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Ce que vient de faire Félix TSHISEKEDI sont des actes constitutifs de Haute(Martin Fayulu)

MARTIN FAYULU
ADRESSE A LA NATION DU 30 DECEMBRE 2021
Congolaises et congolais, mes très chers compatriotes,
Nous voici à la fin de l’année 2021. Une année qui s’achève dans la douleur, la souffrance et la misère pour le peuple congolais mais aussi et surtout dans la crainte de voir notre nation disparaître.
Le 25 décembre dernier, jour de la Nativité, la ville de Béni a connu une explosion qui a tué plusieurs de nos compatriotes. L’horreur de cet acte est venue se greffer aux tueries et massacres enregistrés dans la partie Est de la République. Je présente mes condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers cette année à cause de l’insécurité généralisée. Les esprits pernicieux veulent tuer notre pays, la République Démocratique du Congo, que nous avons reçu en héritage de nos aïeux.
Alors que le monde continue de faire face à une menace sanitaire existentielle, en RDC, on constate une inaction irresponsable. Seulement 0.1% de la population congolaise est vaccinée contre la COVID-19 à ce jour, le taux le plus faible d’Afrique.
Mes très chers compatriotes, J’ai une fois de plus l’honneur de m’adresser à vous en tant que celui que vous avez majoritairement porté lors de la présidentielle de décembre 2018 pour défendre nos valeurs et reconstruire notre nation. Depuis, je n’ai eu de cesse de prendre chaque jour, et à chaque instant, la mesure de cette responsabilité.
En cette fin d’année 2021, pleine de souffrances et d’épreuves alimentées d’une part, par l’inacceptable guerre qu’on nous a imposée dans la partie Est de notre pays et, d’autre part, par la misère dans laquelle croupit notre population, je ressens davantage cette lourde responsabilité.
C’est pourquoi, je ne reculerai jamais et je ne m’écarterai nullement de cette volonté ferme qui m’habite d’élever, à chaque fois que cela est nécessaire, l’étendard de la résistance contre toute forme de violation des règles constitutionnelles, d’injustice, de trahison de la patrie, de corruption, de pillage des deniers publics, de mensonges, de violations de l’intégrité de notre territoire, d’antivaleurs et d’atteinte aux droits fondamentaux des Congolais. C’est l’essence même de notre combat.

Mes très chers compatriotes,
Du «Congo Hold-up», en passant par le hold-up électoral de 2018 au hold-up du programme de 100 jours, et à l’escroquerie du RAM (Registre des Appareils Mobiles), sans oublier les détournements en tous genres, notamment les fonds destinés à la lutte contre la Covid-19 et à la paie des fonctionnaires, on peut aisément réaliser combien et comment notre pays est saigné à blanc par une minorité d’opportunistes, sans foi ni loi, dont la seule vocation est l’enrichissement illicite. Cette clique prend plaisir à tromper l’opinion avec des slogans creux et des promesses aussi longues que les kilomètres parcourus par Magellan dans le néant. Mes très chers compatriotes,
Alors que le fonctionnement de la Cour des comptes est paralysé à dessein, l’Inspection Générale des Finances, IGF, symbole d’une lutte cosmétique contre la corruption, sert de paravent à un système de pillage institutionnel bien rodé. L’appareil judiciaire demeure aux ordres; les députés nommés et accrochés à leurs intérêts personnels marchandent de manière éhontée leur collaboration à coups de Jeeps et autres dessous-de-table. Au même moment, certaines confessions religieuses se mettent regrettablement au service de cette mafia. C’est scandaleux!
Le pillage des deniers publics, qui est au coeur de ce système, trouve même des théoriciens du mal qui le justifient et le défendent aveuglément. Si les voleurs et les corrompus ne sont pas effectivement condamnés, qui va payer pour la souffrance infligée au peuple congolais ?
En définitive, nous nous retrouvons dans une situation ubuesque et discriminatoire où ce sont les « petits » et les faibles qui croupissent dans les prisons pendant que les portes de celles-ci sont grandement ouvertes pour laisser échapper les criminels en col blanc. Non! Nous refusons que les détournements des deniers publics soient dépénalisés pour les « kuluna » en cravate.
Le dindon de cette farce, c’est le peuple congolais qui est trompé et abusé. Et, avec lui, c’est le pays qui est ruiné. La grande victime, ce sont nos enfants et petits-enfants dont l’avenir est sacrifié sur l’autel de l’inconscience, de la cupidité et de l’arbitraire. Notre nation est devenue une sorte de no man’s land où règne l’impunité et où les responsables publics ne sont redevables de rien.
Mes très chers compatriotes,
Permettez-moi de rappeler un extrait de mon allocution à l’occasion du 60ème anniversaire de notre indépendance : « autant le feuilleton du programme des 100 jours n’a pas encore livré tous ses secrets au regard des révélations et accusations graves faites lors du procès « Kamerhe » et pour lesquelles Monsieur Félix Tshisekedi devrait au minimum répondre politiquement, autant j’exige que toute la lumière soit faite sur l’affaire des 15 millions de dollars des pétroliers, sur toutes les activités du programme de 100 jours ainsi que sur les détournements de fonds opérés durant les 18 dernières années ».

