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BRUNO TSHIBALA LANCE SA PLATEFORME : “ALLIANCE DES PROGRESSISTES POUR LE CONGO”

Répondant à Fatshi, sans le citer, à propos de la guerre des UDPS, Brutshi fait remarquer qu’il était présent à la création du parti, alors que Tshisekedi-fils était encore au secondaire.

Fini les supputations. Bruno Tshibala Nzenzhe et ses partisans ne feront pas partie de la méga plateforme en gestation qui réunirait les forces politiques issues de l’opposition avec la Majorité présidentielle. L’autorité morale de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a créé sa propre machine électorale : “Alliance des progressistes pour le Congo » (APC). Le Premier ministre l’a annoncé à la Fikin, lors de son meeting samedi 26 mai à Kinshasa. 

L’orientation par rapport aux élections de décembre 2018 était l’un des sujets sur lesquels les partisans de Bruno Tshibala l’attendaient. Car, depuis la dernière réunion de Kingakati, on parle de plus en plus dans les salons huppés de Kinshasa d’une dynamique qui aboutirait à une gigantesque plateforme électorale, qui verrait se mettre ensemble les forces politiques issues de l’opposition et celles de la famille politique du président Joseph Kabila. Maintenant on sait. Ce regroupement politique en gestation, s’il venait à naître, ce sera sans Bruno Tshibala et l’UDPS qu’il dirige. 
Le Premier ministre engagera la bataille électorale avec sa propre plateforme, “Alliance des progressistes pour le Congo” dont il n’a pas révélé les autres formations politiques qui la composent.

“LORSQU’ON CREAIT CE PARTI, TU ALLAIS A L’ECOLE AVEC TON CARTABLE ET STYLO…”
Outre cette annonce, le compagnon de lutte de feu Etienne Tshisekedi dont c’est le premier meeting depuis le congrès du 10 décembre 2017 avait à cœur de dire à ses militants, venus en masse l’écouter, sa “vérité” sur l’UDPS. Et par ricochet répondre à Félix Tshisekedi. Depuis Washington, Fatshi a déclaré que le pouvoir vient de créer deux autres UDPS, sous-entendu celles de Tshibala et de Mubake, qu’il ne reconnait évidemment pas. Réponse du berger à la bergère : “Lorsqu’on créait ce parti, tu étais encore en secondaire. Tu allais à l’école avec ton cartable et stylo. Aujourd’hui, tu te dis président de l’UDPS. Quelle UDPS ?”, lance Bruno Tshibala dont les propos sont accueillis par un tonnerre d’applaudissements nourris de la part de ses partisans qui n’ignorent pas le destinataire de cette pique. 
Et d’adresser un conseil à Félix Tshisekedi sans le citer : “Tosa bakolo. Kolia mbangu mbangu, oko zika munoko” (Respectes les aînés. « En mangeant trop vite, tu finiras par te brûler la bouche, Nldr”). Qu’on l’aime ou pas, la chance de Tshibala c’est d’être le témoin vivant et l’un des acteurs majeurs de la lutte non seulement historique mais aussi héroïque de l’UDPS aux côtés d’Etienne Tshisekedi. Durant 37 ans, il était au front, lancé dans un combat contre un Mobutu qui avait juré qu’il n’existerait jamais, de son vivant, un parti autre que le sien, le Mouvement populaire de la révolution (MPR). C’est donc à juste titre que Bruno Tshibala se prévaut de l’héritage politique d’Etienne Tshisekedi. A preuve, c’est Bruno Tshibala que Tshisekedi a désigné pour assumer la responsabilité de porte-parole du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, (RASSOP), la méga plateforme de l’opposition politique, créée en juin 2016 à Genval, dans la banlieue de Bruxelles. 
Tous ceux qui lui dénient la qualité d’engager aujourd’hui l’UDPS étaient vivants. Mais, c’est bien Bruno Tshibala qui avait les faveurs d’Etienne Tshisekedi. C’est tout dire.

REUNIFIER LE PARTI 
En dépit de ce qu’il pense de Félix Tshisekedi, Bruno Tshibala a le souci de réunifier toutes les ailes du parti. Il tient à cette grande famille qu’est l’UDPS. Pour Tshibala, le ministère de l’Intérieur vient de confirmer, par la publication des listes actualisées des partis et regroupements politiques opérant en RDC, qu’il n’y a qu’une seule UDPS authentique. Celle qui n’a aucune épithète dans sa dénomination. 
“Il n’y aura plus d’UDPS avec épithète. Tout le monde va rentrer à la maison. Ceux qui ne vont pas venir, je vais aller moi-même les chercher”, a promis celui qui revendique non seulement l’héritage politique du Sphinx de Limete mais aussi la légalité et la légitimité après son élection au terme du congrès du 10 décembre 2017.

AU COEUR DU RAPATRIEMENT DE « TSHITSHI » 
Comme s’il lisait dans les esprits de ses partisans qui se demandaient comment l’accord pour le rapatriement de la dépouille et l’organisation des obsèques d’Etienne Tshisekedi a été signé entre le ministère de l’Intérieur, d’un côté, et de l’autre, la famille biologique et l’aile UDPS que dirige le tandem Fatshi-Kabund, le Premier ministre a confié qu’il est bien à la base de ce compromis. 
Tshibala a révélé à la foule que c’est lui qui avait affrété l’avion qui était allé chercher Mgr Gérard Mulumba, frère du défunt, dans son diocèse, pour relancer les discussions. Le rapatriement du corps d’Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017, était l’une des promesses de Brutshi lorsqu’il a pris la tête du gouvernement d’union nationale.

“REFUSER LA MACHINE A VOTER, C’EST AVOIR PEUR DES ELECTIONS”
L’autorité morale de l’UDPS a donné son avis sur la polémique autour de la machine à voter que la CENI compte utiliser pour les prochaines élections. Soucieux de permettre au pays d’organiser de meilleures élections de son “histoire récente” après tout ce qui a été décrié en 2006 et 2011, le chef du gouvernement soutient la technologie que propose la Centrale électorale. 
Selon le Premier ministre, il n’y a pas deux explications possibles : ceux qui rejettent la machine à voter ont plutôt peur d’affronter les élections. A la foule de ses partisans massés ce samedi à la FIKIN, Bruno Tshibala, a expliqué que cette innovation introduite par la Commission électorale nationale indépendante vise à faciliter les opérations électorales, et aussi à réduire leur coût dans un pays sous-continent comme la RD Congo.
“Qu’on ne vous trompe pas. La machine à voter n’est qu’une imprimante dont le logiciel est conçu par un Congolais. Au lieu de s’organiser pour des élections, on passe tout son temps entre deux avions”, a lâché Bruno Tshibala fustigeant au passage, l’attitude de ces opposants qui se tournent constamment vers l’extérieur à la recherche de l’onction. Ce qui, rappelle Tshibala, ne cadre pas avec l’esprit nationaliste qu’incarnait Etienne Tshisekedi. Depuis les Etats-Unis où il séjourne, le fils Tshisekedi appréciera. 
Didier KEBONGO


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