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« CLANDESTINS » PARTOUT : Les Congolais victimes d’un Etat fragile

Cycliquement et massivement expulsés de l’Angola et du Congo/Brazzaville, les ressortissants de la République Démocratique du Congo ont toujours subi le même sort avant leur rapatriement en
catastrophe : pertes d’argent et de biens, menottes, cachots insalubres, injures, coups de crosses, de cordelettes, de poings et de pieds, viols, etc. Toute la panoplie de traitements inhumains et dégradants leur est appliquée, au motif qu’ils sont simplement «étrangers» et «sans-papiers».
A propos de ce statut, il n’y a rien à redire. Les frontières nationales sont si poreuses, les candidats à l’immigration si nombreux et les réseaux de passeurs si outillés que les « Ngulu » n’éprouvent pratiquement aucune difficulté à gagner les territoires des pays voisins ou d’autres pays, par camion, par bateau, par pirogue ou par avion. Avant la chute de Mobutu en mai 1977, les ex-Zaïrois étaient chassés de leur patrie par la misère et la dictature. Aujourd’hui, ils le sont à la fois par la misère, une démocratie à plusieurs vitesses et l’insécurité.
La dernière vague de nos compatriotes refoulés d’Angola – plus de 200.000 – est liée à l’insécurité qui s’est installée dans le grand Kasaï depuis juillet-août 2016 et dont le point culminant a été l’assassinat, en mars 2017, des experts des Nations Unies, Zaida Catalan et Michael Sharp, ainsi que leurs accompagnateurs locaux. En dépit de la tenue, en juillet 2017, d’une conférence de paix sur le Kasaï, et de la chasse aux miliciens Kamuina Nsapu par les forces régulières, les déplacés internes restent sur le qui-vive.
D’où, des milliers de familles kasaïennes ayant trouvé refuge en  Angola n’étaient nullement hantées par l’idée d’un retour dans «l’enfer national ». D’ailleurs, la tradition veut que lorsqu’un
Congolais se retrouve à l’étranger, pour des raisons économiques, politiques et sécuritaires, c’est sans espoir de retour au pays natal, à moins d’y être contraint, comme c’est le cas présentement. Pour le cas des expulsés de ce mois d’octobre 2018, on a beau condamner la décision de Luanda de les reconduire à la frontière sans information préalable de Kinshasa, dénoncer la brutalité des policiers angolais, convoquer l’ambassadeur angolais à Kinshasa ou envoyer une note de protestation au gouvernement angolais, tout cela est, comme dirait le commun de Kinois, « sans effet ». La RDC est si fragile aux plans politique, militaire, diplomatique, économique, financier et autres qu’elle n’a pas les moyens de risquer une quelconque mesure de réciprocité contre les Etats d’Afrique, d’Europe, d’Amérique ou d’Asie qui expulsent ses ressortissants toujours de la même manière: sans respect des normes internationales en la matière.
Au lieu de continuer à pleurnicher autour de ces traitements inhumains et dégradants infligés aux citoyens congolais, les gouvernants congolais devraient réfléchir aux voies et moyens de fixer leurs concitoyens à Kinshasa et en provinces. Pour cela, il n’y a pas 36 recettes. L’unique à mettre en œuvre est la bonne gouvernance. Avec ses terres arables capables de nourrir toute l’Afrique, ses ressources naturelles (cuivre, cobalt, or, diamant, coltan, pétrole, etc.), ses eaux douces, ses rivières, fleuves et lacs où les poissons meurent de vieillesse, la RDC n’a pas le droit d’être le pays d’origine des milliers de miséreux à la recherche du bonheur en Angola, au Congo/Brazzaville, au Gabon, en Zambie, en Namibie, au Maroc, en
Afrique du Sud, en Turquie, en Belgique, en France, etc. Il yen a même qui croient pouvoir trouver le paradis terrestre dans des pays infestés de terroristes islamistes comme le Mali, le Niger, la Somalie ou la Libye, etc.
Nombre d’observateurs pensent que le temps des protestations diplomatiques est dépassé et qu’il faut réellement traduire dans les actes les fameux programmes de reconstruction du pays fondés sur les «5 chantiers » hier, la « Révolution de la modernité » aujourd’hui et les « milliards » des candidats à l’élection présidentielle demain. Entre 1960 et 1970, les Congolaises et Congolais qui se rendaient en
Europe pour raisons d’études, missions de service ou tourisme, étaient pressés de regagner la mère patrie. Le phénomène « Ngulu » devrait interpeller ceux qui se montrent incapables de les rendre heureux
aujourd’hui.
Kimp


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