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Bruno Tshibala-Sylvestre Ilunga : vers la passation civilisée du fanion à la Primature !


Il a combattu le bon combat. Il a achevé sa mission. Et, très bientôt, il va transmettre le fanion du pouvoir et remettre les clés de l’Hôtel du Gouvernement  à son successeur. Bruno Tshibala Nzenzhe, celui-là même qui, toute sa vie durant, plus de trente-six ans de combat, plusieurs embastillements et privations des libertés, aura consacré l’essentiel de ses efforts à la lutte pour l’avènement de la  démocratie et de  l’Etat de Droit aux côtés de Feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba d’heureuse mémoire, serait disposé à se prêter à cet exercice, dès que Sylvestre Ilunga Ilunkamba  aura été investi  à l’Assemblée Nationale, conformément à la Constitution. 

Des sources mieux éclairées renseignent qu’à ce sujet,  tous les dossiers sont déjà compulsés pour assurer un transvasage  des affaires dans la plus grande transparence. D’ailleurs, à la Primature où règne, du moins jusqu’ici, un calme olympique, tous les membres  de son cabinet politique ainsi que le personnel d’appoint  sont, eux aussi, prêts à se soumettre à ce même exercice-là, une fois que l’onction du Parlement tombera sur la tête  du  nouveau Premier Ministre nommé depuis le 20 mai 2019.  Il en sera de même du côté de son  Ministre Délégué qui, lui, cédera, en plus,  le flambeau de commandement  partout où il a eu à assurer  l’intérim des Ministres et de tant d’autres membres du gouvernement devenus  démissionnaires à la suite des incompatibilités nées de leur mandat obtenu à l’issue  de la Présidentielle et des législatives nationales et provinciales du  30 décembre 2018.

Atterrissage en douceur

Arrivé à l’Hôtel du Gouvernement, il y a plus de deux ans,  il aura été l’homme à  tout faire, il aura été  l’homme de tous les sacrifices et de tous les fronts pour la concrétisation des élections en RD. Congo.  Là où certains ne lui accordaient, peut-être, pas beaucoup de chance, il a réussi, au  bout de cette âpre  chevauchée,  son examen de passage.

Aujourd’hui, l’alternance démocratique et pacifique  dont Félix Antoine Tshisekedi ainsi que tous ceux qui, comme  lui, constituent la coalition FCC-CACH, pourraient se prévaloir,  portera à jamais les stigmates du gouvernement de  Bruno Tshibala Nzenzhe.

Financées sur fonds propres, les élections du 30 décembre 2018, grâce auxquelles ce changement spectaculaire est intervenu, ont permis de réaliser l’un des objectifs majeurs de l’Accord de la Sylvestre, tel que conclu sous les auspices des Evêques.

Sans compter qu’auparavant, il fallait, certes, transiter par la prise en charge du poids dû aux  opérations pré-électorales notamment, à  la refonte totale du fichier, à  l’acquisition ainsi qu’à  l’acheminement des kits électoraux jusqu’aux confins de tous les territoires de la RD. Congo et à  la tenue effective des élections proprement dites et à la publication des résultats  dans un environnement aux multiples défis sécuritaires.

L’on retiendra également que sous son mandat,  l’apocalypse qui se profilait à l’horizon, avec tous les appels au boycott ainsi qu’aux manifestations de rue,  peu avant l’organisation de  ces  des élections du 30 décembre 2018,  a été évitée de justesse.

Même s’il n’a pas eu droit à tous les moyens pour assouvir tant soit peu l’ensemble des  attentes des congolais en termes d’amélioration immédiate  des conditions de vie sociale, le   gouvernement sortant, soutient-on dans les milieux de la Primature,  dit, néanmoins, avoir maîtrisé le cadre macro-économique et stabilisé la monnaie nationale, en dépit évidemment  de toutes les scissiparités liées, naturellement, aux chocs exogènes et endogènes engendrés par la baisse des coûts des matières premières et le dérèglement impromptu  du système  financier  sur le marché international.

Tout récemment encore, alors que ses jours sont normalement  comptés,  Tshibala, joignant l’utile à l’agréable,  affirmait, avec satisfaction,  avoir réussi à convaincre de nombreux pays membres de la Francophonie, 88 au total, à  sanctionner positivement la candidature de la RD. Congo pour l’organisation, en 2021,  de la neuvième édition de ses  jeux.

Ce jour-là, lors de l’annonce officielle de cette nouvelle, il parlait d’un cadeau, d’un souvenir indélébile qu’il comptait léguer aux congolais, au regard des multiples enjeux politiques, socio-culturels,  économiques, financiers et touristiques  qu’ils impliquent, pour la RD. Congo, en tant que pays organisateur.

Dernière ligne droite

A la coalition FCC-CACH, les choses sérieuses ont commencé. Le 29 juillet dernier, tard la nuit, un Accord gouvernemental a été scellé. Logiquement, Sylvestre Ilunga Ilunkamba  était tenu de mener des   consultations en vue de la composition de ce nouveau gouvernement qui, comme cela  est déjà connu de tous, sera constitué  de 65 membres dont 42 pour le FCC et 23 pour CACH. Dans cette perspective, il est question maintenant, pour le Premier Ministre Entrant, d’obtenir des listes de noms, de passer au scalpel leurs profils en raison des fonctions à occuper, de procéder aux équilibres géo-politiques pour une plus large représentativité  nationale, d’intégrer, éventuellement,  les facteurs ‘’Genre, jeunesse ou personnes vivant avec handicap’’, avant de s’en remettre aux négociateurs et puis, en dernier ressort, à Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, les deux principaux ténors de la coalition FCC-CACH.

Cette nouvelle étape constitue, en un mot comme en mille, un pas décisif dans la mise en œuvre des desseins de cette nouvelle  coalition.

Déjà, le 24 janvier 2019, Félix Tshisekedi monta au sommet de l’Etat, sans que ceci n’ait à provoquer des troubles, ni des échauffourées que subodoraient, du reste,  la plupart des congolais aux esprits pessimistes.

Ainsi, le 29 juillet dernier, soit  plus de six mois après, l’Accord conclu aura-t-il  été  un autre pas supplémentaire vers la bonne direction. Donc, après  la composition, la publication et l’investiture du nouveau gouvernement dont les manœuvres sont déjà en cours, il ne restera plus  à la coalition FCC-CACH  que de gagner le pari de la gouvernance du pays et de la satisfaction des intérêts des congolais. D’où, l’élaboration  d’un programme réaliste et réalisation à court, moyen et long terme s’impose comme une priorité des priorités.

LPM

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