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Barnabé Kikaya:Programme des 100 jours du Président de la République : Reconnaître à Kabila ce qui lui revient !

Ces derniers temps, deux réalisations sont attribuées au Programme des 100 jours sans l’être pourtant : l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi et le tronçon Batshamba-Tshikapa sur la Nationale 1 devant relier, au stade final, la ville de Muanda au Kongo Central à celle de Sakania au Haut-Katanga. Des photos sont en circulation.

La précision à porter est que ces deux réalisations ne sont nullement l’œuvre du président Félix Tshisekedi. Elles sont plutôt celle de son prédécesseur Joseph Kabila.

Il faut admettre que Fatshi a été conséquent avec lui-même. Le 2 mars 2019, dans son discours de lancement de son programme, il avait parlé de « parachèvement de l’hôpital Sendwe de Lubumbashi », de même que de « l’inauguration de l’hôpital général de Manono », du « parachèvement des 31 centres de santé et à l’équipement de 32 autres » et de « l’inauguration des 25 centres de santé ».

On ne peut nullement parler de parachèvement et d’inauguration qu’en reconnaissant l’existence des travaux fort avancés. Au reste, là où il avait été question de réhabilitation ou de construction, le chef de l’Etat était clair. C’était « la réhabilitation de certains hôpitaux de référence retenus dans le programme comme Maman Yemo à Kinshasa et les Cliniques universitaires de Kinshasa »,  « la construction d’un hôpital des soins contre le virus d’Ebola en Ituri », « la réhabilitation et (…) l’équipement de l’hôpital de référence militaire de camp Tshatshi » et « la reconstruction du pavillon 5 de la clinique Ngaliema détruit récemment par un incendie ».

Dans le domaine des infrastructures, le président Félix Tshisekedi ne s’était rien attribué pour son programme, à part le projet pilote prévu « au croisement des avenues Nyangwe et Sergent Moke ainsi que sur le tronçon Echangeur de Limete-Aéroport de N’djili, à l’entrée du quartier 1 /N’djili et croisement route Mokali ».

Les sauts-de-mouton, il les avait évoqués sans en situer les emplacements. Il les avait qualifiés d’« échangeurs de dimensions réduites qui permettront d’assurer la fluidité du trafic, un gain de temps et la réduction des risques d’accident ». C’est tout.

Des routes nationales, il s’était limité à souligner la capacité des Congolais de construire dans les cinq prochaines années (d’ici à 2023) 5.000 km. Aucune allusion à une seule RN (Route Nationale).

La construction de la RN 1 Muanda-Sakania a été entreprise sous Joseph Kabila avec la réhabilitation de certains tronçons et l’aménagement d’autres. Au 24 janvier 2019, on pouvait aller d’un trait, par automobile, de Boma (Kongo Central) à Batshamba (Kasaï) en passant par Kinshasa et Kikwit. Avec l’achèvement du tronçon Batshamba, on peut partir maintenant par toute de Boma à Tshikapa. Le projet routier Boma-Muanda en cours de réalisation a été hérité par Félix Tshisekedi de son prédécesseur Joseph Kabila.

Il y a lieu de reconnaître à ce dernier les mérites qui lui reviennent.

Evidemment, c’est le Congo qui en sort gagnant puisque l’alternance signifie d’abord garantie de la continuité de l’Etat.

S’il est aisé de s’attribuer l’actif du prédécesseur, il est honnête d’en assumer aussi le passif, en trouvant la solution idoine.

Par Prof. Barnabé KIKAYA Bin Karubi

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