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Candidat Commun : Deux Courants Se Dégagent Dans L’opposition

– Un groupe de 7 se réunit à Genève
– Un autre, avec J-P. Mabaya et Théodore Ngoy en tête, se concerte à Kinshasa

La recherche d’un candidat commun pour la présidentielle du 23 décembre 2018 crée déjà des fissures dans les rangs de l’opposition. Désormais, deux courants se sont formés, chacun affichant la prétention de présenter son candidat en décembre prochain. D’un côté, il y a le groupe de sept opposants où se retrouvent Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi, Jean Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Freddy Matungulu ; de l’autre, le groupe conduit par Jean-Philibert Mabaya et Théodore Ngoy, tous deux candidats à la présidentielle. Seul un compromis entre les deux camps pourrait empêcher le bicéphalisme de l’opposition en décembre prochain.

Par Le Potentiel

L’opposition n’est pas encore au bout de ses peines. Ils se disent marginalisés.

Pourtant, ils continuent à revendiquer leur statut d’opposant. Ils ont tous un point commun, notamment leur candidature à la présidentielle du 23 décembre 2018. Il s’agit spécialement de Jean-Philibert Mabaya, Théodore Ngoy, Seth Kikuni, Alain Shekomba, Noël Tshiani, Marie-Josée Ifoku et Samy Badibanga.

En face, il y a le groupe de sept leaders de l’opposition, composé essentiellement de Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba et Freddy Matungulu. Entre ces deux blocs de l’opposition, le pont semble avoir été rompu. Si bien que pour l’instant, chaque bloc semble aborder la candidature commune à sa manière.

Le groupe formé autour de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, deux favoris à la candidature commune, a pris rendez-vous cette semaine à Genève, en Suisse, pour clore définitivement ce dossier.

Parallèlement, à Kinshasa, sous l’initiative de Jean-Pierre Mabaya et Théodore Ngoy, deux candidats à la présidentielle de décembre prochain, le deuxième camp s’est retrouvé mardi dernier à Kinshasa dans la perspective de se choisir également un candidat commun.

Deux candidats communs de l’opposition ! Le scenario devient de plus en plus probable. Pour le moment, les deux camps se côtoient sans pour autant montrer des signes d’harmoniser leurs vues. S’il est prématuré d’évoquer déjà une rupture, on voit mal comment les deux peuvent parvenir à harmoniser leurs vues, avant le lancement, le 21 novembre prochain, de la campagne électorale pour les élections du 23 décembre 2018.

En décembre prochain, il est fort possible que l’opposition aligne deux candidats communs – l’un représentant le camp de Félix Tshisekedi et consorts, et l’autre, délégué par le camp formé autour de Jean-Philibert Mabaya et Théodore Ngoy.

Comment en est-on arrivé là ? C’est la question que tout le monde se pose. En réalité, depuis la publication de la liste définitive des candidats président de la République, la problématique d’une candidature commune a d’une certaine manière provoqué une scission prématurée de l’opposition. D’un côté, il y a le camp de ceux qui se considèrent comme gros calibres. Et de l’autre, il y avait un groupe de marginaux dont le statut d’opposants restait encore à définir, selon les arguments présentés part les ténors du second camp. Si bien que les principaux leaders de l’opposition, dont Félix Tshisekedi, Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, Adolphe Muzito, Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba et Freddy Matungulu, se sont formellement retrouvés dans un bloc compact. C’est le départ d’une désintégration qui pourrait bien s’étendre jusqu’en décembre prochain.

Les premiers signes sont là. Ils sont du reste perceptibles. Chaque camp s’organise pour aligner son candidat commun.

Genève et Kinshasa sont au cœur de grandes tractations. Dans la ville suisse, le groupe de sept leaders de l’opposition a promis de boucler au courant de cette semaine les discussions autour du candidat commun. Parallèlement, le groupe de ceux qui se disent « marginalisés » se sont retrouvés mardi dernier à Kinshasa pour la même cause.

D’après des sources qui se sont confiées à 7SUR7.CD, un site d’infos en ligne, ces candidats seraient en négociation pour se constituer en bloc en vue de se choisir à leur tour un candidat commun à aligner en décembre prochain. À leur tête, il y a Jean-Philibert Mabaya et Théodore Ngoy.

À l’issue de leurs échanges, aucune révélation n’a filtré de ces discussions.

Présent à cette réunion, Noel Tshiani, candidat à la présidentielle, a tenté d’ouvrir une brèche, prenant soin d’éviter la vraie question, c’est-à-dire un probable candidat commun porté par leur bloc.

« Pour aujourd’hui, nous avons tous convenu de ne pas faire de déclaration. Demain mercredi, nous nous adresserons à l’opinion via la presse », a lâché Tshiani.

Mabaya l’avait prédit

Candidat n°1 sur la liste définitive publiée par la Céni pour la présidentielle du 23 décembre 2018, Jean-Philibert Mabaya se réclame toujours de l’opposition. Alors que les discussions autour d’un candidat commun de l’opposition rentrent dans leur dernière ligne droite, le candidat de l’Arc-en-ciel du Congo (AAC) à la présidentielle ne cesse de marteler sur l’urgence de principaux leaders de l’opposition à se ressaisir pour ne pas prêter le flanc au candidat du FCC, à savoir Emmanuel Ramazani Shadary.

Autant qu’on appelle à une unité de l’opposition autour d’un candidat commun face à celui présenté par le FCC (Front commun pour le Congo), Jean-Philibert Mabaya invite tout autant l’opposition à bannir l’exclusion dans ses rangs. « La stratégie de l’exclusion ne joue pas en faveur de l’opposition. Il n’est pas normal que certains de l’opposition se considèrent plus opposants que les autres. Personne n’a le monopole de l’opposition dans ce pays. Je suis opposant et je me considère comme tel », a-t-il dit dernièrement lors d’un entretien avec notre rédaction.

Mabaya, comme d’autres candidats à la présidentielle, se sentent bannis. À chaud, le candidat de l’ACC a promis d’en tirer les conséquences, après concertations avec d’autres collègues qui se retrouvent dans la même situation.

« Avec Théodore Ngoy, annonçait-il, nous travaillons déjà sur des concertations en vue de nous présenter à notre tour sur un candidat commun ». Apparemment, les choses sont allées plus vite qu’on ne croyait. Mardi, les bannis de discussions de Genève se sont déjà retrouvés à Kinshasa pour baliser la voie à leur candidat commun.

On est donc parti pour deux candidats communs de l’opposition pour la présidentielle de décembre prochain.

Cette dispersion des opposants fait malheureusement la part belle au FCC qui doit certainement se frotter les mains.

Peut-on dès lors envisager un rapprochement entre les deux blocs qui se sont formés dans l’opposition. C’est peu probable. Car, en même temps, le temps presse. À quelques jours du lancement officiel de la campagne électorale, chacun cherche à se positionner pour mieux tirer son épingle du jeu en décembre prochain. Et l’opposition, écartelée, n’est pas au bout de ses peines. En décembre prochain, l’opposition alignera parallèlement deux candidats communs, chacun représentant un bloc distinct. À moins d’un sursaut d’orgueil de dernière minute pour inverser cette tendance.


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