Il en est de même de l’exigence que j’avais formulée à l’époque de soumettre les comptes de la CENI à un audit indépendant afin d’établir les responsabilités sur la gestion de près d’un milliard de dollars dépensés par le bureau Naanga.
Le 30 décembre 2019, j’avais exigé que toute la lumière soit faite sur les affaires ténébreuses de corruption qui étranglent le pays, notamment le projet Bukanga Lonzo et la gestion de 6 milliards de dollars du fameux contrat chinois.
Aujourd’hui, je somme les institutions chargées de lutter contre la corruption d’examiner tous ces cas et j’exige l’arrêt immédiat des prélèvements RAM avec remboursement des fonds perçus.
Mes très chers compatriotes,
Sous vos yeux, ce régime illégitime et irresponsable s’emploie à effacer la mémoire collective.
En effet, le 2 août de chaque année, les patriotes commémorent <, le génocide du peuple congolais ».
Le 5 juin de chaque année, dans l’indifférence totale du pouvoir en place nous nous rappelons de la « Guerre de six jours » du S au 10 juin 2000 à Kisangani, entre l’Ouganda et le Rwanda, et nous pleurons les milliers de congolais tombés sous les balles des fusils et des canons des militaires de ces deux pays.
Le négationnisme et l’indifférence de ceux qui prétendent diriger le pays par rapport à ces événements est un message que le peuple ne pouvait que vaguement soupçonner.
Aujourd’hui, les masques sont tombés. Les faux-semblants ne tiennent plus. En effet, le 27 mai dernier, en violation flagrante de la Constitution, Monsieur Félix Tshisekedi a secrètement signé deux accords de coopération militaire avec l’Ouganda. Un mois plus tard, le 26 juin, il a récidivé en signant trois accords de coopération avec le Rwanda. Deux pays impliqués dans des tueries massives dans notre pays et dans le pillage systématique de nos ressources naturelles.
Le 30 novembre dernier, l’armée ougandaise s’est déployée sur notre territoire. Non seulement qu’il s’agit là d’une atteinte grave à la souveraineté de notre pays, mais c’est aussi et surtout un affront au peuple congolais en général et aux habitants de Kisangani en particulier qui ont encore en mémoire les atrocités de la guerre de 6 jours. Comble de l’absurde, nous apprenons dans la foulée que le Rwanda serait en train de surveiller de près tous les mouvements militaires ougandais sur le sol congolais. D’ailleurs, pour officialiser sa présence dans notre pays, le régime de Kigali, en connivence avec le régime illégitime de Kinshasa, envisage un déploiement de sa police à Goma. Nous disons que ceci est inacceptable.

Un Etat sérieux ne sous-traite pas sa sécurité. Encore moins à des pays dont les crimes à l’encontre des congolais sont documentés et reconnus internationalement.
Il faut mettre fin à cette hypocrisie et s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans la région des Grands Lacs. Il faut promouvoir les objectifs de réconciliation nationale, de tolérance et de démocratisation dans chaque pays de la région. Il est temps que la RDC ne soit plus le terrain de combat des forces étrangères. Chaque pays doit prendre ses responsabilités.
Soyons clairs, il n’y a pas de doute possible sur notre volonté à avoir des bonnes relations avec nos voisins, mais cela doit se faire dans le respect mutuel.
Ce que vient de faire M. Félix TSHISEKEDI est non seulement un aveu d’échec de son état de siège, mais constitue également des actes d’hypothèque de notre souveraineté et de notre indépendance. Ce sont des actes constitutifs de Haute Trahison. Maintenant, au regard de l’échec de l’état de siège, l’administration civile doit être rétablie le plus rapidement possible dans les provinces de l’Ituri et du Nord Kivu. Nos vaillants militaires doivent être équipés pour combattre les ennemis et défendre la nation. Aussi, les infiltrés et autres corrompus, qui détournent les ressources affectées à nos soldats, doivent être extirpés de l’armée nationale et des services de sécurité.
Mes très chers compatriotes,
Pour le retour de la paix à l’Est de notre pays, ce que j’avais proposé dans mon programme, lors de la campagne électorale de 2018, reste d’actualité. Il s’agissait notamment des mesures urgentes ci-après:
• Le déménagement du camp Kokolo de Kinshasa à Béni. Ce camp Kokolo de Beni devrait non seulement être le plus grand camp militaire de la République, mais aussi et surtout, accueillir une « Force Spéciale d’Intervention Militaire d’Elite. » • La mise sur pied et le déploiement, en extrême urgence, des « Unités de Surveillance des Frontières et d’Alerte » tout le long des frontières de l’Est du Pays, • L’exigence au niveau du Conseil de sécurité, conformément au Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, de mettre en place non seulement un «Plan d’imposition de la paix par la force et d’éradication complète de toutes les rebellions qui déstabilisent l’Est du pays», mais aussi un « Programme ferme et précis de rapatriement forcé de tous les rebelles étrangers vers leur pays d’origine ». • La création d’une « Cour Pénale Spéciale pour la RDC » pour enquêter et juger principalement les crimes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés en RDC.

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