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Belgique: la Commission Congo prête pour débattre de l’indemnisation des victimes de la colonisation

Le comité des experts mis en place pour préparer le rapport devant servir de document de base aux débats du parlement belge pour d’éventuels dédommagements des victimes de la colonisation belge au Congo a remis son texte mercredi.

Ce document de 689, publié sur le site de la Chambre belge, est subdivisé en trois parties, correspondant aux trois thématiques et groupes d’experts, dont quatre scientifiques congolais, à savoir l’historique de la colonisation, le travail de mémoire et réparations ainsi que l’influence de la colonisation sur le racisme dans la société belge.

La première partie a été rédigée par les historiens Mathieu Zana Etambala de l’Université de Leuven, Elikya Mbokolo de l’Université de Kinshasa et trois professeurs belges, tandis que la deuxième par trois experts belges et la dernière par l’avocate Laure Uwesi et l’historienne de l’art Anne Wetsi Mpoma, toutes deux d’origine congolaise.

Le but du rapport, peut-on lire sur le site, est de clarifier certains enjeux et d’exposer les diverses options qui se présentent aux membres de la Commission spéciale « Vérité et réconciliation », créée en juin 2020 par le parlement fédéral belge pour examiner le rôle joué par la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi durant la colonisation et ses conséquences.

« Le but du présent rapport n’est pas de prendre des décisions mais d’éclairer les décisions qui reviennent aux membres de la commission spéciale« .

Néanmoins, il faut signaler le courage pris par les experts, qui ont formulé une série de recommandations ayant, dans l’ensemble, accablé la présence belge au Congo et réduit l’essentiel de la colonisation à une entreprise d’exploitation des richesses, minérales et agricoles mais aussi culturelles, grâce à la mise au travail forcé et, donc, loin de la propagande axée sur l’ »oeuvre civilisatrice ». 

L’historienne de l’art Anne Wetsi Mpoma, membre de l’Asbl Bamko, plaide quant à elle, dans la partie qu’elle signe, pour la reconnaissance de la colonisation comme « un crime ». « Et s’il y a crime, il y a réparation à opérer », souligne-t-elle.

À son avis, ces réparations devraient prendre la forme de « soutien aux associations, mais aussi de remboursements des soins de santé traitant des conséquences des violences coloniales en Belgique« .

Une estimation réellement minimaliste, selon un observateur interrogé, qui estime pour sa part que s’il faut parler de réparations, elles doivent strictement être destinées aux collectivités locales, dont les aïeux ont subi des violences et des dommages de différentes sortes.

C’est aussi le point de vue exprimée dans les conclusions que propose l’autre rédactrice de la diaspora congolaise, Laure Uwase. « Il faudrait envisager le paiement d’une dette coloniale pécuniaire face à la responsabilité morale de la Belgique et décider des modalités en concertation avec tous les acteurs », écrit l’avocate, également membre de l’Asbl Jambo, dans la partie qu’elle a rédigée.

Le rapport sera remis aux députés dans les semaines à venir, pour débats et auditions complémentaires, avant une décision finale sur un sujet qui est loin de faire l’unanimité.

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