi 11 mars, après avoir suivi l’interview téléphonique du Congolais réputé atteint du Coronavirus. Interview diffusée en direct sur la chaîne de télévision Congo web, dans l’émission “Bosolo na politique officielle”. Au cours de cet entretien, Faustin Fitika rejette les allégations du ministre congolais de la Santé. Il affirme même que la fièvre qu’il a présentée serait plutôt consécutive au vaccin préventif reçu à l’aéroport en France.

Pris de court par la déclaration du ministre, Faustin Fitika remet en cause les propos du numéro un de la Santé en RDC. Alors que Dr Eteni Longondo annonce que le présumé malade est en quarantaine, l’intéressé rejette cette affirmation. Contrairement à la version officielle, il n’a pas été mis en quarantaine, du moins jusqu’à l’instant où il répondait à cet appel, soutient-il.

Faustin Fitika rapporte qu’il a été plutôt conduit à l’Hôpital de la coopération sino-congolaise, dans la commune de N’Djili, où il a été abandonné dans un local qui ressemble à un bureau. Répondant à une question du journaliste, le présumé porteur du coronavirus a affirmé être avec sa femme qui ne présente aucun symptôme de ce virus. Il nie être atteint de cette épidémie et avoue toutefois, que la forte fièvre qu’il a faites quelques jours après son arrivée à Kinshasa seraient causées par un vaccin préventif, reçu à l’aéroport de France, avant de prendre son avion pour la RD Congo. Dans son récit, Faustin Fitika rapporte qu’il a été surpris par la visite d’un groupe de gens qui se sont présentés comme venant du ministère de la Santé, plusieurs jours après son arrivée à Kinshasa, alors qu’il rendait visite aux membres de sa famille à Bandalungwa.

“Quand j’ai vu que je faisais de la forte fièvre, je suis allé à la Clinique Ngaliema. Sur place, on ne m’a pas prélevé du sang pour des examens appropriés de laboratoire, faute de temps. Les médecins m’ont quand même prescrit des médicaments. Le jour suivant, alors que j’ai été en famille à Bandal, j’ai été surpris par la visite des gens qui se sont présentés au nom du ministère de la Santé. Ils m’ont dit qu’ils étaient chargés d’examiner tous ceux qui viennent d’Europe. J’ai accepté. Ils m’ont prélevé la salive. Ils ne m’ont pas prélevé le sang par manque de matériel”, a-t-il rapporté. Cependant, Faustin Fitika affirme qu’à sa grande surprise, les soi-disant émisaires du ministère de la Santé sont rentrés le voir pour la deuxième fois, le jour suivant dans sa chambre d’hôtel, pour lui annoncer qu’il était porteur de coronavirus. “Ils m’ont trouvé avec les autres membres de ma famille qui sont venus me rendre visite. J’ai été scandalisé par la nouvelle, moi qui allais presque bien, ne toussais pas et ne présentais de fièvre qu’à titre d’allergie en réaction au vaccin qu’on m’a administré en France”, a-t-il indiqué. Ce ressortissant congolais supposé porter le Coronavirus a affirmé qu’il ne présente plus de fièvre après avoir pris des médicaments que lui a prescrits le médecin de la Clinique Ngaliema.

Au moment de cette interview, il a indiqué qu’il ne présentait aucun symptôme du coronavirus. “Je ne présente aucun malaise à ce stade. Je ne tousse pas. Je ne fais plus de fièvre. Je me demande où se trouve le coronavirus prétendu découvert sur moi. Je suis dans la même pièce avec ma femme. Elle, non plus, ne présente aucun symptôme suspect “, a-t-il déclaré. Faustin Fitika déplore, par ailleurs, le comportement des agents du ministère de la Santé qui, contrairement aux garanties données, ne l’ont pas mis en quarantaine dans de bonnes conditions. Il affirme qu’on l’a plutôt amené à l’Hôpital de coopération sino congolaise de N’djili, où il a été abandonné à son triste sort dans de mauvaises conditions. “C’est un lieu dérisoire, où j’ai passé la nuit dans des conditions déplorables. Ce n’est même pas une chambre. Tel que je vois, ce doit être un bureau sans installation hygiénique. Aucun médecin n’est venu me voir et je n’ai pris aucun produit jusque-là. J’ai même passé la nuit sans rien manger. Je n’ai pas vu le ministre de la Santé. Je commence à m’inquiéter car on m’a abandonné”, s’est-il plaint.

VIVE POLEMIQUE HIER A KINSHASA

La présence de ce présumé porteur de Coronavirus dans cet hôpital a semé la panique tant du côté du personnel soignant que des malades. Des sources sur place rapportent que des médecins comme leurs patients ont séché les bureaux et salles de traitement hier au sein de cet établissement hospitalier. Cette nouvelle qui a vite circulé le district de la Tshangu, dans la partie Est de Kinshasa, a semé la panique coté population. Plusieurs parents ont failli rappeler leurs enfants des écoles. Certains passagers sur les artères de ce district ont préféré marcher plutôt que de se retrouver confinés dans un moyen de transport en commun. Côté commerçants, c’est l’arbitraire, mieux de bonnes affaires. Dans certains arrêts de bus comme Pascal, Entrée Kimbuta, Sainte Thérèse… on a constaté hier une forte présence de vendeurs de cache-nez, de désinfectants et des savons en liquide.

C’est le mardi 10 mars courant que le ministre de la Santé a confirmé, devant la presse, la détection d’un cas de Coronavirus à Kinshasa. Il faut rappeler qu’à la suite des déclarations de Faustin Kitika, joint au téléphone hier par la télévision privée Congo Web TV, une vive polémique s’est emparé des rues de Kinshasa. Les commentaires sont allés bon train. En tout cas, tous, dans le sens de tirer à boulets rouges sur le ministre congolais de la Santé. Au stade actuel de l’évolution de la situation, est-il permis de déduire que le cas confirmé de coronavirus à Kinshasa est une fake news? Toutefois, quel que soit le camp dans lequel on se trouve, d’aucuns estiment que des informations en matière de santé publique, devraient bénéficier d’un traitement rigoureux, compte tenu de leur caractère sensible. Car, dans un contexte particulier d’une pandémie, une désinformation ne pourrait qu’aggraver la psychose au sein de la population.

Orly-Darel NGIAMBUKULU

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