congosynthese

Cobalt : Les chercheurs s’attellent à trouver des alternatives pour substituer le minerais dans les batteries

Le cobalt, métal pour l’instant indispensable aux smartphones, ordinateurs portables et autres voitures électriques, se trouve essentiellement en République Démocratique du Congo. Mais l’instabilité du pays ainsi que les continuelles hausses exponentielles du cours de ce minerais causent beaucoup de tourments aux fabricants d’appareils électroniques qui souhaiteraient trouver des solutions alternatives pour s’en passer dans les années à venir.

Selon certains ONG, l’exploitation du minerais de cobalt se ferait dans des conditions inacceptables avec notamment l’utilisation d’enfants dans les carrières d’extractions. Par ailleurs, la chaine d’approvisionnement ne serait pas encore totalement transparente. Ce qui est un problème pour les entreprises car il est difficile de s’assurer que les règlementations en terme de droits humains soient respectées.



Des ONG comme Amnesty International et Afrewatch dénoncent souvent l’exploitation d’enfants dans les mines de cobalt.

L’autre aspect incitant les firmes à rechercher de solutions alternatives au cobalt est du à son coût. En effet, le prix du minerais bleu n’a cessé d’augmenter doper par une forte demande en voiture électrique et poussant ainsi les entreprises à vouloir réduire la part de cobalt dans les batteries.

Envolée du prix de la tonne de cobalt en dollars depuis mars 2016. (Source : London Metal Exchange)

C’est au demeurant ce qu’elles font déjà, selon le physicien et professeur Christophe Ballif, responsable du Laboratoire Photovoltaïque et d’Electronique en Couches Minces à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse qui l’a expliqué lors d’une interview phonique à la radio suisse RTS.

« Au cours de ces derniers années on a tout de même vu des progrès effectués sur les batteries relativement standard basées sur du lithium et qui contiennent aussi du cobalt. Par exemple, la compagnie Tesla a réussi, au cours de ces 4 dernières années, à faire passer sa quantité de cobalt par voiture d’à peu près 11Kg à 4Kg et maintenant, en partenariat avec la compagnie japonaise Panasonic, ils ont annoncé qu’ils allaient encore être capables de diviser par 2 cette quantité de cobalt. »

Multitudes d’alternatives pour de moins en moins de cobalt…



Au cours de ces 4 dernières années, Tesla, le premier fabricant de véhicules électriques, a réussi à faire passer sa quantité de cobalt par voiture d’à peu près 11Kg à 4Kg.

Et de renchérir sur les alternatives en déclarant que « Les entreprise travail effectivement avec beaucoup d’énergie pour remplacer le cobalt par du nickel, de l’aluminium, du magnésium,… Donc il y a une multitude de chimies différentes qui permettent d’utiliser de moins en moins de cobalt. Mais ça [une batterie] marche toujours mieux quand il y a beaucoup de cobalt. »

Interrogé au sujet de l’augmentation de la demande alors que les entreprises recherchent davantage de substituts, le physicien suisse explique que tous les développements de batteries ont été essentiellement fait pour les applications portatives mais vue que maintenant on commence à parle de voiture électrique en grande quantité, les besoins en quantité de cobalt deviennent bien plus importante pour ce genre de batteries.

« On parle, par exemple, pour une voiture Tesla de stocker 50 kWh d’électricité ce qui fait plus ou moins une centaine de Kilo de batteries par véhicule ; bien plus que dans un ordinateur portable ou un téléphone. […] C’est le marché de la mobilité électrique qui est en train de se mettre en place et qui fait monter le prix du cobalt car contrairement aux smartphones et aux ordinateurs on en fait pas encore des milliards. Mais, par contre, il va suffire de faire quelques millions de voitures électriques pour que l’on dépasse très rapidement les quantités de cobalt pour la mobilité par rapport à l’application d’électronique standard », affirme-t-il.

… Mais pas dans l’immédiat

Pour les 10 à 15 prochaines années, les batteries en lithium avec du cobalt vont être l’essentiel des minerais utilisés dans les voitures électriques.

Toutefois, pour ce qui est dans l’immédiat de l’utilisation de batteries sans cobalt, le professeur Christophe Ballif reconnait que l’on ne doit cependant pas s’attendre à des bouleversements avant au moins 10-15 ans pour voir ses produits de substitutions prendre le relai.

« Ce qui va se passer c’est que sans doute pour les 10 à 15 prochaine années on aura une croissance très forte du marché qui va être tirée essentiellement par des batteries en lithium qui contiennent une quantités de cobalt mais cette quantités de cobalt va continuer de diminuer. Ensuite, si à un moment donnée il y a un goulot d’étranglement qui n’est pas gérable alors il y aura une chimie alternative qui auront été développée – et qui existe déjà – qui vont alors petit à petit monter en production de masse. Il y a tout un pan de solutions alternatives (basée avec du fer ou sur sulfure de sodium, zinc, etc.) mais qui sont un peu moins performant – et un peu plus cher maintenant – mais qui devront à ce moment-là être amené au niveau de marché. Néanmoins pour la décade à venir ces les batteries en lithium avec du cobalt qui va essentiellement être utilisés pour les applications de mobilité. »

C’est ainsi que, pour prendre un exemple, Tesla qui veut réduire sa quantité de cobalt dans les voitures discute en même temps avec Glencore, le géant suisse dans les matières premières, pour assurer son approvisionnement en cobalt pour les prochaines années. Et Glencore qui a produit 27.000 T de cobalt en 2017 compte en produire 63.000 en 2030.

Le cobalt suscite, par ailleurs, un vrai paradoxe car on en a besoin du métal pour la decarbonisation de la planète afin de remplacer les véhicules à essence par des véhicules électriques mais le métal pourrait devenir une source de conflits en RD Congo ; des conflits qui se cristallisent aussi autour des énergies fossiles d’autant que la batterie risque d’être l’énergie du 21emem siècle…


RTS

Autres titres

Pose de la première pierre pour la construction du siège de l’UDPS à Mbuji-Mayi

Deo

Pont entre Brazzaville et Kinshasa : signature d’un accord ce jeudi à Johannesburg

Deo

Les professeurs de l’Unikin toujours en grève

Deo

Laisser un commentaire

* By using this form you agree with the storage and handling of your data by this website.

En continuant votre navigation sur ce site, vous en acceptez les conditions générales d'utilisation, et notamment notre politique de gestion des cookies. J'accepte Lire Plus